vineri, 9 ianuarie 2015

Pentru o perspectivă diferită asupra lumii contemporane. Surse

Pentru o perspectivă diferită asupra lumii contemporane, Vă rog să consultați și aceste surse care nu intră în rețelele presei controlate de sistem, în speranța că vă pot interesa. Opiniile mele nu sunt coincidente cu cele expuse de aceste surse, pe care le recomand doar pentru a sparge monopolul presei oficiale. Cu prietenie, Dan Culcer

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UN 11-SEPTEMBRE FRANÇAIS ? Qui a commandité l’attentat contre Charlie Hebdo ? par Thierry Meyssan

Vă rog să citiți acest text selectat de mine, în speranța că vă poate interesa. Cu prietenie, Dan Culcer

UN 11-SEPTEMBRE FRANÇAIS ?

Qui a commandité l’attentat contre Charlie Hebdo ?
par Thierry Meyssan

Alors que de nombreux Français réagissent à l’attentat commis contre Charlie Hebdo en dénonçant l’islamisme et en manifestant dans les rues, Thierry Meyssan souligne que l’interprétation jihadiste est impossible. Alors qu’il aurait tout intérêt à dénoncer lui aussi une opération d’Al-Qaïda ou de Daesh, il envisage une autre hypothèse, beaucoup plus dangereuse.
RÉSEAU VOLTAIRE INTERNATIONAL | DAMAS (SYRIE) | 7 JANVIER 2015

Dans ce reportage, France 24 a coupé la vidéo pour que l’on ne voit pas les assaillants exécuter un policier au sol.
Le 7 janvier 2015, un commando a fait irruption, à Paris, dans les locaux de Charlie Hebdo et a assassiné 12 personnes. 4 autres victimes sont toujours dans un état grave.
Sur les vidéos, on entend les assaillants crier « Allah Akbar ! », puis qu’ils ont « vengé Mahomet ». Un témoin, la dessinatrice Coco, a affirmé qu’ils se réclamaient d’al-Qaïda. Il n’en a fallu pas plus pour que de nombreux Français dénoncent un attentat islamiste.
Or, cette hypothèse est illogique.
La mission de ce commando n’a pas de lien avec l’idéologie jihadiste
En effet, des membres ou des sympathisants des Frères musulmans, d’al-Qaïda ou de Daesh ne se seraient pas contentés de tuer des dessinateurs athées, ils auraient d’abord détruit les archives du journal sous leurs yeux, sur le modèle de ce qu’ils ont fait dans la totalité de leurs actions au Maghreb et au Levant. Pour des jihadistes, le premier devoir c’est de détruire les objets qui, selon eux, offensent Dieu, puis de punir les « ennemis de Dieu ».
De même, ils ne se seraient pas immédiatement repliés, fuyant la police, sans avoir achevé leur mission. Ils auraient au contraire terminé leur mission, dussent-ils mourir sur place.
Par ailleurs, les vidéos et certains témoignages montrent que les assaillants sont des professionnels. Ils avaient l’habitude de manier leurs armes et n’ont tiré qu’à bon escient. Ils n’étaient pas vêtus à la mode des jihadistes, mais comme des commandos militaires.

La manière dont ils ont exécuté au sol un policier blessé, qui ne représentait aucun danger pour eux, atteste que leur mission n’était pas de « venger Mahomet » de l’humour gras de Charlie Hebdo.

La vidéo censurée par les TV françaises
Cette opération vise à créer le début d’une guerre civile
Le fait que les assaillants parlent bien le français, et qu’ils soient probablement Français, ne permet pas de conclure que cet attentat est un épisode franco-français. Au contraire, le fait qu’ils soient professionnels contraint à les distinguer de possibles commanditaires. Et rien ne prouve que ces derniers soient des Français.

C’est un réflexe normal, mais intellectuellement erroné, de considérer lorsque l’on vient d’être attaqué que l’on connaît ses agresseurs. C’est le plus logique lorsqu’il s’agit de criminalité normale, mais c’est faux lorsqu’il s’agit de politique internationale.
Les commanditaires de cet attentat savaient qu’il provoquerait une fracture entre les Français musulmans et les Français non-musulmans. Charlie Hebdo s’était spécialisé dans des provocations anti-musulmanes et la plupart des musulmans de France en ont été directement ou indirectement victimes. Si les musulmans de France condamneront sans aucun doute cet attentat, il leur sera difficile d’éprouver autant de peine pour les victimes que les lecteurs du journal. Cette situation sera perçue par certains comme une complicité avec les meurtriers.

C’est pourquoi, plutôt que de considérer cet attentat extrêmement meurtrier comme une vengeance islamiste contre le journal qui publia les caricatures de Mahomet et multiplia les "unes" anti-musulmanes, il serait plus logique d’envisager qu’il soit le premier épisode d’un processus visant à créer une situation de guerre civile.
La stratégie du « choc des civilisation » a été conçue à Tel-Aviv et à Washington

L’idéologie et la stratégie des Frères musulmans, d’Al-Qaïda et de Daesh ne préconise pas de créer de guerre civile en « Occident », mais au contraire de la créer en « Orient » et de séparer hermétiquement les deux mondes. Jamais Saïd Qotb, ni aucun de ses successeurs, n’ont appelé à provoquer d’affrontement entre les musulmans et les non-musulmans chez ces derniers.
Au contraire, la stratégie du « choc des civilisations » a été formulée par Bernard Lewis pour le Conseil de sécurité nationale états-unien, puis vulgarisée par Samuel Huntington non plus comme une stratégie de conquête, mais comme une situation prévisible [1]. Elle visait à persuader les populations membres de l’Otan d’un affrontement inévitable qui prit préventivement la forme de la « guerre au terrorisme ».

Ce n’est pas au Caire, à Riyad ou à Kaboul que l’on prône le « choc des civilisations », mais à Washington et à Tel-Aviv.

Les commanditaires de l’attentat contreCharlie Hebdo n’ont pas cherché à satisfaire des jihadistes ou des talibans, mais des néo-conservateurs ou des faucons libéraux.
N’oublions pas les précédents historiques

Nous devons nous souvenir qu’au cours des dernières années, nous avons vu les services spéciaux états-uniens ou de l’Otan
tester en France les effets dévastateurs de certaines drogues sur des populations civiles [2] ;
soutenir l’OAS pour tenter d’assassiner le président Charles De Gaulle [3] ;
procéder à des attentats sous faux drapeau, contre des civils, dans plusieurs États membres de l’Otan [4].
Nous devons nous souvenir que, depuis le démembrement de la Yougoslavie, l’état-major états-unien a expérimenté et mis en pratique dans de très nombreux pays sa stratégie des « combats de chiens ». Elle consiste à tuer des membres de la communauté majoritaire, puis des membres des minorités en renvoyant les responsabilités dos-à-dos jusqu’à ce que chacun soit convaincu d’être en danger de mort. C’est de cette manière que Washington a provoqué la guerre civile aussi bien en Yougoslavie que dernièrement en Ukraine [5].
Les Français seraient bien avisés de se souvenir également que ce ne sont pas eux qui ont pris l’initiative de la lutte contre les jihadistes revenant de Syrie et d’Irak. À ce jour d’ailleurs, aucun d’entre eux n’a commis le moindre attentat en France, le cas de Mehdi Nemmouche n’étant pas celui d’un terroriste solitaire, mais d’un agent chargé d’exécuter à Bruxelles deux agents du Mossad [6] [7]. C’est Washington qui a convoqué, le 6 février 2014, les ministres de l’Intérieur de l’Allemagne, des États-Unis, de la France (M. Valls s’est fait représenter), de l’Italie, de la Pologne et du Royaume-Uni pour faire du retour des jihadistes européens une question de Sécurité nationale [8]. Ce n’est qu’après cette réunion que la presse française a abordé ce sujet, puis que les autorités ont commencé à réagir.
John Kerry s’est exprimé pour la première fois en français pour adresser un message aux Français. Il dénonce une attaque contre la liberté d’expression (alors que son pays n’a cessé depuis 1995 de bombarder et de détruire les télévisions qui lui faisaient ombrage en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak et en Libye) et célèbre la lutte contre l’obscurantisme.

