vineri, 17 noiembrie 2023

UKRAINE : POURQUOI LA GUERRE ? Article rédigé par Emmanuel HUYGHUES – DESPOINTES, membre de Geopragma.

UKRAINE : POURQUOI LA GUERRE ?

Article rédigé par Emmanuel HUYGHUES – DESPOINTES, membre de Geopragma.

Introduction

Tout d’abord, il est important de noter que cet article sur ce conflit sera rédigé sous le quadruple prisme géopolitique :

1)            L’Est de l’Europe a une histoire beaucoup plus chaotique que celle de l’Ouest, où les nations apparaissent dès le 15ème siècle, dans des frontières à peu près stables : en effet, les premiers états modernes (Portugal, Espagne, France, Angleterre) se constituent à ce moment, suivis de l’Allemagne et l’Italie au 19ème siècle, tandis que l’Europe orientale connaîtra de constants bouleversements entre les 13ème et 20ème siècles avec la disparition de très grands états (Pologne-Lituanie et Autriche-Hongrie) et de grands bouleversements de frontières ;

2)            La permanente oscillation de l’Ukraine entre l’Est- et l’Ouest, entre sa partie occidentale de religion catholique et de culture polonaise et sa partie orientale, de religion orthodoxe et de culture russe ;

3)            Le conflit entre les puissances maritimes (thalassocraties) et les puissances continentales défini par Thucydide dans son Histoire de la Guerre du Péloponnèse. Ce prisme est également celui pris par le géopolitologue anglais McKinder au 19ème siècle même si, a priori, cela peut paraître étranger à ce conflit.

4)          La mise en route d’un engrenage fatal, toujours décrite par Thucydide, qui échappe peu à peu au contrôle d’Athènes et de Sparte, les protagonistes de cette guerre. Cependant, la recherche de la causalité de ce conflit n’implique pas d’en déterminer la responsabilité.

I)             QU’EST-CE QUE L’UKRAINE ?

1)            L’Ukraine est au carrefour de deux civilisations, l’Occident catholique et l’Orient orthodoxe. Tout d’abord, son nom, Kraï (КРАЙ) en russe signifie, bord, extrémité, région et qui résume très bien cette situation géopolitique.

Pour comprendre la mise en place de ce carrefour, il faut remonter au partage de Théodose, en 395 après JC, qui sépare l’Empire Romain en deux parties, à l’ouest le monde latin, à l’est le monde grec.

L’Ukraine est donc à la jonction :

  • du monde romain jusqu’en 496 (fin de l’Empire d’Occident), puis romain germanique à partir de 800, date du couronnement de Charlemagne, ensuite polonais, dans tous les cas catholique ;
  • du monde grec d’abord, puis grec orthodoxe, puis russe orthodoxe, d’autre part. Cette partie orientale de l’Europe est dite du Filioque

La carte de ce partage permet de bien visualiser cette séparation.

En 800, Charlemagne est couronné Empereur d’Occident par le pape et son empire se constitue comme le montre la carte ci-dessous.

Quand nous regardons cette carte, nous constatons 2 choses :

① La frontière de 395 entre les mondes Latin et Orthodoxe est respectée quand on la projette vers le nord, jusqu’au 55ème parallèle: les Pays Baltes, situés à l’est de cet axe, ne seront conquis et Christianisés par les Chevaliers Teutoniques qu’à partir du 12ème siècle ;

② Les frontières de la Pologne, au moment baptême du prince Mieszko et de son peuple, en 966 sont à peu près celles fixées lors des conférences de Téhéran et de Yalta (1944/45) : l’Histoire se répète souvent ! Les polonais et tchèques sont les deux peuples slaves adeptes du catholicisme, donc de l’Eglise d’Occident :

II)           UKRAINE / RUSSIE : SŒURS JUMELLES OU MÈRE-FILLE ?

  1. L’Ukraine berceau de la Russie

L’Ukraine est devenue le berceau de la Russie Rus’ (РУСЬ) qui y a été convertie à l’orthodoxie par le baptême en 988, du Grand-Prince (Veliki Kniaz) Wladimir, qui épouse Anne Porphyrogénète (née dans la pourpre), sœur du Basileus de Byzance. Wladimir, surnommé Fornicator Maximus, doit renoncer à toutes ses concubines (plusieurs dizaines) pour épouser Anne, plus que réticente ! Ce mariage a une double conséquence :

–  La Rus’, qui correspond géographiquement à peu près à l’Ukraine actuelle, devient complétement orthodoxe ;

–  Toute l’histoire de la Rus’ pendant 3 siècles se passe dans ce qui est maintenant l’Ukraine.  Une très brillante civilisation s’y développe et celle-ci devient un phare de la culture orthodoxe, après la rupture de 1054 entre Rome et Constantinople. Entre le 10ème siècle t le 13ème siècle, l’Orient l’emporte sur l’Occident en Ukraine.

Quant à Moscou, cette ville est créée vers 1150 dans le nord de la Rus’ de Kiev et n’est qu’une petite bourgade.

2)            Prise de Kiev par les mongols en 1240

L’invasion mongole atteint l’Europe après la mort de Gengis Khan en 1227 et Kiev est prise en 1240 par Batu, son petit-fils.  La Rus’ de Kiev disparaît comme entité indépendante, ce qui implique une debellatio au sens romain du terme, c’est-à-dire l’anéantissement de toutes les structures étatiques et militaires, quand les prémisses des états d’Occident apparaissent :

–              la France avec Bouvines en 1214, qui rassemble tous les français du nord de la Loire, autour du roi Philippe Auguste, contre une invasion anglo-germano-flamande ;

–              l’Espagne avec Las Navas de Tolosa en 1212 qui rassemble plusieurs rois chrétiens contre une armée musulmane et qui marque le début de la Reconquista,

–              l’Angleterre avec la signature de la Grande Charte en 1215, qui marque le début du régime représentatif.

Cette conquête va provoquer une fracture Est / Ouest considérable ; un véritable Rideau de Fer, avant la lettre, est édifié, ce qui implique un retard considérable de l’Est de l’Europe, vis à vis de l’Ouest, notamment sur le plan institutionnel :

–              en Europe Occidentale les futures institutions démocratiques apparaissent : le Parlement en Angleterre, les Communes Libres en Italie, les Cortès en Espagne, les Etats-Généraux en France, les Landtag en Allemagne, etc., en vertu du principe posé par l’Eglise Catholique, du libre consentement du peuple à l’impôt ;

–              Tandis que toute la Rus’ de Kiev est soumise à l’arbitraire mongol, qui impose un tribut annuel. Aussi, chaque Grand-Prince doit chaque année se rendre à Karakorum, au centre de l’actuelle Mongolie, pour rendre hommage au Grand-Khan, le front à terre ! Le Grand-Khan arbitrait les conflits entre Grands-Princes russes.

Pendant un siècle, de 1240 à 1362, l’orient l’emporte sur l’occident en Ukraine.

En effet, un siècle plus tard, en 1362, profitant d’une querelle dynastique mongole, le Grand-Duc de Lituanie Olrieg, père du fondateur de la dynastie Jagellon, polono-lituanienne, ancêtre des Poniatowski, s’empare de Kiev et en fait une cité administrative pour son royaume. En Ukraine, l’Occident va alors dominer sur l’Orient à partir de cette date.

3)            Ascension de Moscou

3.1          À cause de l’éloignement de la capitale mongole, Karakorum, située en Mongolie, le Grand Khan charge le Grand-Prince de Moscou de réunir de tribut versé par ses collègues des autres villes, parce que cette ville était la plus orientée à l’est et donc, plus proche de Karakorum. Ainsi, ce Grand-Prince prélève chaque année le tribut de Kiev, Tver, Nijni-Novgorod, etc., pour le porter lui-même à Karakorum ; cet « apanage fiscal » renforce donc la puissance de cette ville.

3.2          Cette ascension continue quand le Grand-Prince de Moscou, Dimitri Donskoï, remporte une victoire décisive à Koulikovo, sur le cours supérieur du Don en septembre 1380. Dans l’histoire de la Russie, cette victoire peut être comparée à la libération d’Orléans par Jeanne d’Arc, parce qu’elle représente la fin du mythe de l’invincibilité mongole et la naissance du patriotisme russe.

3.3          Ivan III le Grand

Ce souverain est resté dans l’histoire de la Russie pour quatre faits marquants :

① Il déchire solennellement en 1480, devant son peuple, le traité de soumission de Moscou envers la Horde d’Or ;

 ② Il conquiert les principautés voisines appartenant à ses frères ou parentèles, qu’il assassine sans vergogne ;

③ Il conquiert la ville de Novgorod dont il déporte 70.000 habitants aux frontières orientales. Il inaugure ainsi la déportation, vieille tradition russe :

④Il donne le titre de Troisième Rome à Moscou après son mariage avec Sophie Paléologue, nièce du dernier empereur byzantin Constantin XI Paléologue, pour bien monter la supériorité de Moscou sur toutes les villes de Russie et engager la vocation messianique de la Russie.

3.4          Ivan le Terrible

Petit-fils d’Ivan III, Ivan se fait couronner Tsar de Toutes les Russies en 1547 et instaure un régime de terreur l’Opritchina, régime d’arbitraire absolu, qui le fait surnommer Grozny (le Redoutable) et dont Staline s’inspirera ; il fait preuve d’une grande énergie et conquiert Kazan en 1552, aux portes de l’Asie et Astrakan en 1556, sur la Mer Caspienne. Il pose les bases de la domination sur la Caucase et de la Sibérie, ce qui sera l’Empire Russe.

La Russie se substitue à l’Ukraine comme porteuse de la civilisation orthodoxe et ces deux pays deviennent l’une pour l’autre, à la fois mère, fille et sœurs jumelles !

III) MONTÉE   EN PUISSANCE DE LA RÉPUBLIQUE DES DEUX NATIONS (POLOGNE + LITUANIE)

1) 1385 L’union de Krewo

– La reine de Pologne Hedwige, catholique, et le grand-duc de Lituanie, païen, Ladislas II Jagellon par mariage créent une union personnelle des deux États sous l’autorité d’un seul roi, qui se convertit au catholicisme. La reine meurt en 1399 et Ladislas II Jagellon règne seul 48 ans, mais les deux royaumes restent deux entités séparées : en effet, la Pologne, de culture slave et catholique depuis la fin du 10ème siècle était très différente de la Lituanie, de culture balte, dont la langue n’était pas slave, christianisée entre les 12ème et 13ème siècle et encore très imprégnée de paganisme ;

– 15 juillet 1410, l’union est renforcée par la victoire de Grunwald où Ladislas II, à la tête d’une coalition Lituano-polono-tchèque, écrase les chevaliers teutoniques, qui ne se remettront jamais de cette défaite. Cette victoire sera abondamment utilisée pendant la Guerre Froide par URSS pour entretenir le sentiment antiallemand dans les pays de culture slave

2) 1569 création de la République des Deux Nations, par l’Union de Lublin 

– Cette union marque la fin du règne de Sigismond II Auguste, qui meurt en 1572, dernier roi de la dynastie Jagellonne. Une monarchie élective s’installe : le roi est désormais élu par la Diète, élue par la noblesse ; chaque noble, dispose d’un droit de veto (Liberum Veto) sur le choix du roi ce qui génère une paralysie politique qui sera fatale à l’indépendance de la Pologne. C’est à ce moment qu’apparaît l’adage Rex regnat sed ne gubernat (le roi règne mais ne gouverne pas), principe qui sera repris par toutes les monarchies occidentales en Europe à partir du 19ème siècle : en effet, le roi devait convoquer régulièrement le Sénat, composé des principaux dignitaires religieux et la Diète (Sejm) composée de nobles.