Nous ignorons qui a commandité cette opération professionnelle contre Charlie Hebdo, mais nous ne devrions pas nous emballer. Nous devrions considérer toutes les hypothèses et admettre, qu’à ce stade, son but le plus probable est de nous diviser ; et ses commanditaires les plus probables sont à Washington.
Thierry Meyssan

[1] « La "Guerre des civilisations" », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 juin 2004.

[2] « Quand la CIA menait des expériences sur des cobayes français », par Hank P. Albarelli Jr., Réseau Voltaire, 16 mars 2010.

[3] « Quand le stay-behind voulait remplacer De Gaulle », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 10 septembre 2001.

[4] « Les Armées Secrètes de l’OTAN », par Daniele Ganser, éd. Demi-Lune. Disponible par chapitre sur le site du Réseau Voltaire.

[5] « Le représentant adjoint de l’ONU en Afghanistan est relevé de ses fonctions », „Kann Washington zu gleicher Zeit drei Regierungen stürzen ?“, von Thierry Meyssan, Übersetzung Horst Frohlich, Al-Watan (Syrien), Voltaire Netzwerk, 23. Februar 2014.

[6] « L’affaire Nemmouche et les services secrets atlantistes », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie), Réseau Voltaire, 9 juin 2014.

[7] On objectera les affaires Khaled Kelkal (1995) et Mohammed Mehra (2012). Deux cas de « loups solitaires » liés à des jihadistes ; mais ni à la Syrie, ni à l’Irak. Malheureusement, tous deux furent exécutés en opération par les Forces de l’ordre de sorte qu’il est impossible de vérifier les théories officielles.

[8] « La Syrie devient "question de sécurité intérieure" aux USA et dans l’UE », Réseau Voltaire, 8 février 2014.
Thierry Meyssan

Consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Dernier ouvrage en français : L’Effroyable imposture : Tome 2, Manipulations et désinformations (éd. JP Bertand, 2007). CompteTwitter officiel.

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Attentat à Charlie Hebdo

Attentat à Charlie Hebdo

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Source : « Qui a commandité l’attentat contre Charlie Hebdo ? », par Thierry Meyssan,Réseau Voltaire, 7 janvier 2015,www.voltairenet.org/article186408.html

miercuri, 7 ianuarie 2015

Un atentat soldat cu 12 morți în redacția unei reviste satirice pariziene, Charlie Hebdo.

Un atentat soldat cu 12 morți în redacția unei reviste satirice pariziene, Charlie Hebdo. Evenimentul face parte dintr-un război început imediat după 1990, adică după așa-zisă destrămare a lagărului socialist, de cădere a comunismului. Evenimentul este nu doar excepțional ci și teribil. Mai ales prin consecințele pe termen lung. Nu doar fiindcă sunt 12 victime, dintre care patru sunt caricaturiști excelenți ai acestui periodic, ci fiindcă se încadrează în teribila relație dintre cauze, efecte și victimele colaterale. O să încerc să evoc cauzele și să plâng, în numele dreptului la opinie, moartea unor victime colaterale. Victime care au depășit linia de demarcație simbolică dintre libertatea de opinie și libertatea credinței. Au atacat și batjocorit o religie sub pretextul că aceasta ar fi responsabilă de violențele din lumea arabă. Au confundat o religie cu o ideologie derivată din religie, ca răspuns la atacurile altei ideologii, derivată și ea din religia superiorității Occidentului față de Orient. De fapt aceste violențe au fost efectul acțiunii violente de imixtiune, în acest perimetru geopolitic strategic, al unor armate de intervenție de tip colonial pentru controlul surselor de materii prime.
Criminalii par să fie niște militari sau oricum doi oameni cu pregătire militară de tip guerilla urbană. Calmi, dotați cu o mare putere de foc, rapizi, cunoscători ai terenului și țintei, acționând în numele unei ideologii, nu neapărat a lor, poate doar mercenarii armați ai acestei religii devenită ideologie. Nu mai e vorbă de credință, deși se revendică de la o credință. Răzbunarea atinge niște ziariști care se credeau poate la adăpost, în orice caz îndrituiți să-și bată joc, în numele religiei democrației laice, fără limite, de simbolurile altei credințe, altei religii. Au uitat acești ziariști că ne aflăm în secolul despre care Andre Malraux, care se cunoștea în arte, culturi, propogandă și în revoluții, spusese că va fi un secol religios sau nu va fi deloc.
Au uitat oare acești ziariști că apartenența lor profesională, comunitară sau ideologică, nu-i poate apăra, fiindcă armata care ar trebui să-i apare nu este capabilă, nici la Paris, nici la Bagdad, să cucerească și să controleze un teren care este, pentru localnici, nu doar un teatru de luptă în care dușmanii acționează de la distanță prin dronuri, ci chiar țara lor, patria lor, țărâna care conține praful oaselor unor strămoși.
Față de o astfel de armată de apărare, invadatorii nu credeau că li se va răspunde altcum decât pe același teren, cu mijloace evident mai puțin eficiente decât bombardierele, trupele de șoc și dronurile.
Separarea teoretică dintre confruntarea între militari aparținând unor armate adverse nu mai este demult singura formă acceptată de război. Bătălii desfășurate ca în filme, cu generali în uniforme de gală, aburcați pe o colină de unde observă și comandă manevrele, nu mai există în Europa de prin 1870 încoace. Confruntarea între militari și și militari implică civilii, atât ca forțe integrate sub formă de partizani, cât și ca victime colaterale sau căutate pentru înspâimântarea adversarului, distrugerea solidarității între armată și locuitorii împinși pe câmpurile de luptă ca refugiați.
Desen în memoria victimelor. Război asymetric
Nu mai funcționează, deși sunt mereu invocate Legile războiului. Ele erau străvechi reguli derivate din luptele cavalerești sau impuse prin tratative postbelice laborioase de către învingătorii care se temeau că li se vor aplica, la următoarea ciocnire armată, aceleași necruțătoare tratamente precum cele aplicate de ei actualilor învinși.
Suntem în război de câteva decenii și acum, după ce s-a limitat să înainteze dinspre Orient până în Balcani, războiul a ajuns la Paris. Și nu va mai părăsi Occidentul. Cu atât mai rău pentru noi toți. Credeam că noi cei născuți în timpul războiului mondial al doilea, sau la finele acestuia, vom scăpa iar fii și fiicele noastre vor trăi în pace. A fost o iluzie, una dintre multele noastre iluzii.
Dan Culcer
miercuri 7 ianuarie 2015

P.S. Crima politică nu este acceptabilă. Nici cenzura politică sau ideologică. Nici acum, nici în trecut, nici în viitor. Ziariștii, caricaturiștii, universitarii, politicienii, dar și șefii de partide, de armate, de state pot fi victime. Familiile celor morți, îndoliate, nefericite, sunt și ele victime colaterale.
Dar a gândi doar în termeni de victimologie sau de milă creștină nu rezolvă situațiile complicate în care se amestecă criminalii de stat, politicienii fără scrupule, ideologii iresponsabili, niciodată trași la răspunderea pentru efectele de lungă durată ale unor teze și lozinci care se adresează oportunist și electoralist unui prezent perpetuu, fără viitor și fără trecut, adică fără memorie și fără perspectivă.
Tot fără memorie, colegii victimelor, supraviețuitorii, cun se autonumesc, glosează în buclă, autocentrați pe problema crimei politice, a necesității de a asigura libertatea presei, supraviețuirea publicației a cărei redacție a fost decimată. Mai toți cei care au intervenit ieri și azi la radio sau la televiziunea franceză vorbesc doar despre moartea satiriștilor ca despre un fel de culme a tragediei. Deși am petrecut cîteva ore privind programele posturilor Canal Plus, Tf 1, France 2, France 3, nu am auzit pe nimeni să evoce, măcar în treacăt, tragedia popoarelor în numele căreia se ridică acești nebuni și îndobitociți ideologic soldați ai lui Allah, care par a crede că Allah are nevoie de ei ca să fie apărat sau răzbunat. Dacă e atotputernic, precum Dumnezeul creștin, sau precum Jahve al evreilor, ar fi mai în spiritul credinței să-l lase pe cel Înalt să-și pedepsească detractorii cum va fi știind El mai bine.
Urmăriții, suspectați de a fi autorii crimelor, nu se dau prinși. Sper să nu se întămple așa cum s-a mai întâmplat în alte cazuri de atentatori prezumtivi, ca în urma unui schimb de focuri, toți ipoteticii crminali au fpst uciși și nimeni nu mai poate finaliza printr-un proces public și contraductoriu judecarea și condamnarea adevăraților vinovați. Morții nu mai pot vorbi. Nici victimele, nici ucigașii.