– En 1572, la liberté religieuse garantie entre catholiques, orthodoxes protestants et juifs par le roi Sigismond-Auguste ; cette liberté est symbolisée par cette phrase : « je ne suis pas le roi de vos consciences ». La Pologne est alors le plus grand état d’Europe avec un million de km2

– En 1595, est signée l’Union de Brest-Litovsk qui réunit une partie des Orthodoxes à Rome, tout en gardant le rite orthodoxe (région de Lviv, Lvov ou Lemberg) à l’ouest de l’Ukraine actuelle

Cette extension géographique, comme le montre la carte infra, l’Union de Brest-Litovsk et une grande tolérance religieuse font que les trois-quarts de l’Ukraine sont ainsi sous influence occidentale. L’Ouest l’emporte donc sur l’Est.

IV) DE PIERRE LE GRAND (1682 / 1725) À LA GRANDE CATHERINE (1762 / 1796), LA RUSSIE MONTE EN PUISSANCE AUX DÉPENS DE LA POLOGNE

La Russie connaît une expansion importante à partir du début du 18ème siècle, grâce à deux souverains exceptionnels : Pierre le Grand et la Grande Catherine

① Pierre Le Grand écrase Charles XII de Suède à la bataille de la Poltava (1709) et place la Russie comme une grande puissance européenne après la Grande Guerre du Nord (1700/21) ; la Suède perd le contrôle des Pays Baltes et la Russie devient une puissance maritime, par la construction de Saint Pétersbourg.

② La Grande Catherine, princesse allemande est issue d’une petite principauté, le Saxe-Anhalt; elle est mariée au tsar Pierre III, admirateur fanatique de la Prusse, mais dérangé mentalement; elle profite d’un brusque renversement d’alliances au profit de la Prusse, en 1762, au cours de la Guerre de Sept Ans et imposé par son mari pour organiser un coup d’état … et le remplacer! En effet, les chefs de l’armée avaient été indignés par le changement d’alliés par Pierre III.

Frédéric II espérait manipuler Catherine à son profit : il devra vite déchanter parce que Catherine se russifiera pour devenir « plus russe qu’un cosaque », selon ses dires.

Catherine, couronnée impératrice de Russie et convertit à l’orthodoxie, conquiert :

– la Nouvelle Russie, qui correspond à l’Ukraine du sud et la Crimée ;

– la Petite Russie, qui correspond aux deux-tiers de l’Ukraine actuelle ;

– la Biélorussie, incluse ans la Pologne au, cours de ses trois partages 1772, 1793, 1795

Pierre le Grand a posé les jalons de la Russie comme grande puissance tandis que la Grande Catherine l’impose comme acteur majeur au sein de l’Europe.

Odessa est fondée en 1794 ex nihilo comme ville nouvelle par l’impératrice russe Catherine II et …  le duc de Richelieu, assisté d’un architecte français, preuve de l’influence française importante en Russie à l’époque et de la volonté de Catherine de contrôler, à terme, les Détroits.

En conclusion, nous constatons que la Russie, est réunie de trois entités,

–              Une première, la Moscovie, augmentée de la Biélorussie à partir de Catherine II, qui s’est émancipée du Grand Khan, avec Dimitri Donskoï, Ivan le Grand et Ivan le Terrible, qui a conquis Kazan et Astrakan et tournée vers l’Asie Centrale et la Sibérie ;

–              une seconde, l’Ukraine, dite Petite Russie, extrêmement fertile, tournée en partie vers l’Occident et

–              une troisième, la Nouvelle Russie, tournée vers la Mer Noire, après l’élimination de la Pologne ;

Sans contestation possible, le vent d’Est l’emporte en Ukraine sur le vent d’Ouest !

Petite Russie (partie beige)

Nouvelle Russie (Moldavie + sud de l’Ukraine + Crimée)

V) À PARTIR DE 1917 : TRAGÉDIES

1)            Indépendance très provisoire

Entre janvier 1918 et octobre 1920, différents gouvernements soutenus par l’Allemagne, jusqu’en 1918, puis les Alliés, jusqu’en 1920, se succèdent ; les différentes factions qui se disputent le pouvoir provoquent de nombreux massacres mais, en 1920, les bolcheviks finissent par l’emporter.

2)            Mise en place de l’URSS à partir de 1922

Avant la Révolution, Lénine qualifiait la Russie de « prison des peuples » et voulait affaiblir la Russie en la divisant en républiques soviétiques, les plus grandes possibles ; celles-ci devaient correspondre aux différentes ethnies. Ensuite, il souhaitait que la Russie, transformée en un état nouveau, de type fédéral, puisse servir de réceptacle aux futurs états communistes d’Europe, principalement l’Allemagne et la Pologne.

–              13 républiques sont ainsi constituées, sous contrôle du PC ;

–              Mais, Staline, Commissaire du Peuple aux Nationalités, décide alors de mélanger les nationalités, au sein de chaque république, pour placer Moscou en position d’arbitre (diviser pour régner, règle universelle) : la crise actuelle du Haut-Karabagh, entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan en est un symbole important.

3)            situation de l’Ukraine à partir de 1922

Concernant l’Ukraine, il existe une contradiction fondamentale entre :

–              Les deux-tiers du pays, situés à l’est de Kiev, qui sont de culture russe, de religion orthodoxe, rattachés au Patriarcat de Moscou et depuis toujours et tournés vers Moscou ;

–              le dernier tiers du pays, largement à l’ouest de Kiev, qui est spécifiquement de culture ukrainienne : la langue ukrainienne, les Uniates catholiques de rite orthodoxe, la souveraineté polonaise, d’abord jusqu’en 1795, puis autrichienne, ensuite, jusqu’en 1918, puis, encore polonaise, jusqu’en 1939, y sont dominants. Bref, la culture occidentale y prévaut ;

–              alors que, la langue ukrainienne, considérée par beaucoup de russes, comme un simple dialecte russe, interdite à partir d’Alexandre III, est imposée dans l’enseignement obligatoire à partir de 1922.

4)            Holodomor (famine) 1932/34

Au début des années 30, Staline décide de rompre avec la NEP (Nouvelle Politique Economique) de Lénine qui rétablissait, en fait, le capitalisme sous un socialisme théorique. Pour cela, il procède à la collectivisation de terres dans un double but :

– affaiblir le sentiment national ukrainien en plaçant sa paysannerie, très largement majoritaire, sous contrôle absolu de l’état ;

– financer l’industrialisation l’URSS à marche forcée en exportant près de 3,3 millions de tonnes de céréales entre 1932 et 1933 auprès des pays occidentaux.

Le résultat fut absolument catastrophique : cette famine délibérée provoqua entre 2,5 M et 9M de morts en Ukraine, Russie et Kazakhstan, selon les différentes estimations d’historiens. Cette famine sera l’un des éléments de la naissance du sentiment national ukrainien.

5)            Seconde Guerre Mondiale (1941/45)

–              Le 21 juin 1941, quand débute l’opération Barbarossa, les allemands sont bien accueillis par la population : les films de propagande nazie montrent des paysannes en costume traditionnel accueillant la Wehrmacht avec des icônes et des fleurs ; le lieutenant von Kagenek écrit dans ses Mémoires Lieutenant de Panzers, que les Ukrainiens les voyaient comme des libérateurs et on comprend pourquoi ! Quand Kiev est prise le 19 septembre 1941, les populations urbaines réagissent à l’identique et pourchassent les dirigeants du Parti Communiste ainsi que les Juifs en leur reprochant d’être bolcheviks !

–              Stepan Bendera (1909/1959), chef historique du nationalisme ukrainien, tente de créer un gouvernement ukrainien ; son idéologie est à la fois anti-polonaise, anti russe et antisémite, ce qui provoque des massacres de civils polonais vivant en Galicie (70.000 morts) et de juifs au cours de l’été 1941 : c’est la Shoah par balles qui fait 1,5M dans les Pays Baltes, en Biélorussie, en Ukraine et en Russie. Ces massacres sont perpétrés par une partie des nationalistes ukrainiens, dont des partisans de Bandera.

Cependant, les allemands étaient animés autant par un racisme anti-slave qu’anti sémite et Bendera est interné tandis que ses deux frères sont déportés et assassinés à Auschwitz en 1942.

En 1944, les allemands décident la création d’une armée ukrainienne anti soviétique, la division SS Galicie pour pallier à leur manque d’effectifs.  Bendera est mis à sa tête, sans empêcher la défaite allemande ; Bendera se réfugie en 1945 à Munich où il sera assassiné par le KGB en 1959.            

La répression raciste des nazis contre les slaves, considérés comme des sous-hommes, provoquent un retournement d’une partie de l’opinion ukrainienne ; une guérilla antiallemande efficace organisée par les communistes, unis avec des nationalistes ukrainiens, se met en place : la protection d’une voie ferrée demande alors les effectifs d’une division !

6)            Après 1945

Une guérilla antirusse se poursuit en Ukraine ainsi que dans les Pays Baltes jusqu’au début des années 50. Après la mort de Staline, les ukrainiens sont promus à la tête du PC d’Union Soviétique et trois Secrétaire Généraux du Parti seront d’origine ukrainienne (Khrouchtchev, Brejnev, Tchernenko).

En 1954, Khrouchtchev, d’origine ukrainienne, décide le rattachement de la Crimée à l’Ukraine pour satisfaire les communistes ukrainiens, ce qui rencontre une forte hostilité chez ses habitants, majoritairement d’origine russe. En effet :

① La Crimée est devenue russe sous Catherine II, ce qui a donné à la Russie une possibilité d’action vers les Mers Chaudes;

② Le souvenir de la bataille de Sébastopol au cours de l’été 42 reste très vif dans l’opinion parce qu’elle a retardé la bataille de Stalingrad, ce qui a provoqué la défaite allemande.

Depuis 1945, jusqu’en 1989, les églises chrétiennes, uniates, c’est-à-dire rattachée à Rome et orthodoxes, rattachée au Patriarcat de Moscou, subissent une persécution continue, ce qui contribue à la naissance d’un sentiment national ukrainien, notamment à l’ouest de l’Ukraine.

VI)          1991 : FIN DE L’URSS : QUELLE ÉMANCIPATION ?

  1.  Au début, relative lucidité des États-Unis et maintien de l’équilibre entre l’Ouest et l’Est

Au cours de l’été 91, avant le putsch anti-Gorbatchev, le président Bush sr. (1989/93) se rend en Ukraine et dans un discours devant le Soviet Suprême à Kiev, il plaide pour le maintien de l’Ukraine dans l’URSS, lui, ex-Directeur de la CIA ! En effet, Bush avait anticipé le grave déséquilibre géopolitique que poserait le démembrement, en cours de l’URSS, qu’il tente d’arrêter.

L’avenir devait lui donner largement raison, hélas !!

Après l’échec du putsch anti-Gorbatchev, en août 91, la situation échappe à tout contrôle et Eltsine, nouvellement élu à la présidence de la Fédération de Russie, propose à ses collègues des autres républiques soviétiques de « liquider » la direction centrale de Moscou pour que chacun d’entre eux puisse être maître chez lui : c’est la fin de l’URSS !

Dans un premier temps, les présidents Leonid Kravtchouk (1991/94) dernier président du Præsidium du Soviet suprême de la RSS d’Ukraine puis président de la Rada (parlement) puis Leonid Koutchma (1994/2005) maintiennent un équilibre entre la Russie et l’OTAN et le russe reste langue officielle, à égalité avec l’ukrainien.

  • Révolution Orange 2004/05

Le second tour de l’élection présidentielle, le 21 novembre 2004, a en effet été marqué par une fraude généralisée, constatée par les observateurs de l’OCDE. Deux candidats s’affrontent, Viktor Yanukovitch, pro-russe Viktor Iouchtchenko, pro-ukrainien ; ce dernier utilise comme argument électoral les cicatrices qu’une tentative d’empoisonnement a laissé sur son visage, hélas symbole de la violence des mœurs politiques.

Dans un premier temps, Yanukovitch est proclamé vainqueur, mais, à la suite de manifestations monstre de protestations, la Cour Suprême ukrainienne annule les résultats, un nouveau second tour est organisé et Iouchtchenko l’emporte. Mais, Yanukovitch refuse de reconnaître a défaite.  Des organisations occidentales, telles le Konrad Adenauer Institut, proche de la CDU allemande, l’Open Society Institute de George Soros, ont largement contribué à cette inversion de résultats pour l’élection présidentielle de 2004. C’est la Révolution Orange.

Cependant, en 2006, les soubresauts politiques donnent la majorité des voix aux élections législatives au parti de son ancien rival Yanukovitch et conduisent le président Iouchtchenko à le nommer Premier ministre.

Dans la continuité de cette tendance, Yanukovitch remporte l’élection présidentielle de 2010, sans contestation des résultats.  Yanukovitch prend alors sa revanche : il signe les accords de Kharkov avec son allié russe et refuse l’accord d’association avec l’UE : compte tenu de l’obligation ‘’des mises aux normes de l’UE’’, les pro-russes proclament que cela signifie la fin de l’industrie ukrainienne, très largement encore aux normes environnementales soviétiques et considérées comme totalement polluante et obsolètes.

  • EUROMAÏDAN (déc.13 / fév.14)

Le refus de Yanukovitch de signer les accords prévus avec l’UE provoque des manifestations très importantes allant jusqu’à 500.000 personnes sur la principale place de Kiev, comparable à la Place de la Concorde à Paris : la presse et des ONG occidentales sont très présentes et encadrent les manifestants. Les manifestations tournent à l’émeute et 80 victimes sont à déplorer ; le 21 février 2014, le président Yanukovitch est destitué par la Rada et s’enfuit en Russie.

Le président Petro Porochenko, pro-occidental, est élu (2014-2019)   et doit affronter deux crises majeures :

① Perte de la Crimée

Le 22 février, le président Poutine qualifie le nouveau gouvernement d’illégitime. À la suite de cette déclaration, le 28 les troupes russes pénètrent en Crimée ; le 16 mars un référendum organisé par le gouvernement de Moscou vote le rattachement de la Crimée à la Russie, qui est entériné le 28 mars.

Certes, les observateurs de l’OSCE étaient absents pour valider le referendum, mais des journalistes ou parlementaires occidentaux étaient présents et ont tous confirmé que le scrutin s’est déroulé normalement et sans fraude. Un fait semble donc s’imposer : la majorité des habitants de la Crimée est plutôt favorable aux russes !

② Guerre du Donbass (14.000 morts)

Quatre chefs d’états européens se rencontrent à Minsk : Angela Merkel pour l’Allemagne, François Hollande pour la France, Alexandre Loukachenko pour la Biélorussie et Vladimir Poutine pour la Russie.

Cette rencontre aboutit aux deux accords de Minsk (2014/15), qui prévoient le retrait des troupes russes et ukrainiennes du Donbass en échange de la mise en place d’une autonomie substantielle pour cette région, dont la population est largement russophone et même russophile.

Malheureusement, les troupes ne s’en vont pas, les affrontements continuent entre russes et ukrainiens et une guerre civile ouverte se déclenche qui, en dix ans fera 14.000 morts.

  • Election de Volodymir Zelenski (2019)

L’élection de 2019 se déroule pendant la guerre civile du Donbass et dans un contexte de corruption généralisée qui atteint l’Ukraine comme tous les pays de l’ex-Union Soviétique. Un acteur et humoriste très célèbre de la télévision est candidat et facilement élu face à Porochenko.

  • Maintien de la césure Est / Ouest

Il est à noter que depuis l’indépendance en 1991, à chaque élection, une césure géographique électorale Est-Ouest très marquée divise l’Ukraine entre une partie occidentale qui vote en majorité pour des candidats pro-Union Européenne et pro-OTAN et une partie orientale pro-russe, qui vote en sens inverse.

VII) VERS LA GUERRE (1989 / 2022)

  1. Malentendu Baker / Gorbatchev de 1989

①En novembre 1989 le Secrétaire d’Etat James Baker donne à Gorbatchev la promesse orale que l’OTAN ne sera pas étendue à l’est du défunt Rideau de Fer. Mais, quand James Baker fait cette promesse, purement orale, LES DEUX PARTIES se doutent qu’elle sera inapplicable compte tenu du besoin de sécurité des pays (Pologne, Pays Baltes) qui ont été sous contrôle soviétique – et quel contrôle (déportations de masse, exécutions sommaires) ! – pendant des décennies.

Dès 1990, quand l’Allemagne se réunifie, se pose le problème de l’ex-RDA ; Shévarnadzé, ministre Affaires Etrangères de l’URSS, propose la double adhésion de l’Allemagne réunifiée à l’OTAN et au Pacte de Varsovie, ce qui aurait gelé les deux alliances, en les rendant réciproquement inapplicables. Refus États-Unis. Aussi, la RDA se retire du Pacte de Varsovie, le 30 septembre 1990, juste avant la réunification du 3 octobre suivant. L’Allemagne réunifiée devient ainsi membre de l’OTAN.

Cette première extension de l’OTAN à l’Est change le rapport de forces en Europe au profit des États-Unis.

Puis, toujours en contradiction avec la promesse de novembre 1989, la Pologne adhère à l’OTAN en 1999. En 2004, au sommet de l’OTAN, l’extension de l’alliance atlantique, est décidée en faveur, des Pays Baltes (Lituanie, Lettonie, Estonie), anciennes républiques, membres de l’Union Soviétique.

On peut considérer qu’il s’agit là d’une erreur partagée entre les États-Unis et la Russie qui se sont aveuglés mutuellement devant la précipitation des événements qui ont totalement bouleversé la géopolitique mondiale en quelques semaines : Chute du Mur, effondrement du communisme en Europe de l’Est, premiers signes de la dislocation de l’URSS. Ce processus d’engrenage fatal, qui échappe aux protagonistes, est parfaitement décrit par Thucydide dans son Histoire de la Guerre du Péloponnèse.

②En 2008, au sommet de l’OTAN à Bucarest s’ouvre la possibilité de l’Ukraine à rentrer dans l’OTAN, ce qui provoque de fortes protestations de Poutine mais aussi le double veto de Sarkozy et de Merkel

2) Dès 2014, après l’annexion de la Crimée par Poutine, accumulation des facteurs de guerre :

① Sitôt élu, Zelenski commet plusieurs erreurs majeures:

  •  Imposer l’usage de l’ukrainien comme seule langue officielle, jusque-là pratiqué seulement dans l’ouest de l’Ukraine, mais complètement inconnu dans l’est de l’Ukraine, où seul le russe était parlé : c’est comme si le provençal, le corse, ou le breton, devenait seule langue officielle en France ! ;
  • Refus, partagé avec la Russie, d’appliquer sérieusement les Accords de Minsk et maintien d’une guerre larvée qui fera 14.000 morts entre 2015 et 2022 ;
  • Déposer la candidature officielle de l’Ukraine à l’UE, ce qui implique la quasi-disparition de l’industrie ukrainienne, totalement obsolète selon les normes UE ; l’Allemagne a besoin de main d’œuvre ukrainienne, pas de son industrie. Or, cette industrie (charbon et acier) est entièrement située dans le Donbass, c’est-à-dire à l’est du pays, ce qui aurait provoqué un chômage de masse ;
  • Demander l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Or, depuis 2014, les anglo-saxons (États-Unis, le Canada et la Grande-Bretagne) entraînent l’armée ukrainienne, avec les normes de combat et le matériel de l’OTAN. Cette demande est totalement inacceptable pour la Russie. En effet, cela revient à arracher à la culture russe le cœur de son histoire. Comme l’a dit l’ancien ambassadeur de France à Moscou, Jean de Glinasty : « si l’Ukraine n’est pas rentrée dans l’OTAN, c’est l’OTAN qui est rentrée en Ukraine ! »

② Contexte et fonctionnement de Poutine:

  • Les soviétiques ou les russes, fonctionnent exactement comme George Kennan éminent diplomate américain, qui fut en poste à Moscou, l’a écrit dans son fameux long télégramme en 1947, repris dans un article de la revue Foreign Affairs en juin 1947. Il y écrit que le pouvoir soviétique est « insensible à la logique de la raison, et très sensible à la logique de la force. Pour cette raison, il peut facilement se retirer – et le fait généralement lorsqu’une forte résistance est rencontrée à tout moment ».
  • Pour expliquer les racines de ce comportement, Kennan cite le livre du marquis de Custine, publié en 1843 et tombé dans l’oubli depuis, La Russie en 1839. Selon Custine, la cause principale de cet éloignement de la culture occidentale réside dans l’occupation mongole, qui a duré plus d’un siècle et demi en Russie, entre 1240 et 1380, voire plus pour la Russie méridionale et la région de Kazan, tandis qu’Attila n’est resté que moins de deux ans en Gaule.
  • De plus, Poutine, fils d’un couple d’ouvriers, a perdu deux frères aînés, morts de faim pendant le siège de Leningrad (1941/44), a été baptisé clandestinement par sa mère à l’âge de 6 ans, a failli être emprisonné comme voyou et sauvé par un professeur qui l’a mis au judo. Il est entré au KGB en 1975, à l’apogée du système soviétique, quand l’URSS était partout respectée. Il a très mal vécu l’effondrement du communisme et de la puissance soviétique et reste sceptique sur le fonctionnement de la démocratie à l’occidentale en Russie. Poutine, par son histoire personnelle, est donc très culturellement éloigné des chefs d’état occidentaux.
  • Bref, le rapport de forces doit être dominant dans les rapports de l’Occident avec la Russie.