duminică, 28 decembrie 2014

From Energy War to Currency War: America’s Attack on the Russian Ruble

Vă rog să citiți acest text selectat de mine, în speranța că vă poate interesa. Cu prietenie, Dan Culcer

From Energy War to Currency War: America’s Attack on the Russian Ruble

Global Research, December 26, 2014

vineri, 7 noiembrie 2014

Bedros Horasangian. Armenia DOSAR 1915

Vă rog să citiți acest text selectat de mine, în speranța că vă poate interesa. Cu prietenie, Dan Culcer

Bedros Horasangian
DOSAR 1915

Genocidul din 1915 nu s-a consumat doar în acele zile, saptămâni, luni ci și chiar în anii imediat următori ce s-au derulat cu repeziciune. Genocidul din 1915 a avut și are consecințe enorme pentru poporul armean pe durata scurtă și medie a istoriei. Genocidul din 1915,declanșat la 24 aprilie, este o rană deschisă și încă nevindecată pentru memoria întregii umanități. Cu cît te apleci mai mult asupra detaliilor celor întîmplate în 1915 și anii imediat următori, cu atît mai mult se deschide în fața ochilor noștri dimensiunea acelei mari catastrofe umanitare și consecințelor generate dintr-un cumul de situații, ce s-au tot succedat, dincolo de gravitatea crimelor propriuzise. Asumate sau nu, recunoscute sau negate de-a dreptul. Toate încercările de a găsi explicații și justificări pentru acele evenimente sunt anulate de forța documentelor de arhivă, care ies la iveală sau de mărturiile de tot felul, care se adună an de an. Toate acestea se aglutinează într-un corpus de dovedi de netăgăduit și oferă, pe lîngă detaliile istorice, politice și militare, un contur și mai dramatic al evenimentelor. Vom încerca să prezentăm noi fapte și întîmplări, momente teribile legate de acei ani, care, din nefericire, atunci cînd nu sunt ignorate sau negate, sunt puțin cunoscute. Cartea celor doi jurnaliști francezi, Laure Marchand și Guillame Perrier – „La Turquie et le Fantome Armenien. Sur les traces du genocide”, Solin/Actes Sud, 2013 – pe care am vrea s-o vedem cît mai repede tradusă și în românește, ne-a oferit noi piste de abordare pentru a completa ceea ce numim DOSAR 1915. De mare interes. Una este legată de armenii convertiți la islam – „Les Convertis, Armeniens de l’ombre”, se numește un întreg capitol din cartea lui Marchand și Perrier, – al căror număr e greu de estimat astăzi. De orfanii rămași după hecatomba din 1915. Cifrele sunt mult mai mari decît ne putem închipui. Fete și băieți, copile răpite, altele adoptate de familii turcești sau kurde și turcizați în timp, ca adevărul să iasă la iveală după decenii. Cum a fost cazul, cel mai cunoscut și deja mult mediatizat, al avocatei ziaristului asasinat, Hrand Dink, Fethiye Cetin. Multe alte situații cînd copii armeni, rămași orfani, zeci, sute de mii, au fost preluați de diferite organizații caritabile, americane sau europene, în primul rînd cei de la Near East Relief Society, din care a făcut parte și fostul ambasador al SUA la Constantinopol, Henry Morghentau și salvați printr-un efort conjugat. Despre copiii preluați de diferite orfelinate turcești, supuși unui intens proces de turcizare forțată avem acum informații concrete și coerente. Documentate. Le vom prezenta chiar în cuprinsul acestor considerații. Rămân însă ascunse multe alte întîmplări pentru marele public, chiar dacă specialiștii le urmăresc și țin cont de ele.
O carte-album ne-a prilejuit acest ocol prin propria noastră memorie. După ce am studiat ani în șir partea istorico-politico-militară a evenimentelor, iată că multe alte aspecte legate de genocid, chiar dacă abordate de experții acestui subiect - și aici menționez doar numele prestigioase ale lui Dr Vahakn Dadrian, Dr Raymond Kevorkian și Dr Taner Akcam – ele stau, încă, sub semnul unei puține cunoașteri. Dacă nu a uitării. Cu atît mai mult sunt binevenite mărturiile de istorie orală sau cercetările monografice punctuale ce atacă subiecte concrete. De această dată avem la îndemînă o colecție de fotografii comentată, document istoric de primă mînă, pus sub genericul „Orphans of The Genocide” (Signalman Publishing, 2012, edited by Nancy Eskidjian) semnată de Bared Maronian și Maggie Mangasarian-Goshin. Intr-o concisă introducere, unul dintre autori, Bared Maronian, ne introduce în odiseea acestei proiect ce a devenit film documentar, cît și carte, dedicată orfanilor genocidului. Plecînd de la un articol al unui faimos jurnalist britanic, Robert Fisk, specializat în chestiunile spinoase ale Orientului Mijlociu – de care am mai pomenit și noi cu atîtea prilejuri – apărut în martie 2010 în cotidianul englez The Independent. În care se amintea de o descoperire a cercetătorului Missak Kelechian, care a găsit în cartea lui Stanley Kerr, „Lions of Marash”, publicată în 1973, plecînd de la o fotografie a lui Djemal Pasha, comandantul Armatei a 4 Otomane din Siria și a lui Halide Edib, o faimoasă feministă turcă în anii de după primul război mondial, un loc unde aceste proces de turcizare a avut loc. Este vorba de Colegiul Francez din Antoura, Liban, astăzi, din Împeriul Otoman de ieri. Alăturăm și o fotografie cu Robert Fisk și Missak Kelechian făcută după decenii în fața intrării orfelinatului. Al doilea incipit al acestei colecții de rare fotografii document a venit din partea unui armean de 89 de ani, Edy Aprahamian, precizează Bared Maronian, care se întreba retoric :”...existența a sute de mii de orfani ai Genocidului Armean, este bine documentată de organizațiile umanitare amerciane și europene și totuși turcii neagă că genocidul a avut loc. De ce, noi armenii, nu punem pe masă acest subiect al orfanilor și să-i întrebăm pe ei (pe turci) ce s-a întîmplat cu părinții acestor orfani ? ce s-a întîmpalt cu ei ? De ce sunt acești copii orfani ?” Articolul lui Robert Fisk și această mărturie au lansat proiectul numit de Bared Maronian, „Orfanii Genocidului”. Autorul sistematizează cazurile particulare ale orfanilor - în opt categorii, de la cei rămași drumuri, ai nimănui, care în mare parte au pierit, pînă la cei adoptați de turci, kurzi sau arabi. Orfani preluați de orfelinate coordonate de organizații armenești sau americane/europene, sau în situații mai grave de orfelinate ostile, create în scopul de a turciza orfanii armeni, convertindu-i la islam și dîndu-le o identitate turcă. Cea mai dramatică însă categorie a fost acea a orfelinatelor care au avut ca scop execuția lor în masă sau unde copiii lipsiți de protecție au murit de foame și boli. O parte au supraviețuit prin asimilare forțară – temsil, în turca otomană, precizează Maronian, amintind în teribilul său testimoniu de memoriile lui Lincoln Loyal Wirt care releva faptul că 200 000 de orfani ai genocidului au fost preluați de 212 orfelinate, răspîndite între Cosntantinopol și Alep, azi în Siria, orfelinate care au operat sub auspiciile lui American Near East Relief Foundation. În puține cuvinte și multe fotografii avem dimensiunile întregii drame.
Nenumărate fotografii ce prezintă orfani armeni în diferite ipostaze sunt adevărate și dramatice secvențe de viață și moarte. Mame și copii disperați, copii salvați de organizațiile umanitare, școli și cămine pentru acești năpăstuiți ai soartei. Dar și dăruirea multor voluntari, armeni, americani sau europeni, care s-au dedicat binelui. Fotografiile sunt mai sugestive decît cuvintele. Fiecare clișeu spune ceva. Zguduitor. Oricît am vrea să judecăm și comentăm la rece. faptele, bune sau rele, rămân. Și ies la iveală cînd nu ne așteptăm. Am fost impresionat de o rochiță, făcută din zdrențe, ce a aparținut unui orfan care a supraviețuit mascrelor din 1909 de la Adana și care a ajuns la orfelinatul Hadjin. In 1914 una dintre surorile menonite care activau în Imperiul Otoman, Dorinda Bowman, a dus cu ea în SUA după ce a fost obligată să plece. Păcat că nu pot reproduce decît cîteva fotografii din acest album-document, roman secvențial, extrem de emoționant.
Am desprins însă din aceste documente daor o secvență în care este implicat corespondenului lui The Independent în Orientul Mijlociu. De cîteva decenii rezident la Beirut, a informat în timp real situația din zonă . de aceea povestea ce pleacă de la un articol alui lui Robert Fisk mi s-a părut exemplară. In 9 martie 2010 jurnalistul britanic – să menționăm că autoritățile și oficialitățile Regatului Unit al Marii Britanii și Irlandei de Nord nu s-au prea omorît cu firea pentru soarta armenilor, nici în WW1, nici ulterior, cum se spunea cînva, interersul ține fesul, spunem asta ca să punctăm gestul lui Robert Fisk cu titlu privat care este de apreciat cu atît mai mult – publică un articol cu titlul „Living proof of the Armenian Genocide. The U.S. wants to deny that Turkey’s slaughter of 1,5 million Armenians in 1915 was Genocide. But the evidence is there, in a hilltope orphanage near Beirut.” Intregul text se poate găsi pe
El pleacă pe urmele descoperite de Missak Kelechian, care se bazează pe mărturia lui Stanley Kerr, dintr-un volum memorialistic numit “The Lions of Marash”, apărut în 19 173.Cine a fost însă Stanley Kerr ? Wikipedia ne spune pe scurt, și extragem doar ce ne interesează. Este vorba de un biochimist și humanitarian & educator (în românește au altă rezonanță) american, care în 1919 pleacă voluntar să servească în Near East Relief. Își începe activitatea la Allep. Unde, acum știm, un aport considerabil l-a avut pastorul evanghelic Hovhannes Eskijian, care la rîndul lui a salvat mii de vieți, prezent și el în acest album cu fotografii de care ne ocupăm. La Allep, activează și Stanley Kerr, during an Armenian refugee crisis, when many of the Armenian Genocide had escaped. A lucrat ca sanitar – ca și germanul Armin Wegner, alt martor ocular al acelor evenimente, cel care a lăsat un set de cîteva zeci de fotografii la fel de incriminatorii - și a încercat să recupereze cît mai muți copii armeni din familiile turcești și kurde unde, parte din ei au fost lauți cu forța. Tot ce a făcut el se regăsește în memoriile lui „Leii din Marash”, - aici, la Marash, stă pitită o altă poveste, unde s-au produs masacre, după retragerea forțelor franceze și revenirea autorităților kemaliste, o zonă disputată apoi între Turcia și Siria, dincolo de mandatul francez la care autoritățiel de la paris au renunțat, spre nenorocirea armenilor - carte pe care o vom consulta și noi cît de curînd. În 1921 Stanley Kerr și soția au prelaut conducerea orefelnatului pentru copii armeni de la Nahr, care va fi abandonat în 1923. Missak Kellechian la rîndul lui găsit locul unde a funcționat St. Joseph Antoura College, unde în timpul primului război mondial Djemal Pasha și Halide Edip s-au ocupat de turcizarea a 1000 de copii armeni și 200 de kurzi. Iată cum adevărul mereu iese la iveală.
In 22 septembrie 2010, prin generozitatea faimoasei Orchestrei Simfonice Kohar, la cimitirul fostului orfelinat de la Antoura, Liban a fost inaugurat un hachkar și o statuie de bronz în memoria orfanilor armeni.