3) Avertissement à l’Occident

                 Dès son arrivée au pouvoir comme Premier ministre, Poutine, fort de sa formation et de son expérience de tchékiste, se bâtit une légitimité dans une série de guerres qu’il gagne, sans se soucier des pertes humaines :

–              Tchétchénie en 1999 : Poutine prend sa revanche sur celle perdue de 1996 et qui avait écarté la domination russe du Caucase ; la souveraineté de Moscou y est rétablie très brutalement (200.000 morts), ce qui donne une forte popularité à Poutine, d’autant plus que les tchétchènes sont détestés par l’opinion publique ;

–              Géorgie en 2008 : Poutine occupe militairement au cours d’une guerre-éclair, deux régions du sud du Caucase, sous souveraineté géorgienne, (Abkhazie et Ossétie du Sud), mais hostiles à la Géorgie ; il utilise le même argument que l’OTAN qui avait arraché le Kosovo à la Serbie en 1999 ;

–              Syrie en 2011 : Poutine est le seul chef d’état à soutenir militairement l’abominable régime d’Assad en Syrie en lui permettant d’écraser la rébellion née avec le Printemps Arabe (2011) ; il montre que la Russie reste fidèle à ses alliances, combat l’islamisme et replace la Russie comme acteur majeur au Proche-Orient ;

–              Crimée en 2014 : avant de signer les accords de Minsk (septembre 2014), des troupes russes occupent militairement la Crimée au mois de mars et un nouveau pouvoir y est mis en place ; celui-ci y organise un referendum, certes contesté par l’Occident, mais qui reflète l’opinion majoritaire des habitants ; l’annexion qui en découle porte Poutine au sommet de sa popularité en Russie ;

–              Donbass, depuis 2014 : la violation des Accords de Minsk, par les deux parties, provoque une guerre civile larvée et la mort de 14.000 personnes

4) Eléments déclencheurs :

  • Poutine reçoit le soutien de son opinion, indignée par les humiliations subies par la Russie depuis 1991 : des « experts » des Big Five (Ernst & Young, Accenture, McKinsey, etc.)  sont présents dans tous les ministères pour dicter la politique économique alors que la mendicité est omniprésente à Moscou et toutes les grandes villes de Russie, pour la première fois depuis la Guerre Civile (1918/22) ;
  • La débâcle américaine à Kaboul en 2021, où la télévision montre des gros porteurs de l’US Air Force partir en catastrophe, avec des afghans s’accrochant aux roues des avions, rappelle celle du Vietnam en 1975 et détruit le prestige des États-Unis dans l’opinion publique russe ;
  • L’enlisement de la France en Afrique depuis 2012, où les succès tactiques réels de l’opération Barkhane sont effacés par l’absence de solution politique, empêchée par des gouvernements africains parfaitement incompétents.

Aussi, en octobre 2021, Poutine adresse un quasi-ultimatum à l’OTAN, quand il exige le retrait de l’Alliance Atlantique des Pays Baltes et de la Pologne de l’OTAN. Poutine sait parfaitement que cette exigence est impossible à satisfaire quand on connaît les conditions épouvantables de l’occupation soviétique en 1939/40 (déportations massives et exécutions sommaires de masse).

VII)        QUELLE PAIX EN UKRAINE ?

Avant d’envisager le rétablissement de la paix en Ukraine et pour analyser correctement cette guerre, nous devons savoir qu’en liaison avec ce conflit, trois guerres sont en cours, à étudier par ordre d’importance croissante

1)            Ukraine /Ukraine

Comme nous l’avons vu précédemment, schématiquement, l’Ukraine, essentiellement russe de culture, de religion et d’histoire reste néanmoins tiraillée vers deux directions

–              Pour les deux-tiers, situés à l’est de Kiev et orientés vers la Russie, dont elle est à la fois la mère et la sœur ;

–              Pour un tiers, situé et orienté vers l’ouest, parce que sa partie occidentale a été pendant plusieurs siècles sous contrôle polonais puis autrichien : la ville polonaise de Lemberg est devenue Lvov en URSS, puis Lviv en Ukraine ; les Uniates, catholiques de rite orthodoxe, sont concentrés dans cette région-là.

La guerre civile qui dure depuis 2014 et a provoqué 14.000 morts jusqu’en 2022 en est le résultat concret

2)            Russie / Ukraine

–              L’Holodomor (1931/34), avec ses millions de morts, même s’il n’est pas réduit à l’Ukraine, a contribué à la naissance d’un sentiment national ukrainien et d’une solide rancune récurrente antirusse ;

–              Après 1991, les réseaux d’énergie (gaz) sont orientés Est/Ouest (Russie /UE) et un conflit commercial et géopolitique nait entre la Russie et l’Ukraine (tarifs de transit ; détournement d’une partie du gaz par les ukrainiens) ;

–              Le refus ukrainien d’appliquer les Accords de Minsk (2015), notamment en imposant l’usage de l’ukrainien comme seule langue officielle, ce qui contredisait lesdits accords qui prévoyaient une autonomie substantielle pour les oblasts du Donbass et de Donets, où seul l’usage du russe était pratiqué ; ce refus maintien la guerre civile dans ces régions ;

–              L’adhésion, de fait à L’OTAN à partir de 2008 : par l’aide militaire apportée par les Anglo-saxons et les polonais, l’Ukraine sort de l’orbite russe et repasse dans l’orbite occidentale, conformément à une récurrence géopolitique qui dure depuis le 10ème siècle.

Imaginons la réaction de l’Angleterre si l’Irlande ou l’Ecosse, après sécession, adhérait à une alliance ouvertement anti-anglaise !

–              Enfin, l’attaque de 2022 et la guerre qui dure depuis plus d’un an et demi, les massacres délibérés de civils par l’armée russe et la mobilisation de tout un peuple, constituent un formidable creuset du sentiment national ukrainien

3)            États-Unis / Russie

–              En 2009, les États-Unis sont devenus la seule superpuissance mondiale avec la volonté de maintenir cette hégémonie. Aussi, pour la mettre en application, le Président Obama pose 3 axiomes :

① « Russie? Puissance régionale ! » En effet, selon Obama, le PIB russe est égal à 3% PIB occidental (États-Unis + Canada + UE + Japon + Corée), soit plus ou moins celui de l’Espagne ou des Pays-Bas ;

② L’avenir du monde est concentré dans le triangle San Francisco, Shanghai, New-Delhi (ou Singapour) et Obama se désintéresse du reste du monde. En effet, depuis 1945, toujours selon Obama, l’Europe est sortie de l’Histoire et depuis 1989, les États-Unis sont les seuls maîtres du monde ;

③ Priorité des États-Unis: LA CHINE! Pour cela, Maintenir une Europe disciplinée sous contrôle américain, et appliquer le théorème Brzezinski théorisé dans son livre Le Grand Echiquier : la Russie plus l’Ukraine constituent ensemble un Empire, qui a de l’influence en Europe et qui concurrence les États-Unis ; par contre, la Russie sans l’Ukraine entraîne la Russie rejetée vers l’Asie, sans influence en Europe, laquelle Europe devient soumise aux États-Unis.

En effet, la guerre actuelle en Ukraine constitue une partie du conflit général entre Thalassocraties Anglo-saxonnes (États-Unis, Canada et Grande-Bretagne) et puissances continentales (Allemagne, Russie).

Selon le géopolitologue McKinder, le grand danger qui menace ces Thalassocraties se trouve dans l’alliance entre la Russie et l’Allemagne, ce qui implique de mettre l’Ukraine en Russie, ce que veulent ABSOLUMENT éviter les États-Unis

Dans cet esprit, Wess Mitchell, Secrétaire d’Etat adjoint des États-Unis (2017/19) a déclaré : « Il est toujours d’un intérêt primordial pour les États-Unis, en matière de sécurité nationale, d’empêcher la domination de la masse terrestre eurasienne par des puissances hostiles … L’établissement d’un contrôle total sur l’Eurasie est déclaré comme la tâche la plus importante pour les États-Unis. Une revendication claire est faite en faveur d’une victoire de la civilisation maritime sur la civilisation continentale, centre et seul pilier qui soutient la Russie. (…)  Washington avance ouvertement la priorité des exigences les plus strictes de la géopolitique dans le sens le plus catastrophique (la mer doit inonder la terre) … Un défi est lancé à l’existence même de la Russie : elle ne peut mettre fin à sa domination dans sa propre zone géographique vitale qu’en se fragmentant en petits États fantoches (!) ».

Pour des raisons évidentes, la Russie ne peut prendre cette déclaration que comme une déclaration de guerre.

Or, Obama commet une triple erreur concernant la guerre d’influence entre Russie et les États-Unis :

–              ①« La Russie ? Une puissance régionale avec un PIB minuscule ! ». Cependant, le PIB russe est surtout composé de capacités de production industrielle, alors que les États-Unis sont plus orientés vers les services (financiers, juridiques, marketing, etc.) : ainsi, la production de machines-outils, est bien plus importante en Russie que dans le reste du monde. Les conséquences pratiques sont évidentes pour l’aide à l’Ukraine en armement, qui a vidé les stocks de l’OTAN, alors que la Russie dispose d’une production d’armements très importante, qu’elle utilise pour alimenter la guerre.

–              ②«La Russie ? Puissance régionale ! »  Il suffit de regarder une carte pour constater le gigantisme géographique du pays : la superficie de la Russie représente celle de la totalité de l’Amérique du Nord (États-Unis, Canada, Mexique) et un quart des terres émergées dans l’hémisphère nord ; la Russie a des frontières avec les États-Unis, le Japon, la Chine, l’Asie Centrale, la Scandinavie, la Pologne ; s’il s’agit d’une puissance régionale, de quelles régions s’agit-il ?

En géopolitique, il est stupide de réduire l’importance d’un pays uniquement à son PIB ou à sa géographie. Tout dépend des circonstances. Par exemple :

–              Le Chili, qui contrôle le passage de Drake entre le Pacifique et l’Atlantique et 80% de la production mondiale de cuivre. Ces deux paramètres constituent les deux principales causes du putsch de Pinochet en 1973. Le Passage du Nord-Ouest, maintenant disponible en été, reste très aléatoire, tandis que le canal de Panama reste très vulnérable à une attaque ;

–              Taïwan, qui contrôle toute la mer de Chine Méridionale, où passent le tiers du trafic maritime mondial et 50% des hydrocarbures : l’importance de ce commerce maritime est la principale cause du conflit Chine /États-Unis ;

–              Gibraltar, qui bloque le passage entre la Méditerranée et l’Atlantique : ce passage reste capital pour permettre à la marine américaine de peser sur la crise du Proche-Orient ;

–              ③ « La Russie ? Puissance régionale ! »  Obama oublie du Théorème de Nixon, posé en 1994, après avoir passé plusieurs semaines en Russie, à la demande de Clinton : la Russie est le SEUL pays qui peut détruire les États-Unis, avec plus de 6.000 têtes nucléaires. Par conséquent ce pays doit rester la priorité des États-Unis, même devant la montée en puissance de la Chine ;

–              dans cet esprit, Poutine, président d’une Russie, « puissance régionale », profite de l’élection présidentielle de 2016 pour se rappeler au bon souvenir d’Obama en intervenant dans le processus électoral de l’élection présidentielle américaine, notamment en lançant une cyber attaque massive pour divulguer les mails de la candidate démocrate, Hillary Clinton ce qui sera une des raisons de sa défaite.

En photo, nous voyons que la leçon moralisatrice d’Obama adressée à Poutine au G20, réuni en Chine en septembre 2016, laisse son interlocuteur russe parfaitement indifférent.

CONCLUSION

1° Les États-Unis sont les bénéficiaires de cette guerre, parce qu’ils réarment les membres de l’OTAN (le nouveau chasseur furtif F-35) et vendent leur gaz de schiste pour remplacer le gaz russe ;

2° La Chine, est parfaitement consciente qu’elle constitue la cible principale après la Russie et lui apporte donc un soutien très important. Cette alliance Russie / Chine est due à l’ennemi commun, États-Unis et fonctionne pour l’instant bien, malgré le contentieux potentiel entre ces deux pays qui est très profond.

En effet, la Chine n’a toujours pas reconnu l’annexion de tous les territoires à l’est du fleuve Amour en Sibérie Orientale ; de plus, Kissinger, toujours actif à l’âge de 100 ans, rappelle à qui veut l’entendre que les chinois méprisent les russes qui détestent les chinois… Le souvenir de Gengis Khan est toujours présent dans l’inconscient russe !

3° La Russie est la seule et dernière puissance qui peut barrer la route à la volonté américaine de contenir la Chine ;

4° En conséquence, toute paix en Ukraine doit donc d’abord résoudre le conflit Russie / États-Unis !

*

*         *

Pour cela, il est nécessaire de se remémorer l’article prémonitoire publié dans la Revue de la Défense Nationale en février 1955 par l’Amiral Castex, stratégiste bien connu, qui fait autorité chez les Anglo-saxons et intitulé : « Russie, rempart de l’Occident ».

Dans cet article, il met en garde contre la montée en puissance de la Chine et l’intérêt évident des occidentaux de bénéficier d’une Russie forte, entre eux et la Chine. Cela implique une révolution conceptuelle « copernicienne » :

  • Accepter de laisser l’Ukraine sous influence russe et de restaurer un climat de confiance entre les Thalassocraties Anglo-saxonnes (États-Unis, Canada, Grande-Bretagne) et les puissances continentales (Union Européennes, Russie, Ukraine) ;
  • Placer l’Ukraine sous le même régime de neutralité que l’Autriche, garantie par le Traité d’État de 1955, signé entre les États-Unis et l’Union Soviétique ; ce traité a permis l’évacuation de l’Autriche par l’Armée Rouge dès 1955, tout en permettant à l’Autriche de rester une démocratie libérale et d’intégrer l’Union Européenne en 1995 ;
  • Enfin, imposer aux États-Unis de pratiquer une politique étrangère réaliste : en effet, le Président Nixon, en 1972, a compris, simplement en regardant une carte du monde, que les États-Unis ne pourraient jamais contenir l’expansion de l’Union Soviétique sans l’aide de la Chine. Or, 50 ans plus tard, la Chine est devenue la première puissance mondiale, à parité avec les États-Unis ; en conséquence, l’expansion chinoise ne pourra être contenue que par une alliance entre États-Unis, l’Union Européenne et la Russie, toujours en regardant cette même carte du monde ; comme le dit Kissinger, le contentieux civilisationnel, historique et géographique entre la Russie et la Chine constitue un levier suffisant pour y arriver.

luni, 6 noiembrie 2023

George Soros recunoaște fără jenă că a confiscat bunuri evreiești pentru naziști la Budapesta

George Soros recunoaște fără jenă că a confiscat bunuri evreiești pentru naziști la Budapesta. Din analele Congresului SUA. ENGLISH / VIDEO



În contextul serialului nostru despre Rețeaua Soros în România, pornit ca urmare a dezvăluirilor Elenei Udrea, reproducem în original, în limba engleză, din analele Congresului SUA, câteva date importante despre biografia mogului globalist.

Citiți și SOROS i-a cerut personal lui Băsescu să o susțină pe Macovei, inclusiv la prezidențiale. Elena Udrea confirmă din închisoare ceea ce noi afirmasem încă de atunci. REȚEAUA SOROS, trafic de influență la greu pentru actuala penală. VIDEO

REȚEAUA SOROS ÎN ROMÂNIA. De la Pleșu, Patapievici și Tismăneanu la Weber, Mungiu și Macovei

LISTA LUI SOROS. Cine sunt oamenii care au schimbat România, cu sau fără voia noastră: miniștri, demnitari de rang înalt, jurnaliști

Monica Macovei, fantoma lui Soros în România - INVESTIGAȚIE DIN SUA

[Congressional Record Volume 152, Number 125 (Friday, September 29, 2006)][Extensions of Remarks]
[Pages E1917-E1918]
From the Congressional Record Online through the Government Publishing Office [www.gpo.gov]


THE GUILT-FREE RECORD OF GEORGE SOROS
______

HON. MARK E. SOUDER
of Indiana in the House of Representatives
Thursday, September 28, 2006

Mr. SOUDER. Mr. Speaker, George Soros is one of the most controversial figures in American politics, and I think it is important for American families to focus on what George Soros has said about himself, what George Soros has said about his objectives, and where George Soros has spent his money to influence public opinion. Supreme Court Justice Louis D. Brandeis once wrote that ``the best disinfectant is sunshine,'' and it is in that spirit that I submit ``The Guilt-Free Record of George Soros'' to be printed in the Congressional Record.

The Guilt-Free Record of George Soros

``I am basically there to--to make money. I cannot and do not look at the social consequences of--of what I do.'' George Soros, commenting on being blamed for the financial collapse of Thailand, Malaysia, Indonesia, Japan and Russia. ``He can move world financial markets simply by voicing an
opinion or destabilize a government by buying and selling its currency . . . [W]hen he saw cracks in the Asia boom, he began selling the currency in Thailand. Traders in Hong Kong followed suit, triggering a financial crisis that plunged much of Asia into a depression. (``George Soros,'' 60 Minutes
interview transcript, December 20, 1998)``I don't feel guilty. Because I'm engaged in an amoral
activity which is not meant to have anything to do with guilt.'' George Soros, commenting on his actions in the currency markets. (``George Soros,'' 60 Minutes interview transcript, December 20, 1998) Soros Convicted of Insider-Trading, Ordered to Pay $2.8 million. ``George Soros's bid to overturn an insider-trading conviction has been rejected by France's highest appeals court, ending the billionaire's fight to erase a legal stain on his 40-year investing career. The Court of Cassation, the tribunal of last resort in France, ended its review of a March 2005 judgment that Soros broke insider-trading laws
when he bought Societe Generale SA shares in 1988 with the knowledge that the bank might be a takeover target. Soros had been ordered to pay back 2.2 million euros ($2.8 million) in gains.'' (Gabriele Parussini, ``Soros Insider-Trading Conviction Upheld by Paris Appeals Court,'' Bloomberg, June
14, 2006)
Soros: ``No Sense of Guilt'' for Confiscating Property from Jews in Nazi-occupied Budapest. ``But there was no sense that I shouldn't be there, because that was--well, actually, in a funny way, it's just like in markets--that if I weren't there--of course, I wasn't doing it, but somebody else would . . . be taking it away anyhow . . . whether I was there or not, I was only a spectator, the property was being taken
away. So the--I had no role in taking away that property. So I had no sense of guilt.'' (``George Soros,'' 60 Minutes interview transcript, December 20, 1998)
Extended quotation from the 60 Minutes transcript follows: ``When the Nazis occupied Budapest in 1944, George Soros' father was a successful lawyer. He lived on an island in the Danube and liked to commute to work in a rowboat. But knowing there were problems ahead for the Jews, he decided to split his family up. He bought them forged papers and he bribed a government official to take 14-year-old George Soros in and swear that he was his Christian godson. But survival carried a heavy price tag. While hundreds of thousands of Hungarian Jews were being shipped off to the death camps, George Soros accompanied his phony godfather on his appointed rounds, confiscating property from the Jews.
(Vintage footage of Jews walking in line; man dragging little boy in line)KROFT: (Voiceover) These are pictures from 1944 of what happened to George Soros' friends and neighbors.(Vintage footage of women and men with bags over their shoulders walking; crowd by a train)

KROFT: (Voiceover) You're a Hungarian Jew . . .
Mr. SOROS: (Voiceover) Mm-hmm.
KROFT: (Voiceover) . . . who escaped the Holocaust . . .
(Vintage footage of women walking by train)
Mr. SOROS: (Voiceover) Mm-hmm.
(Vintage footage of people getting on train)
KROFT: (Voiceover) . . . by--by posing as a Christian.
Mr. SOROS: (Voiceover) Right.
(Vintage footage of women helping each other get on train; train door closing with people in boxcar)
KROFT: (Voiceover) And you watched lots of people get shipped off to the death camps.
Mr. SOROS: Right. I was 14 years old. And I would say that that's when my character was made.
KROFT: In what way?
Mr. SOROS: That one should think ahead. One should understand and--and anticipate events and when--when one is threatened. It was a tremendous threat of evil. I mean, it was a--a very personal experience of evil.