Imi permit pe această cale să-i felicit pe cei doi autori pentru efortul depus și bogația de informații ce sunt cuprinse în acest volum. Intr-u fel, un alt-fel de omagiu adus memoriei orfanilor, cît și supraviețuitorilor Genocidului Armean de acum o sută de ani.

marți, 7 octombrie 2014

Mișcarea PAX HUNGARICA



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ÜDVÖZLÜNK A PAX HUNGARICA MOZGALOM HIVATALOS OLDALÁN!
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Mozgalmunk eszmei gyökerei egészen a XIX. - XX. század fordulójáig nyúlnak vissza, amikor a keresztényszociális gondolat próbált reális, nemzet- és értékelvű alternatívát kínálni az egyre jobban terjedő bolsevista fertővel szemben. XIII. Leó pápa 1891. május 15-én adta ki történelmi jelentősségű enciklikáját, a Rerum Novarumot, amelyet a "napba öltözött forradalmár" Prohászka Ottokár fordított magyarra, s lett a keresztény-szociális gondolat élharcosa először a hanyatló dualista Magyarországon, majd 1927-ben bekövetkezett haláláig Horthy - előbbi bűneiből mit sem tanuló - "legyen úgy mint régen volt!" rendszerében. A Magyar Katolikus Lexikon (1933) így összegzi a Rerum Novarum mondanivalóját:

Bevezetőben megállapítja a szociális kérdés okait: a gépi gazdálkodás átalakította a munkaadó és a munkás viszonyát (nincs, ami pótolja a megszűnt céheket), a gazdagság, a termelés és kereskedelem kevesek kezébe került, a munkásosztály csaknem rabszolgaságba jutott. A tömegek elszegényedését fokozza a kapzsi nyerészkedés; a közintézmények és törvények egyre jobban levetkezik a vallásos jelleget, hanyatlanak a közerkölcsök; az öntudatra ébredt munkások viszont szervezkednek ugyan, de könnyen lázítok kezébe esnek. A szocializmus a bajok orvoslását a javak közösségétől várja, pedig a tulajdonjog eltörlése elsősorban a munkást sújtaná, mert lehetetlenné tenné munkabérének befektetését s ezzel együtt a munkásnak polgári sorba való emelkedését. A természet törvénye, hogy a családfő gondoskodjék gyermekei fenntartásáról, ami sok esetben csak úgy lehet, ha gyümölcsöző magántulajdont, földet stb. hagyhat reájuk. Ez a feladat nem illetheti elsősorban az államot, mert hiszen család előbb volt, mint állam s a családi életbe az államnak csak végszükség esetében szabad belenyúlnia. Minthogy a szociális kérdés megoldása az evangélium szellemének érvényesítése nélkül lehetetlen, az Egyháznak is közbe kell lépnie s hirdetnie, hogy nem az osztályharc és gyűlölet, hanem a különböző társadalmi rendek együttműködése hozhat orvoslást. A munkásoknak és a munkaadóknak egyaránt súlyos kötelességeik vannak. Utóbbiak becsüljék meg a munkásban az emberi méltóságot, ne támasszanak velük szemben erejükkel, korukkal és nemükkel meg nem egyező követeléseket, méltányos munkabért állapítsanak meg. Az állam hivatása, hogy a közjó érdekében megakadályozza, hogy egyik társadalmi rend visszaéljen a másiknak helyzetével. Védenie kell a magántulajdont, de gondoskodnia is, hogy a munkásokat ne nyomják el, hogy ezek munkájuk gyümölcséből megfelelően lakhassanak, ruházkodhassanak, táplálkozhassanak s hogy életük ne legyen ,,aggodalmaktól terhes''. Meg kell akadályozni a munkások kizsákmányolását, gondoskodni pihenő időről, őrködni a vasárnapi munkaszünet megtartásán. Ügyelni kell, hogy a nők erkölcsiségét a munkahelyeken ne veszélyeztessék, hogy ezek ne vonassanak el családanyai kötelességük teljesítésétől; fejletlen gyermekeket nem szabad munkára fogni. A munkabér legyen elégséges a tisztességes élethez, családfenntartáshoz s ahhoz is, hogy a munkás valamit megtakaríthasson s idővel némi vagyonhoz jusson. Ez csökkentené igazában az osztályok ellentétét. Az igazságosság tiltja, hogy a munkaadó kedvezőtlen munkafeltételeket kényszerítsen rá munkására. Szükség van a munkások biztosítására baleset, betegség és halál esetére. A munkások önsegélyezése terén fontosak a munkásegyesületek és szervezetek; a keresztény munkásoknak csak olyan egyesületekhez szabad csatlakozniok, amelyek nem veszélyeztetik hitüket; vagy külön szakszervezetekbe kell tömörülniök, s ez a kívánatosabb. A munkások és munkaadók jogainak és kötelességeinek megszabására alkalmasak a közös döntőbíróságok. A társadalmi kérdést csak a keresztény erkölcs uralmának helyreállításával oldhatjuk meg. A Rerum Novarum a katolikus szociáletikusok közt folyó évtizedes viták betetőzése lett s egyben a gyakorlati katolikus szociálpolitikának megindítója. Nem tárgyalja részletesen az összes kérdéseket, de mesterien rögzíti meg a társadalmi életben uralkodni hivatott irányelveket. Legnagyobb jelentősége az volt, hogy szükségesnek nyilvánította a maga idejében az állam közbelépését a munkások érdekében és szentesítette a szakszervezeti mozgalmat. A Rerum Novarum elveinek nagy hatásuk lett a következő évtizedek szociális törvényhozásaiban, főleg a munkabérre, munkaidőre, a nők és gyermekek foglalkoztatására vonatkozólag. XIII. Leó korát egy negyedszázaddal megelőzve a társadalmi szervezkedésben jelölte meg egy szociálisabb gazdasági berendezkedés alapját.

Prohászka munkásságára nagy hatást tettek ezek a gondolatok. Bár nem alkotott önálló eszmerendszert, de tanításában a későbbi hungarizmus alapvető pillérei magától értetődően szerepelnek, ahogy maga a "hungarizmus" kifejezés közéletben történő meghonosítása is tőle származik (gróf Széchenyi István magánlevelezésében már megtaláljuk). Noha ő ez alatt nem egy konkrét eszmerendszert, hanem a magyar nemzet önvédelmét értette - mégis joggal tekinthetjük Prohászkát a hungarizmus egyik szellemi előfutárának, megálmodójának.

A hungarista eszme megszületése Szálasi Ferenc nyugalmazott vezérkari őrnagy nevéhez fűződik, aki nem sokkal a szentéletű püspök halála után, 1935 márciusában indította útjára a magyar történelem eddigi legnagyobb alulról szervezett népmozgalmát, a Hungarista Mozgalmat.

Szálasi a harmincas évek elején, amikor megfogalmazta a hungarista célkitűzéseket, a korabeli magyar politikai élet egyik pártját sem találta alkalmasnak a célok megvalósítására. A kormánypárt maga volt megtestesítője annak a politikának, amelynek javítását Szálasi kívánatosnak tartotta; a polgári ellenzék erőtlennek bizonyult a feladatok elvégzésére és tulajdonképpen csak egyetlen társadalmi réteg, a parasztság megszervezésén fáradozott (Független Kisgazda Párt); a baloldali ellenzék pedig egyrészt kompromittálta magát az 1919 évi kommunista hatalomátvételben, másrészt a kormánnyal még a húszas évek elején paktumot kötött, hogy a munkás- érdekképviseletek fejében hivatalos ellenzék legyen (Szociáldemokrata Párt).
Éppen ezért Szálasi önálló párt megalakításával kísérletezett. Pártjának megjelenése a hivatalos politika körében általános riadalmat keltett és olyan retorziókat vont maga után mindjárt a kezdet kezdetén, hogy indulása pillanatától fogva a hamis vádak pergőtűzében állott. E vádakat később sikerült állandósítani, így a Mozgalom pártjaira ma is nehezedő vádak forrása innen ered.

- Írta később Henney Árpád a Mozgalom születéséről.

Bár a későbbi Nemzetvezető politikai pártok útján kívánta a hatalmat átvenni, de a hungarizmus lelkének mindig a háttérben működő testvéri közösséget, a mozgalmat tartotta.

Ungvári Gyula, Szálasi műveihez írt előszavában így foglalja össze a hungarista eszme jelentőségét:

Szálasi ideológiájának, vagyis a hungarista eszmerendszernek kétségtelenül bölcseleti alapjai vannak. Szálasi ha nem is alkotott egy metafizikai (pl. ontológiai) rendszert vagy nem írt ismeretkritikai, netán értékelméleti (pl. logikai, esztétikai, etikai) monográfiát, vagyis nem a lét, a megismerés végső kérdéseivel foglalkozott, de egyrészt "filozófus" volt e szó hegeli értelmében, vagyis a dolgokat gondolkodva szemlélte, másrészt ideológiájában a szorosabban filozófiainak mondott fogalmak, gondolatok előkelő helyen szerepelnek, eszmerendszerét, gondolatvilágát mintegy megalapozzák és felfogásának kifejtése során újból és újból szemünk elé tárulnak. Szálasi gyakran alkalmazza a fogalmak hármas előfordulásának retorikai eszközét, de ezen túlmenően a való világ tartalmi feltárásában is e fogalmi hármasok (triádok) ismétlődő megjelenésével találkozhatunk. Tegyük hozzá: Szálasi nem dogmatikusan és nem is egy játékos megszállottságával alkalmazza e fogalmi hármasokat. Más szóval ő ugyanúgy nem volt egy megszállott hegeliánus, mint ahogyan a szentháromságtan keresztény híve sem az. A három különböző dolog egysége, együttes előfordulása ti. bizonyosan hozzátartozik a való világ lényegi mélyrétegéhez, és ez derül ki Szálasi eszmerendszeréből is.

Eszmerendszerének alapvetését érett formában, Út és cél címen 1938 tavaszán kezdi papírra vetni. Ez a munka a hungarista világnézetet és annak átfogó, széles kitekintésű és hosszú távú politikai következményeit taglalja. E tanulmány ideológiai szempontból továbbfejlesztette Cél és követelések c. munkáját és eszmei alapként szolgált további munkásságához s így a jelen gyűjteményben is szereplő későbbi beszédeihez, ill. hivatkozási alapként szolgált és szolgálhat ma is az ő eszméinek megértéséhez.

A tanulmány bevezető mondataiban Szálasi joggal emeli ki ezt az eszmerendszert a kortárs magyarországi politikai pártok szellemi irányzatainak, programjainak köréből. Ez utóbbiak ti. "legfeljebb a revízió áhítozásáig" jutottak el és nem adtak útmutatást arra vonatkozólag, hogy mit kívánnak tenni a visszaszerzendő területekkel és azok népességével. "Legyen úgy, mint régen volt" szólt a dal, de éppen ez az, amit a hungarizmus nem fogadhatott el. A 30-as években mint írja "a gyakorlati politika a pillanatnyi érvényesüléssel vált egyenlővé és nem az örök magyar hivatás tennivalóinak eltökélése, férfias fogadalma". Szálasi hungarizmusa viszont kétségtelenül nagy körültekintéssel megalapozott és távlatos gondolkodásra, a magyar jövőre irányuló politikai világnézet. ő maga nem a részletkérdések embere volt, noha sok részletet is kimunkált. Akkor volt elemében, amikor az átfogó kérdésekkel, a nemzet, a haza, a hungarizmus távlatos problémakörével foglalkozhatott és nem a munkásbiztosításnak, a fő földreformnak vagy a nagyüzemek nemzeti tulajdonba helyezésének részleteivel kellett bibelődnie. Filozófus lélek volt ő a politika területén.

Sajnos az ideológia nélküli a rövid távú, sokszor csak a pillanatnyi érdekekre figyelő politizálás ma is meglehetősen általános jelenség és korántsem csupán a volt állampárt magát "szocialistának" nevező utódpártjában és annak környékén vagy a liberalizmust a szabadossággal helyettesítő, az emberi jogokat erkölcsi kötelességek nélkül elképzelő erők körében, de a magukat keresztény és nemzeti gondolkodású politikusnak tartó emberek esetében is. Az ilyen emberek a "konkrét gyakorlati" kérdések fontosságára hivatkoznak, pragmatizmusuk mélyén azonban nem nehéz felismerni az anyagias önzés, a gazdaság, a pénzügyek szempontjainak kizárólagos figyelembevételét. Az eszmények, eszmék, eszmerendszerek iránti eme közömbösség vagy ellenszenv csak kis részben írható a kommunista (a marxista, leninista, netán szocialista) eszmékből való kiábrándulás számlájára: napjaink ideológiaellenessége valójában a kádári kor anyag és haszonelvűségének, atomizálódó társadalmiságának, opportunizmusának és korrupciójának olyan továbbélését fejezi ki, amelyet a 90-es évek magyar valóságába berobbanó gyarmatosító és idegenérdekű kapitalizmus körülményei között éppen a korábban vezető szerepet játszó csoportok "újszerű példamutatása" növelt meg. Mindez kétségtelenül hozzásimul az értékszemléletnek az ún. fejlett országokban általánosan tapasztalható torzulásához és azt a fajta vallási, lelki-erkölcsi, egyszersmind kulturális-szellemi, (helyenként fenyegető) demográfiai-társadalmi hanyatlást, sőt, (egyetemesen fenyegető) környezeti-katonai veszélyeket jelzi, amelyekről az olyan költőóriásoktól, mint a mi Madáchunk II. János Pál pápáig vagy Oswald Spenglertől az egész Földre figyelő gondolkodásmód szükségességét hirdető László Ervinig oly sokan írtak és írnak. Ebben a helyzetben a hungarizmusnak az erkölcsi, szellemi és anyagi értékeket a kellő szintézisbe helyező látásmódja és programja nem egyszerűen időszerű, de világítótorony a sötét éjszakában.


A vesztes világháború és az azt követő megtorlás az életben maradt hungaristákat - csak úgy mint a magyar vezetőréteg más, ki nem végzett, nem internált tagjait - nyugatra kényszerítette. Szálasi Ferenc, mielőtt megadta volna magát az amerikaiaknak, Henney Árpádot bízta meg az emigráció vezetésével, aki 1980-ban bekövetkezett haláláig állt a Hungarista Mozgalom élén. Henney halála előtt nem jelölt ki utódot, így a Mozgalom vezetését Tarjányi-Tatár Imre, németországi szorványvezető vette át, akinek pozicióját erősítette ugyan, hogy Gömbös Ernő (a néhai miniszterelnök fia) mellé állt, de nem minden Hungarista szorvány ismerte el vezetőnek. Tarjányi 1995-ben bekövetkezett halálával a tulajdonképpeni hungarista emigráció története is lezárult.

Talán a magyarországi bolsevik megszállás évtizedes elhúzódásával, vagy az emigrációba szorult hungaristák hajlott korával magyarázható, hogy a Hungarista Mozgalom miért nem volt képes hazatérni a szovjetek kivonulása után. A kilencvenes évek elején volt néhány - sikertelennek bizonyult, de a jövő szempontjából tanulságos - kísérlet a Mozgalom magyarországi újjászervezésére, de az azóta eltelt évek bebizonyították, hogy a hungarizmus hiteles képviseletére egyik addigi szervezet, mozgalom sem volt képes. Ez a felismerés késztetett egy maroknyi magyar nemzetiszocialistát arra, hogy életre hívják a Pax Hungarica Mozgalmat, mely ma egyedül képviseli a Szálasi Ferenc által lefektetett hungarista ideológiát a maga teljességében és így a Hungarista Mozgalom kizárólagos eszmei örökösének tekinthető. A Pax Hungarica Mozgalom formálisan 2008. január 28-án alakult meg.

A Nemzetvezető tanácsát megfogadva nem kívánunk részt venni a világhódítók által engedélyezett parlamenti bábjátékban. Célunk egy szerves népmozgalom szervezése, hiszen: "Parlamentáris úton a hatalmat addig lehetett megszerezni, amíg a politikai hatalom nem volt a zsidóság kezében. Amint a zsidóság a politikai hatalmat is megkaparintotta - teljesen mindegy, hogy közvetlenül vagy közvetve, és hogy politikai hatalmát közvetlenül vagy közvetve gyakorolja - teljesen kizárt, parlamentális úton a hatalmat átvenni. Az így hatalmat gyakorló zsidóság mindent vérbe vagy anarchiába fojt. Ellenszere: a népmozgalom."(Szálasi Ferenc)


Mozgalmunk felépítése szigorúan tekintélyelvű és hierarchikus, a feltétel nélküli fegyelemre épül. A tagok felétlen hűséggel és engedelmességgel tartoznak a mindenkori vezető felé, ő pedig a Mozgalom tagjai felé egyetemes felelősséget vállal. Sorainkban nincs helye a demokratikus szavazgatásoknak, az üres fecsegésnek vagy a megosztó vitáknak. Nem osztogatunk rangokat, címeket. Testvéri közösségünkben az egyén kizárólagos értékmérője az általa elvégzett munka."Dolgozni keményen, szívósan, mert a mi számunkra nincsen pihenés. (...) Mi, hungaristák, fanatikusai vagyunk a munkának és eljegyzettjei vagyunk a harcnak." (Hubay Kálmán)

A PHM az ősi magyar alkotmányosság talaján áll, Magyarország utolsó törvényes államfőjeként Szálasi Ferencet fogadja el. Ebből következik az is, hogy a jelenlegi politikai rendszert illegitimnek tartjuk (az ún. "debreceni ideiglenes kormány" megalakulásától az alkotmányosság helyreállításáig provizórikus állapot áll fenn), attól nem kérünk és nem fogadunk el semmit. A PHM célja ebből fakadóan az alkotmányosság helyreállítása, a Hungarista Munkaállam létrehozása és a Pax Hungarica kivívása - jog és kenyérbiztos hazát adni a Kárpát-medencében otthonra talált, egymásra utalt népeknek.

duminică, 5 octombrie 2014

Claude Karnoouh. La France et les Tsiganes

Vă rog să citiți acest text selectat de mine, în speranța că vă poate interesa. Cu prietenie, Dan Culcer
Sursa http://leblogdeclaudek.blogspot.fr/2010/09/la-france-et-les-tsiganes.html

mardi 21 septembre 2010

La France et les Tsiganes


Et passent les Tsiganes….