KROFT: My understanding is that you went out with this protector of yours who swore that you were his adopted godson.
Mr. SOROS: Yes. Yes.
KROFT: Went out, in fact, and helped in the confiscation of property from the Jews.
Mr. SOROS: Yes. That's right. Yes.
KROFT: I mean, that's--that sounds like an experience that would send lots of people to the psychiatric couch for many, many years. Was it difficult?
Mr. SOROS: Not--not at all. Not at all. Maybe as a child you don't--you don't see the connection. But it was--it created no--no problem at all.
KROFT: No feeling of guilt?
Mr. SOROS: No.
KROFT: For example that, ``I'm Jewish and here I am, watching these people go. I could just as easily be there. I should be there.'' None of that?
Mr. SOROS: Well, of course I c--I could be on the other side or I could be the one from whom the thing is being taken away. But there was no sense that I shouldn't be there, because that was--well, actually, in a funny way, it's just like in markets--that if I weren't there--of course, I wasn't doing it, but somebody else would--would--would be taking it away anyhow. And it was the--whether I was there or not, I was only a spectator, the property was being taken away. So the--I had no role in taking away that property. So I had no sense of guilt.'' (``George Soros,'' 60 Minutes
interview transcript, December 20, 1998).
Soros Said That President Bush's Statements Remind Him of Nazi Slogans. `` `When I hear Bush say, `You're either with us or against us,' it reminds me of the Germans.' It conjures up memories, he said, of Nazi slogans on the walls, Der Feind Hort mit (`The enemy is listening'). `My experiences under
Nazi and Soviet rule have sensitized me,' he said in a soft Hungarian accent.' '' (Laura Blumenfeld, ``Soros's Deep Pockets vs. Bush,'' The Washington Post, November 11, 2003).
Soros Is the Primary Financier of Left-Wing Causes. Tax records of Soros' Open Society Institute show contributions of: $4.41 million to the American Civil Liberties Union and its state affiliates; $500,000 to the Pro-Choice Education Project to launch a (pro-abortion rights) ``public education and media strategy;'' $100,000 to Catholics for a Free Choice, an allegedly Catholic group that advocates for
abortion rights; $100,000 to the Death Penalty Information Center, an organization that works against capital punishment; $100,000 to the Pennsylvania Coalition to Save Lives Now ``to support needle exchange programs,'' $80,000 over three years to the Gay Straight Alliance Network, to promote ``a traveling photo documentary exhibit by lesbian, gay, transgender, queer and questioning youth;'' $35,000 to the Abortion Access Project. (Jeff Johnson, ``George Soros'' $30M Welfare Check,'' CNSNews.com, April 26, 2005).
The Soros Prostitution Agenda. Open Society Institute (OSI), a foundation funded and controlled by George Soros, sued the United States Agency for International Development (USAID) ``over requirement that recipients of federal AIDS grants pledge to oppose prostitution. The group would be the second charity to challenge the policy, which AIDS activists say stigmatizes prostitutes and makes it harder to fight the disease.'' In June 2006, Open Society Institute published a study entitled ``Sex Workers Health and Rights: Where is the Funding?'' The report highlighted the role of OSI and various
Soros foundations, in financing ``a large number of sex workers organizations'' and attacked the Bush Administration policy for refusing to fund such groups. OSI received at least $30 million between 1998 and 2003 from the federal government, mostly from the State Department. (Wall Street Journal, September 23, 2005; Open Society Institute webpages, http://www.soros.org/initiatives/health/focus/sharp/news/usaid_20050923,: http://www.soros.org/initiatives/health/focus/sharp/articles_publications/publications where_20060719/where.pdf
Soros Called the War on Drugs a ``Fantasy'' and More Harmful Than Drugs Themselves. ``Tilting the balance against the drug warriors side is a short piece by Howard Fineman on the activities of George Soros. The billionaire financier, who calls the drug war `a fantasy' and says it does more harm
to America than drugs themselves, has spent big money pushing his position that we should treat drug abuse as a medical problem, not a criminal one.'' (Bill Steigerwald, ``Newsweek Wants A Drug Debate,'' Pittsburgh Post-Gazette, January 30, 1997).
Soros is Major Financier Behind Drug Legalization Groups. In 1994, Soros pledged $4 million over five years to the Lindesmith Center, a pro-marijuana legalization think-tank that merged with the Drug Policy Foundation to form the Drug Policy Alliance, which supports legalization of marijuana for
``medical'' purposes, repealing mandatory minimum sentences for drug offenses, ending imprisonment for drug possession. (Neil Hrab, ``George Soros' Social Agenda for America,'' Capital Research Center's Foundation Watch, http://www.capitalresearch.org/pubs/pdf/x3770435801.pdf)
Soros Heavily Financed Drug Legalization Efforts For Marijuana. ``And the award for best supporting role goes to billionaire George Soros, the Daddy Warbucks of drug legalization. He doesn't reside in either state [Arizona or California], but he bankrolled both efforts. . . . Most money used to buy misleading TV ads for both referenda came from out of state. In Arizona, as of the most

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recent reporting date (May 31), of $300,490 contributed to support Prop. 200, only $490 came from in state. The remaining $300,000 came from out of state, $200,000 of it from the Drug Policy Foundation--a pet charity of George Soros'--and the other $100,000 came directly from Soros
himself.'' (Joseph A. Califano Jr., ``Pro-Drug Campaigns' Hidden Agenda,'' Pittsburgh Post-Gazette, December 22, 1996)Soros Helped Finance a Pro-Marijuana Children's Book. ``Dr. Robert Newman, served on the Board of Directors for the Drug Policy Foundation as early as 1997, and presently serves on the board of directors with another minority witness, Rev. Edwin Sanders, of the Drug Policy Alliance (the new name of the Drug Policy Foundation since its merger with the aforementioned Lindesmith Center). The Drug Policy Alliance describes itself as ``the nation's leading organization
working to end the war on drugs.'' Along with its major donor George Soros, it helped produce It's Just a Plant, a promarijuana children's book. I will be very interested in learning from the witnesses today what they believe U.S. Government policy should be with respect to financing heroin distribution, safe-injection facilities, and how-to manuals like H Is For Heroin, published by the Harm Reduction Coalition, and children's books on smoking marijuana, produced with the help of the organization run by two of the minority's witnesses today.'' (Mark Souder, opening statement, ``Harm Reduction or Harm Maintenance: Is There Such a Thing as Safe Drug Abuse?'', hearing before the Subcommittee on Criminal Justice, Drug Policy, and Human Resources, February 16, 2005, http://www.dpna.org/resources/current/02-16-5c.htm; http://www.justaplant.com) Soros and Two Friends give $450,000 to ``take apart [California's] criminal justice system one step at a time.'' ``International financier George Soros and two other wealthy donors have contributed a total of $450,000 for a November ballot measure that would alter California's tough three strikes sentencing law . . . The donation marks the third time that this trio has backed criminal justice measures in California. In 1996, the three gave money to pass Proposition 215, which sought to legalize marijuana for medical uses. In 2000, they supported the successful Proposition 36, which diverts drug offenders from prison to treatment.'' (Bill Ainsworth, ``$450,000 to help try to weaken law,'' San Diego Union-Tribune, September 14, 2004.)
Soros Effort To Infiltrate the U.S. Conservative Movement.
``The scheduled Friday CPAC event on ``A Conservative Drug Policy'' was to feature a mini-debate between Ethan Nadelmann of the Drug Policy Alliance (DPA) and Calvina Fay. The ``moderator,'' hardly unbiased, was scheduled to be Rob Kampia of the Marijuana Policy Project (MPP). The Soros Open
Society Institute has given the DPA millions of dollars, including $2.5 million in 2004 alone. MPP has been funded by Soros as well as Peter Lewis, chairman of the Progressive Corporation, who was arrested in New Zealand several years ago after customs officers found marijuana in his luggage.
Lewis, who gave $340,000 to MPP in 2004, is also a major funder of the ACLU.'' (Mark Souder, Congressional Record, insertion in the record of article by Cliff Kincaid, February 8, 2006, http://reform.house.gov/CJDPHR/News/DocumentSingle.aspx?DocumentID=39349)Soros Support of Lynne Stewart, Lawyer to Terrorists. ``George Soros funds many controversial projects, some extreme projects. One quick example is the $20,000 that went from his Open Society Institute to the Lynne Stewart Legal Committee. Lynne Stewart was the attorney who represented the blind sheik who was involved in the first bombing of the World Trade Centers and was later convicted for aiding and
abetting his activities while in prison.'' (Peter Flaherty of the National Legal and Policy Center, O'Reilly Factor, May 20, 2005, relying on Open Society Institute IRS Form 990
filings. Byron York, ``Soros Funded Stewart Defense,'' National Review, February 17, 2005.)
Soros Attacks ``War on Terror,'' Compares Bush Administration to Nazis. Soros told an audience at the
Carnegie Endowment for International Peace, ``We are working with a very false frame when we talk about a `war on terror,' and yet it is universally accepted.'' He added, ``President Bush is exploiting it even further ahead of these elections . . . I would voice my concerns about the similarities between
this administration and the Nazis and communist regimes.'' (Monisha Bansal, ``Soros Slams Terror 'War,' Compares White House to Nazis,'' CNSNews.com, September 15, 2006.)
Soros To Encourage a U.S./Europe Split. ``Soros, the Hungarian-American financier who has historically invested his billions in encouraging democracy in eastern block countries, is turning his attention to Western Europe because he thinks the EU is failing. Soros is to invest hundreds of millions of dollars in foundations, the first of which will be either in London or Paris.'' Soros: ``The practical message for Europeans is that the world really needs a strong European Union with a mission which is different to America's priorities.'' (Rupert Stein, ``Soros lays foundations to restore EU purpose,'' The Scotsman, July 15, 2006.)

vineri, 3 noiembrie 2023

Psihopatia biblică a Israelului. ing. Laurent Guyénot, Franța

REVISTA ART-EMIS - Anul XIV, Nr. 74 (1.345) / 1 NOIEMBRIE 20232
Ing. Laurent Guyénot, Franța - Psihopatia biblică a Israelului
Psihopatia biblică a Israelului

Sursa - https://lesakerfrancophone.fr/la-psychopathie-biblique-disrael - 27 oct. 2023
Psihopatia biblică a Israelului
Ing. Laurent Guyénot, Franța 01 Noiembrie 2023

M-am săturat să citesc că Netanyahu este un psihopat. Nu văd niciun motiv să-l consider un psihopat în sensul psihiatric al termenului, nici pe el, și nici pe vreun alt lider israelian. Au o psihopatie colectivă, ceea ce este complet altceva.

Diferența este aceeași ca între o nevroză individuală și o nevroză colectivă. Potrivit lui Freud, religia (…vrea să spună creștinismul) este o nevroză colectivă. Freud nu a vrut să afirme despre credincioși că erau nevrotici. Dimpotrivă, el a observat că nevroza lor colectivă avea tendința de a-i imuniza împotriva nevrozei personale. Nu subscriu la teoria lui Freud, o folosesc doar ca pe o garanție pentru propria mea teorie: sioniștii, chiar și cei mai sângeroși dintre ei, nu sunt psihopați individuali. Mulți dintre ei sunt oameni iubitori și chiar dedicați în cadrul propriei comunități. Mai degrabă, sunt vectori ai psihopatiei colective, adică a unui mod inuman de a lua în considerare și de a interacționa cu alte comunități umane.

Acesta este un punct crucial. Tratarea liderilor israelieni ca psihopați nu ajută la înțelegerea noastră despre Israel. Ceea ce avem nevoie este să recunoaștem Israelul ca psihopat colectiv și să studiem originea acestui caracter național unic. Este o problemă de supraviețuire pentru lume, la fel cum este o problemă de supraviețuire pentru orice grup să identifice psihopatul dintre ei și să înțeleagă modelele sale de gândire și comportament.

Ce este un psihopat?