« ...Et avant que l’image de la France ne soit complètement dévoyée par la bêtise d’une poignée d’incultes arrogants, je voudrais rappeler ce qui a pu faire aussi sa grandeur, par ces lignes" :
« Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s’étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j’en vois. Et toujours avec un nouveau plaisir. L’admirable, c’est qu’ils excitaient la haine des bourgeois, bien qu’inoffensifs comme des moutons. Je me suis fait très mal voir de la foule en leur donnant quelques sols. Et j’ai entendu de jolis mots à la Prudhomme. Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de complexe. On la retrouve chez tous les gens d’ordre. C’est la haine qu’on porte au Bédouin, à l’Hérétique, au Philosophe, au solitaire, au poète. Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m’exaspère. Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton. »
Extrait d’une lettre de Gustave Flaubert à George Sand – 12 juin 1867

On savait que le président Sarkozy avait été élu par une forte majorité de citoyens français sur un programme de droite hyperlibérale (dans le domaine économique), et en partie d’extrême droite avec la réactualisation des thèmes de la sécurité, de la religion et de la famille (pour un homme deux fois divorcé et remarié à une mannequin qui se faisait photographier nue, la contradiction n’a pas été évidente pour le « bon peuple » qui l’a élu). Mais les dernières mesures d’expulsion prises à l’égard des Tsiganes[1] par le gouvernement français sont, en dépit des circonvolutions de vocabulaire des ministres de l’intérieur, de l’immigration et de la justice, non seulement scandaleuses, mais abjectes. Si l’on ajoute à cela la volonté de déchoir de la nationalité française des couple vivant en état de polygamie, les auteurs d’excision ou les délinquants ayant agressé les forces de l’ordre, on est obligé de convenir que cela rappelle les mesures de triste mémoire prises par le gouvernement collaborateur de Vichy à l’égard des Juifs, des militants communistes ou socialistes, des francs-maçons, des Tsiganes et de tout délinquant d’origine étrangère… [2]
Mais je souhaiterais mettre immédiatement les choses au point. Je n’appartiens pas à ces Occidentaux bêlant devant la misère du monde, pleurnichant devant les pauvres et en général ne faisant rien de concret pour soulager les malheurs des gens. En général ces gens, champions des droits de l’homme, déblatèrent leur commisération dans les salons mondains, se gardant bien d’aller au charbon, ou pratiquent la philanthropie spectaculaire cherchant certes à tempérer quelque peu la misère des gens (et c’est en ce sens honorable) sans pourtant jamais se poser la question radicale quant à l’origine de cette misère. Je reviendrai plus avant sur ce thème propre à la gauche française, dans un premier temps contentons-nous de décrire la situation.
Il est vrai que les Tsiganes des Balkans en France, essentiellement venus de Roumanie et de Bulgarie, vivent pour la plupart dans des campements de grande misère, dans les interstices du maillage routier et autoroutier de la banlieue parisienne et des grandes villes dans des conditions épouvantables d’insalubrité. Il aussi vrai que parmi ces gens il y a des délinquants, comme dans toute communauté humaine. Il est donc vrai encore (et je refuse l’angélisme) que certains groupements sont constitués de voleurs (de Vélib’, de réseaux de signalisation ferroviaire y compris ceux du TGV), de briseurs de distributeurs de billets, de recéleurs de toutes sortes.  Il est aussi vrai que certains groupes sont organisés en réseau de prostitution ou de mendicité où des jeunes femmes avec leurs bébés, de très jeunes adolescents et des vieux, travaillent pour des patrons sans tirer grand bénéfice des aumônes qui leur sont faites par les passants. Tout cela est condamnable et doit l’être en terme individuel. Ce n’est pas une communauté en sa totalité qui commet des délits, mais des individus, parfois rassemblés en groupe, et ceux-là, comme le dit toujours Florin Cioba, doivent être condamnés comme délinquants, voire comme criminels si tel est le cas.[3]Mais dans un État de droit moderne, la condamnation collective n’appartient pas au droit des personnes. En agissant ainsi, le gouvernement français en dépit des virtuosités de langage de ses ministres, réhabilite, sans l’énoncer clairement, des lois raciales d’une époque que l’on croyait révolue. Personne, quelle que soit son opinion politique, ne peut ni ne doit accepter un tel procédé digne, et je ne dissimule pas mes mots, d’un État fascisant. Rappelons-nous l’adage latin, « de te fabula narratur », à savoir que la fascisation de la politique française (et italienne) présage la mise en place de régimes autoritaires pour tous dans toute l’Europe…
Toutefois, et il ne faut voir là aucune excuse, si le gouvernement français agit ainsi, après avoir convoqué une réunion avec les ministres roumains de l’Intérieur et des Affaires étrangères, c’est que quelque chose ne marche pas dans l’usage des sommes importantes données au gouvernement roumain pour l’intégration des Tsiganes. « La Roumanie, selon le très sérieux journal économique français Les Echos[4], reçoit 4 milliards d’euros par an pour l’intégration des Tsiganes, dont seulement 80 millions sont dépensés, soit 0,4 %. » Des questions se posent. D’une part, pourquoi ne pas utiliser l’ensemble de l’argent mis à disposition du pays, et d’autre part, où sont les projets d’intégration entrepris avec ces 0,4 % ? A regarder le pays de près, il semble que rien ou quasiment rien ne soit fait dans le sens d’une véritable politique d’intégration, serait-elle parfois quelque peu autoritaire. On trouve des groupes de Tsiganes extrêmement riches, il suffit de voir les cadeaux de mariage qu’ils offrent aux jeunes couples par exemple, les voitures de luxe qu’ils possèdent ou les palais surréalistes[5] qu’ils se font construire aux marges des villes roumaines. Mais à côté, sans que ces riches en aient le souci, on trouve des groupes d’une extrême pauvreté qui, en terme de sous-alimentation, d’hygiène et d’éducation, ne sont pas loin de vivre comme dans les pires pays du tiers-monde ! En bref, que la question de l’intégration des Tsiganes soit très complexe, je n’en doute point. Car, entre les riches qui se servent de lois antiracistes promulguées par l’UE afin de pas respecter les lois du pays dans lequel ils vivent, criant au racisme dès lors qu’on leur interdit quelque chose qui est interdit à tous les citoyens, et les pauvres qui aspirent certainement à un mieux-être, mais qui, comme tous les pauvres survivent par la mendicité, le larcin et la fourberie, et qu’il faut impérativement éduquer, le gouffre est énorme et exige sûrement des efforts importants dans la durée. Une telle démarche semble impossible en Roumanie car la classe politique est pour l’essentiel corrompue et la plupart des intellectuels publics aussi (cf. le dernier article d’Alina Mungiu in România liberà.ro : Vând opinie publicàNegociabil, 2 sept. 2010). En effet, il faudrait que des voix de poids viennent de l’intelligentsia en vue de rappeler à l’ordre tant le pouvoir exécutif, que les pouvoirs législatifs et judiciaires. Pour eux, quand il s’agit d’anticommunisme d’opérette, c’est à qui hurlera le plus fort. Mais quand il s’agit d’un cas socio-culturel grave et important leur silence est assourdissant ? Malheureusement, il n’y a pas de Gaspar Miklos Tamas en Roumanie, il y a en revanche une bonne quantité de publicistes « délicats », voire élégants dans la forme  qui disent avec élégance de tristes banalités ; en revanche, il y a très peu de polémistes lucides, érudits et capables de sortir des jeux locaux.[6] En bref, demain n’est sûrement pas la veille de la mise en œuvre des solutions pour tenter de trouver des solutions aux problèmes de l’intégration des Tsiganes en Roumanie (et en Bulgarie). Ces deux pays préfèrent les laisser partir mendier, pour vivre indignement dans des camps de fortune, au lieu de faire l’effort nécessaire afin de promouvoir un véritable programme socio-éducatif d’intégration. Ce n’est guère nouveau en Roumanie, le président ayant trouvé parfaitement normal l’émigration des médecins et des meilleurs diplômés vers les pays riches de l’UE, pourquoi ne pas aussi éliminer les plus pauvres ? Régner sur un peuple paupérisé, misérable, mal nourri, et passif, encourager les meilleurs à quitter en masse le pays semble être l’action socio-politique de la classe politique roumaine pour laquelle diriger se résume à s’enrichir personnellement.
Ces considérations n’exonèrent en rien les affreuses méthodes françaises dont on sait par ailleurs qu’elles sont totalement inefficaces, les expulsés pouvant fort bien revenir dans quelques mois puisqu’il n’est pas écrit sur leur passeport qu’ils ont été renvoyés dans leur pays d’origine avec un petit pécule de 300 euros. Mais ce qui est peut-être plus troublant pour moi, citoyen français, c’est l’attitude de la gauche, voire de l’extrême gauche française. Laissons le Parti socialiste à ses basses manœuvres électoralistes, sa démagogie est l’image même de sa dérive idéologique vers le nouveau libéralisme économique. Certains maires PS, sachant que nombre de leurs concitoyens ne supportent plus la présence des Tsiganes mendiants dans les rues et sur le parvis des églises et des places, ou la multiplication des musiciens plus ou moins talentueux présents dans les wagons du métropolitain, du RER et des trains franciliens, n’hésitent pas à soutenir les méthodes sarkozyiennes d’expulsion, espérant gagner les voix des électeurs sarkozistes ou lepénistes. Rien d’étonnant chez les socio-traîtres. Mais bien plus inquiétante, et signe d’une mentalité critique à la dérive, est la position de l’extrême gauche qui, hormis une attitude philanthropique et antiraciste velléitaire, ne recherche aucune explication des causes de la pauvreté qui mène tant de gens à quitter un pays pour aller vivre ailleurs, là où ils ne sont plus chez eux en raison de la langue, du style de la vie relationnelle, en bref de la culture. Car remarquons en passant que les Manouches français ou les Gitans andalous ne veulent rien savoir de ces Tsiganes venus de l’Est. L’extrême gauche ne se pose même pas la question quant à l’origine de cette pauvreté insigne, présente depuis la fin du régime communiste en Europe de l’Est. Elle agit au travers d’ONG dont les actions caritatives, pour nécessaire qu’elles soient dans l’urgence, masquent l’essentiel des questions de fond.
La première : pourquoi les gouvernements de l’ex-Europe communiste ne font-ils rien pour intégrer les Tsiganes alors que l’UE n’est pas avare de soutiens financiers ? Pourquoi les richissimes Tsiganes n’organisent-ils pas des sociétés d’entraide sur place pour les plus démunis des leurs, car, à leur manière, ils reproduisent la généralité des rapports de classe de notre capitalisme tardif ? La seconde : pourquoi les groupes d’extrêmes gauches français n’expliquent-ils pas à leurs militants et sympathisants ces impasses et la manière dont vingt ans de postcommunisme ont engendré un bien plus grande misère chez une majorité de Tsiganes que durant la période communiste qui a connu un temps un début de promotion sociale ? Car ce qui ressort de cette indignation réduite à de la simple charité et à des vociférations antiracistes de manifestations sans effets[7], c’est l’oubli de l’essentiel, à savoir que la paupérisation absolue de groupes sociaux entiers (et il est symptomatique que ces ONG de gauche et d’extrême gauche ne parlent jamais des Roumains ou des Bulgares non tsiganes très pauvres, et il y en a à Paris !) est inversement proportionnelle à l’enrichissement massif d’une infime minorité. Mais parler de cette dynamique impliquerait, par exemple, le maintien dans les programmes des partis d’extrême gauche de la lutte de classe comme thème central, et du rôle décisif du pillage de la propriété publique des ex-pays de l’Est, de la Grande Braderie qui s’y est produite et s’y produit toujours dans la formation de ces groupes de pouilleux misérables. Or l’expression « lutte de classe » et ce qu’elle implique comme agir ont disparu des programmes de ces partis, au point que je me demande toujours ce qu’il y a de véritablement anticapitaliste chez le Nouveau Parti anticapitaliste de Besancenot, qui a purement et simplement gommé cette expression de ses buts. Le Parti communiste français, quant à lui, a éliminé depuis belle lurette toutes références à la lutte de classe et n’est plus présentement que le parti des petits fonctionnaires en voie de paupérisation. Quant aux Verts ils représentent la fraction des nouvelles upper middle class (les bobos des grandes villes) qui rêvent d’une consommation plus écologique, de nourritures plus « bio » (et très chères), sans jamais perdre de vue les avantages essentiels qu’apporte la société de consommation de masse… On le constate, en France comme en Italie, plongées dans une crise économique dont personne ne peut prédire la fin, les Tsiganes sont bien plus un prétexte démagogique de combat dans le champ de la politique intérieure qu’un sujet d’étude et d’action avec ses antinomies, lequel exige des élucidations complexes et des pratiques pouvant se révéler contradictoires. Enfin et non des moindres, il faut souligner le peu de place qui est faite à la parole des intéressés. Certes, ils ne parlent pas ou très mal le français, mais à Paris rien de plus facile que de trouver un interprète de qualité (j’en connais au moins trois sinon plus !).
Plus encore, l’expulsion des Tsiganes de France révèle, malgré les convocations à Bruxelles, le peu de pouvoir de l’UE dès lors qu’il ne s’agit pas de bénéfices économiques et des instruments législatifs et/ou idéologiques pour les imposer au profit des pays riches de l’UE. La France se moque d’une condamnation de l’UE dans le cas des Tsiganes, comme elle se moque pareillement des remontrances qui lui sont faites pour l’inhumanité de son système carcéral… Il semble bien que le « pays des droits de l’homme » soit devenu, ce que l’on savait de longue date, le pays des non-droits de l’homme, et que la générosité ou le simple droit ne vaut que lorsqu’il apporte des avantages économiques (importation de travailleurs compétents à bon marché ou intégration au marché des gens de couleurs) ou politiques (faire pression sur tel ou tel pays en accueillant ses émigrés)…
Tout cela ne présage que les « Hauteurs béantes » pour parler comme Zinoviev…