Psihopatia este un sindrom de trăsătură psihologică clasificat ca tulburare de personalitate. Unii psihiatri preferă să o numească „sociopatie”, deoarece este în esență o incapacitate de socializare autentică. Manualul de Diagnostic și Statistică privind Tulburările Mintale, biblia psihiatrului, sugerează „tulburare de personalitate antisocială”, dar termenul „psihopatie” rămâne cel mai popular, așa că îl voi folosi aici.

Trăsătura fundamentală a caracterului psihopatului este absența empatiei și, prin urmare, absența vreunei inhibiții morale în relația sa cu ceilalți, combinată cu setea de putere. Psihopatul împărtășește, de asemenea, anumite trăsături cu narcisistul: el are o viziune grandioasă asupra propriei sale importanțe. În mintea lui, totul se datorează lui pentru că este excepțional. Nu greșește niciodată și eșecurile sale sunt întotdeauna din vina altora.

Adevărul nu are nicio valoare pentru psihopat. Este un mincinos patologic, dar abia dacă este conștient de asta. Minciuna este atât de naturală, încât problema „sincerității” sale este aproape irelevantă: psihopatul bate detectorul de minciuni. Psihopatul este incapabil de empatie, dar învață să o simuleze. Puterea lui constă în capacitatea sa extraordinară de a înșela. Deși el însuși este imun la vinovăție, este un maestru în a-i învinui pe ceilalți. Deoarece psihopatul nu este în măsură să se pună în locul altcuiva, el nu se poate privi cu un ochi critic. Convins de dreptul său în toate circumstanțele, este cu adevărat surprins de resentimentele victimelor sale - și le va pedepsi pentru asta. Dacă fură proprietățile cuiva, va considera resentimentul celui jefuit ca o ură irațională.

Deși psihopatul poate fi considerat complet nebun, el nu este bolnav în sensul medical al termenului, deoarece nu suferă: psihopații nu consultă psihiatri decât dacă sunt obligați. Într-un anumit sens, psihopatul este supra-adaptat vieții sociale, dacă totuși scopul vieții sociale este de a-și urmări calea individuală. Acesta este motivul pentru care adevăratul mister, din punct de vedere darwinian, nu este existența psihopaților, ci proporția lor mică în rândul populației. Cea mai optimistă estimare pentru populația occidentală este de 1%. Dar psihopații nu sunt confundați cu proverbialul 1% care deține jumătate din averea lumii, chiar dacă un studiu realizat în rândul managerilor superiori ai companiilor mari a arătat că trăsăturile psihopatice sunt răspândite în rândul lor.

Israel ca Stat psihopat

Faptul că astăzi evreii sunt reprezentați în mod disproporționat în rândul elitei economice (constituie jumătate din miliardarii americani, în timp ce reprezintă doar 2,4% din populație), nu înseamnă că psihopatia este mai răspândită în rândul evreilor. Într-un fel, este chiar invers: evreii își arată reciproc un grad ridicat de empatie, sau cel puțin solidaritate, mergând adesea până la sacrificiul de sine. Dar natura selectivă a acestei empatii sugerează că este îndreptată mai puțin către umanitatea altora decât către etnia lor.

De fapt, gândirea evreiască tinde să confunde evreismul și umanitatea. Rezultă că ceea ce este bun pentru evrei trebuie să fie neapărat bun pentru umanitate. În schimb, o crimă împotriva evreilor este o crimă „împotriva umanității”, concept pe care l-au creat în 1945. A confunda evreismul cu umanitatea ar putea fi narcisism colectiv, dar a considera non-evreii ca fiind mai puțin umani este un simptom clar al psihopatiei colective.

Ca și comunitate, evreii se consideră nevinovați de acuzațiile împotriva lor. Acesta este motivul pentru care pionierul sionist Leo Pinsker, medic, a considerat că iudeofobia este o „psihoză”. „Ca psihoză, este ereditară și, ca o boală care a fost transmisă timp de două mii de ani, este incurabilă”. În consecință, evreii sunt „oamenii aleși prin ura universală” (nici măcar evreii atei nu pot să nu definească iudaismul ca o alegere).

Israel, Statul evreiesc, este psihopatul dintre națiuni. El acționează față de alte națiuni în același mod în care un psihopat acționează față de semenii săi. „Doar psihiatrii pot explica comportamentul Israelului”, a scris jurnalistul israelian Gideon Levy în Haaretz în 2010. Cu toate acestea, diagnosticul său, care include „paranoia, schizofrenia și megalomania”, este greșit. Având în vedere capacitatea nelimitată a Israelului de a manipula alte națiuni, Statele Unite în primul rând, avem de-a face cu un psihopat.

Prin trasarea unei paralele între psihopatie și comportamentul Israelului, nu dau vina pe israelieni sau evrei ca persoane. Ele fac parte din această psihopatie colectivă numai în măsura supunerii lor la ideologia națională. Se poate face o comparație cu un alt tip de entitate colectivă. În „The Corporation”: „The Pathological Pursuit of Profit and Power”, Joel Bakan a menționat că marile corporații se comportă ca psihopații, fiind insensibile la suferințele celor pe care îi zdrobesc în căutarea de profit: „Comportamentul corporatist este foarte similar cu cel al unui psihopat”. Analiza mea despre Israel se bazează pe același raționament. Cu excepția faptului că Israelul este mult mai periculos decât orice multinațională (…și chiar decât Pfizer), pentru că ideologia care îi generează tulburarea de personalitate este mult mai nebună decât filozofia liberală și social-darwiniană a unei companii. Filosofia lui Israel este biblică.

Virusul biblic

Psihopatia colectivă a Israelului nu este genetică, ci culturală, dar a fost formată din timpuri străvechi, și astfel este înrădăcinată în subconștientul ancestral (care poate fi epigenetic): provine în cele din urmă de la zeul gelos inventat de Leviți pentru a controla câteva triburi înfometate lansate împotriva Palestinei acum trei mii de ani în urmă. Prin certificatul său de naștere, Israel este națiunea zeului psihopat.

Domnul, „zeul lui Israel”, este un zeu coleric și solitar, care iese dintr-un vulcan din Arabia, care manifestă față de toți ceilalți zei o ură implacabilă, și sfârșește considerându-i ca fiind non-zei, el singur declarându-se adevăratul zeu - și, prin urmare, creatorul Universului. Acest lucru îl caracterizează foarte clar ca un psihopat printre zei. Dimpotrivă, pentru egipteni, potrivit egiptologului german Jan Assmann, „zeii sunt ființe sociale” și armonia dintre ei garantează armonia în Cosmos. De asemenea, a existat un grad de translatabilitate între panteonurile diferitelor civilizații. Dar Domnul i-a învățat pe evrei o ură fatală față de zeitățile vecinilor lor: „Veți desființa toate locurile sfinte în care popoarele pe care le stăpâniți și-au slujit zeii, pe munții înalți, pe dealuri, sub fiecare copac verde. Le veți sfâșia altarele, le veți rupe stelele; le veți arde lăcașurile sfinte și le veți doborî statuile zeilor lor și le veți desființa numele în acest loc” (Deuteronom 12:2-3).

Domnul poate fi un personaj fictiv, dar stăpânirea lui asupra spiritului evreiesc este totuși reală. „Să te bazezi pe un tată nebun și violent, și asta timp de trei mii de ani, iată, asta înseamnă să fii un evreu nebun!”, a spus Smilesburger în „Operațiunea Shylock Philip Roth”. Domnul i-a învățat pe evrei să se țină strict separați de ceilalți. Interdicțiile alimentare servesc la prevenirea socializării în afara tribului: „Vă voi separa de toate aceste popoare, astfel încât să puteți fi poporul meu” (Levitic 20,26).

Natura legământului mozaic nu este morală. Singurul criteriu al aprobării lui Iehova este ascultarea de legile și poruncile sale arbitrare. Sacrificarea trădătoare a sute de profeți din Baal este bună, căci este voia Domnului (1 Regi 18). A arăta milă față de regele Amaleciților este greșit, pentru că atunci când Iehova spune: „ucide-i pe toți”, înseamnă pe absolut „toți” (1 Samuel 15). În istoriografia biblică, soarta poporului evreu depinde de ascultarea de ordinele lui Iehova, oricât de nechibzuite ar fi. Iar nenorocirile sale nu pot veni decât din lipsa lor de ascultare față de zeul lor, niciodată din resentimentele victimelor sale. Căci victimele nu au voință proprie, ele sunt doar instrumente în mâinile zeului lui Israel.

Dacă evreii urmează porunca Domnului de a se înstrăina de restul umanității, Domnul promite în schimb să-i facă să domnească peste umanitate: „Dacă asculți cu adevărat vocea Domnului, Dumnezeului tău, păstrând și practicând toate aceste porunci pe care vi le poruncesc astăzi, Domnul Dumnezeul vostru vă va ridica deasupra tuturor națiunilor pământului” (Deuteronom 28: 1). Să notăm că acest lucru este foarte asemănător cu pactul pe care Satana i l-a propus lui Isus: „Diavolul îi arată toate împărățiile lumii cu gloria lor și îi spune: „Toate acestea vi le voi oferi, dacă vă prosternați și îmi aduceți un omagiu’” (Matei 4,8-9).

Dacă Israel respectă Legea, Domnul promite să supună toate națiunile în stăpânirea lui Israel și să îi distrugă pe cei care îi rezistă. „Regii se vor înclina față de tine și vor linge praful picioarelor tale”, în timp ce „națiunea și regatul care nu te servesc vor pieri, iar popoarele lor vor fi exterminate” (Isaia 49:23 și 60:12).

Codul războiului din Deuteronom 20 ordonă exterminarea „tuturor ființelor vii” din orașele cucerite din Canaan. În practică, regula se extinde asupra tuturor popoarelor care rezistă israeliților în cucerirea lor. Acesta a fost aplicat de Moise midianitilor, deși în acest caz, DOMNUL le-a permis războinicilor săi să le păstreze pe tinerele fecioare (Numerele 31). Aceeași regulă a fost aplicată de Iosua orașului Ierihon, unde a fost trecut prin sabie „tot ce era în oraș, bărbați și femei, tineri și bătrâni, de la tauri la oi și măgari” (Joshua 6:21). În orașul Ai, locuitorii au fost masacrați „până când nu au mai fost supraviețuitori. Când Israel a terminat de ucis pe toți locuitorii din Ai, în mediul rural și în pustia unde i-au urmărit și toți până la urmă au căzut la sabie, tot Israelul s-a întors la Ai și a trecut populația prin sabie” (8: 22-25 ). Apoi a venit rândul celorlalte orașe canaanite. În toată țara, Iosua „nu a lăsat un supraviețuitor și a promis să anatemizeze orice viețuitor, așa cum a poruncit Domnul, zeul lui Israel” (10: 40).

După cum notează Avigail Abarbanel într-un text care explică de ce a negat cetățenia israeliană, sioniștii „au urmat literă cu literă ordinul biblic dat lui Iosua de a pătrunde și de a lua totul. Ați ucis, expulzat, violat, jefuit, ars și distrus totul și ați înlocuit populația cu propriul vostru popor. Pentru o mișcare așa-zis non-religioasă, este extraordinar modul în care sionismul a urmat Biblia”. Kim Chernin, un alt disident israelian, a scris „Nu socotesc de câte ori am citit povestea lui Iosua ca povestea poporului nostru care intră în posesia legitimă a pământului său promis, fără să mă opresc să-mi spun: dar este o poveste despre viol, jefuire, sacrificare, invazie și de distrugere a altor popoare”.

Domnul nu oferă decât două căi posibile către Israel: dominarea altor națiuni dacă Israel respectă termenii legământului cu Domnul, sau anihilarea de către aceleași națiuni dacă Israel rupe acest legământ: „Dar dacă se întâmplă să vă întoarceți și să vă legați de restul acestor populații care există încă lângă voi, să contractați căsătoria cu ei, să vă amestecați cu ei și ei cu voi, atunci să știți bine că Domnul, Dumnezeul vostru va înceta să supună în fața voastră aceste popoare: vor fi pentru voi o plasă, o capcană, spini în flancurile voastre și ciulini în ochi, până când veți dispărea din pământul bun pe care vi l-a dat Domnul, Dumnezeul vostru. (Joshua 23: 12-13). Să-i deposedeze pe ceilalți sau să fie deposedat, să domine sau să fie exterminat: Israelul nu poate gândi dincolo de această alternativă.

Sionismul este biblic

Ce legătură are asta cu sionismul, vă întrebați? Sionismul nu este o ideologie seculară? Cred că este timpul să lămurim această neînțelegere. Sionismul este un produs al iudaismului, iar iudaismul este înrădăcinat în Biblia ebraică, „Tanakh”. Indiferent dacă l-a citit sau nu, indiferent dacă îl consideră istoric sau mitic, fiecare evreu își bazează în cele din urmă iudaismul pe Biblie. Iudaismul este interiorizarea zeului psihopat. Nu contează dacă evreii își definesc credința în termeni religioși sau etnici. Din punct de vedere religios, Biblia păstrează esența Legământului cu Dumnezeu, în timp ce din punct de vedere secular, Biblia este narațiunea fondatoare a poporului evreu și modelul prin care evreii interpretează întreaga lor istorie ulterioară (Dispersiune, Holocaust, renașterea lui Israel etc.).

Este adevărat că Theodor Herzl, profetul sionismului politic, nu a fost inspirat în mod deschis din Biblie. Cu toate acestea, el și-a numit ideologia „Sionism”, folosind un nume biblic al Ierusalimului. Cât despre sioniști după Herzl și după adevărații fondatori ai statului modern Israel, ei au fost călăuziți de Biblie. „Biblia este mandatul nostru”, a spus Chaim Weizmann în 1919, iar în 1948 i-a oferit lui Truman o defilare a Torei în semn de recunoștință pentru recunoașterea lui Israel. Astfel începe Declarația Creației Statului Israel[1]: „Eretz-Israel (Țara lui Israel) este locul de naștere al poporului evreu. Aici s-a format caracterul său spiritual, religios și național. Acolo a obținut independența, a creat o cultură atât de importanță națională, cât și universală și a donat Biblia lumii”. Nu poate exista nicio îndoială că statul modern al Israelului se bazează pe revendicarea moștenirii biblice.

David Ben Gurion, tatăl națiunii, a avut o viziune biblică asupra poporului evreu. Pentru el, potrivit biografului său Dan Kurzman, renașterea Israelului în 1948 „a fost comparabilă cu exodul din Egipt, cucerirea țării de către Iosua și revolta Macabeilor”. Ben Gurion nu a fost niciodată la o sinagogă și a mâncat carne de porc la micul dejun, dar a fost profund influențat de istoria biblică. „Nu poate exista o educație politică sau militară valabilă despre Israel fără o cunoaștere aprofundată a Bibliei”, a spus el. Tom Segev scrie în cea mai recentă biografie a sa: El a sponsorizat un curs de studiu biblic în casa sa și a promovat două concepte pentru a evidenția caracterul moral al statului Israel, destinul și îndatoririle sale față de sine și de lume: primul a fost „poporul ales”, un termen din legământul dintre Dumnezeu și lume. Poporul lui Israel(Exodul 19: 5-6); al doilea a fost angajamentul poporului evreu față de principiile dreptății și păcii care îl fac o „lumină pentru națiuni” în spiritul profeților (Isaia 49: 6). El a vorbit și a scris frecvent despre aceste concepte.

Mentalitatea biblică a lui Ben Gurion a devenit din ce în ce mai evidentă pe măsură ce a crescut. Luați în considerare, de exemplu, faptul că, în timp ce îl implora pe Kennedy să-i permită poporului său să achiziționeze bomba atomică, deoarece egiptenii voiau să-i extermine (așa cum voiau să facă pe vremea lui Moise), el a profețit în revista Look (16 ianuarie 1962) că în douăzeci de ani Ierusalimul „va fi sediul Curții Supreme a umanității, pentru a soluționa toate controversele dintre continentele federale, așa cum a profețit Isaia”. Ben Gurion nu era nebun, ci pur și simplu biblic.

Aproape toți liderii israelieni ai generației Ben Gurion și generația următoare împărtășesc aceeași mentalitate biblică. Moshe Dayan, eroul militar al Războiului de 6 zile din 1967, și-a justificat anexarea unui nou teritoriu într-o carte intitulată „Living with the Bible” (1978). Naftali Bennett, pe atunci ministru israelian al educației, a justificat și anexarea Cisiordaniei prin intermediul Bibliei. Sioniștii pot găsi în Biblie toate justificările de care au nevoie: pentru Gaza au ca model pasajul din Judecători 1: 18-19: „Atunci Iuda a confiscat Gaza și teritoriul său … Și Domnul era cu Iuda, care s-a făcut stăpân pe Munte, dar nu a putut să-i dispună pe locuitorii câmpiei, pentru că aveau căruțe de fier”. Acum există nebuni biblici în guvernul israelian, cum ar fi ministrul securității naționale Itamar Ben-Gvir. Afirmația „Dumnezeu a dat țara lui Israel poporului evreu”[2] este alfa și omega sionismului, nu numai pentru israelieni, ci și pentru creștinii care, din 1917, au sprijinit cererile evreiești și susțin Israelul în prezent.

Chiar mai mult decât Ben Gurion, Benjamin Netanyahu crede biblic, iar acest lucru devine din ce în ce mai clar pe măsură ce îmbătrânește. Creștinii americani nu pot contesta în mod serios afirmațiile biblice, iar Netanyahu știe asta foarte bine. Pe 3 martie 2015, în fața Congresului American, și-a dramatizat fobia față de Iran, făcând referire la Cartea Estherei (recunoscută drept ficțiune pură): „Suntem un popor străvechi. În istoria noastră de aproape 4.000 de ani, mulți au încercat în mod repetat să distrugă poporul evreu. Mâine seară, de sărbătoarea evreiască de Purim, vom citi Cartea Estherei. Vom vorbi despre un puternic vice-rege persan pe nume Haman, care a complotat să distrugă poporul evreu în urmă cu aproximativ 2.500 de ani. Dar o femeie evreică curajoasă, regina Esther, a denunțat complotul și a dat poporului evreu dreptul de a se apăra împotriva dușmanilor lor. Complotul a fost spulberat. Oamenii noștri au fost salvați. Astăzi, poporul evreu se confruntă cu o altă încercare a unui alt potențial persan de a ne distruge”.

Netanyahu și-a programat discursul în ajunul lui Purim, care sărbătorește sfârșitul fericit al cărții Estherei: masacrul a 75.000 de bărbați, femei și copii persani. În 2019, Netanyahu a declarat într-un turneu din Cisiordania: „Cred în Cartea Cărților și am citit-o ca un apel la acțiune, că fiecare generație trebuie să facă tot ce poate pentru a asigura eternitatea Israelului”. Biblia ocupă atât de mult loc în creierul său, încât vrea să pună o Biblie pe Lună! Chiar anul acesta, pe 25 octombrie, Netanyahu a spus poporului său: „Vom împlini profeția lui Isaia”.

Așadar, vă rugăm să nu-l mai numiți pe Netanyahu psihopat. Numiți-l un psihopat biblic, un închinător al zeului psihopat. Și în timp ce faceți asta, învățați să vedeți Biblia ebraică drept ceea ce este: „o conspirație împotriva restului lumii”, cum a spus H.G.Wells. În cărțile Bibliei „aveți o conspirație clară, categorică, o conspirație agresivă și răzbunătoare. Nu este toleranță, ci prostia de a închide ochii asupra realei lor psihopatii malefice de grup”.

Da, Biblia ebraică justifică în ochii elitelor israeliene tratamentul aplicat palestinienilor din Gaza. Dumnezeu însuși, cred ei, le poruncește să provoace un astfel de tratament celor pe care i-au deposedat de țara lor. Yitzhak Shamir, prim-ministru israelian între 1986 și 1992, a declarat foarte clar în 1943: „Nici etica evreiască, nici tradiția evreiască nu pot descalifica terorismul ca mijloc de luptă. Suntem departe de a avea scrupule morale despre războiul nostru național. Avem în fața noastră porunca Torei, a cărei moralitate o depășește pe cea a oricărui alt set de legi din lume: «Îi vei extermina până la ultimul om»”.

Notă - După absolvirea ca inginer al Școalii Naționale de Tehnici Avansate, Laurent Guyénot a studiat istoria biblică la New York apoi a efectuat cercetări în istoria religiilor la Paris.



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[1] https://mjp.univ-perp.fr/constit/il1948.htm)

miercuri, 1 noiembrie 2023

Glaives de fer : vingt-sixième jour de guerre en Israel

🔥 Glaives de fer : vingt-sixième jour de guerre 

🕯️ יהי זכרם ברוך : On apprend ce matin que neuf soldats, 2 tankistes et 7 de Guivati, sont tombés au combat contre des terroristes du Hamas :
• Sergent Ariel Reich, 24 ans, de Jérusalem 
• Sergent Asif Luger, 21 ans, de Migdal 
• Sergent-chef Adi Danan, 20 ans, de Yavne 
• Sergent-chef Halel Solomon, 20 ans, de Dimona 
• Sergent-chef Erez Mishlovsky, 20 ans, de Oranit 
• Sergent-chef Adi Leon, 20 ans, de Menillay 
• Sergent-chef Ido Ovadia, 19 ans, de Tel Aviv 
• Sergent-chef Lior Siminovich, 19 ans, de Herzliya 
• Sergent Royi Dawi, 20 ans, de Jérusalem 
Hier, 2 autres soldats, de l’unité des commandos de Guivati, ont été tués, dans des combats intensifs. Ils ont été atteints par un lance-roquettes RPG qui a touché le bâtiment où se trouvait leur unité de reconnaissance. Les victimes sont le sergent-major Royi Wolf, 20 ans, de Ramat Gan, et le sergent-major Lavi Lifshitz, 20 ans, de Modi’in-Maccabim-Re’ut.