Claude Karnoouh
Paris, 6 septembre 2010



[1] J’écris et je dis Tsigane parce que je me refuse aux diktats du vocabulaire politiquement correct, un sourd est un sourd et non un malentendant, un aveugle est un aveugle et non un malvoyant, un voyouterie est une voyouterie et non un « acte d’incivilité », etc., etc. De plus ne soyons pas plus papiste que le Pape, dès lors que le « roi » des Tsiganes roumains, Florin Cuiabá, a fait savoir que le terme Rom lui déplaisait profondément et qu’il était Tsigane, un point c’est tout, depuis des centaines d’années (cf. Adevàrul, dimanche 22 août 2010). En effet, tous seraient alors des Roms, mais alors quid du Gitan d’Andalousie et du flamenco, du Gypsy anglo-saxon, du Zigeuner germanique, du ЦЫГАН russe, du Zingaro italien, du Manouche, devenu jazzman après Django Reinhardt, et aussi de ceux qualifiés par de vieux mots français, encore usités dans ma jeunesse rurale, comme Romanichels ou Bohémiens.
[2] Cela me rappelle les lois allemandes du IIIe Reich sur la notion de culpabilité collective, le Sippenhaftgesetz, cette loi nationale-socialiste qui rendait la parenté coresponsable des actes de leurs fils et qui punissait de déportation leurs familles.
[3] Adevàrul, dimanche 22 août 2010 : « Hoţii trebuie pedepsiţi indiferent că sunt romi, români, fracezi sau italieni ». Position parfaitement moderne définissant l’État de droit.
[4] Les Echos, Paris, 1er septembre 2010.
[5] La seule réalisation architecturale intéressante du postcommunisme, entre Dallas et Disneyland, entre les Palais indiens et les pseudos cher aux riches américains des années 1930. Voir le palais dans lequel Orson Welles fait finir la vie de Charles Foster Kane, Xanadu, dansCitizen Kane, 1940.
[6] Pour ce qui de la lucidité voir Ciprian Mihali, « Care drepturi ale omului, ei tigani », inCritic Attac, 26 août 2010, et surtout, celui de Vasile Sebastian Dâncu, « România care nu stie sà spunà NU », in Cultura, 25 août 2010.
[7] La manifestation de samedi 4 septembre 2010 à Paris a rassemblé 80.000 personnes ce qui n’est vraiment pas grand chose, par rapport au CPE par exemple. La France profonde, celle des collabos de tout acabit, cette France infâme, sordide, approuve la politique du chef de l’État.