joi, 17 septembrie 2015

« The Lab », ou comment l’industrie de l’armement est intimement liée à l’économie israélienne

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Cu prietenie, Dan Culcer


« The Lab », ou comment l’industrie de l’armement est intimement liée à l’économie israélienne

lundi 13 octobre 2014, par Geneviève Coudrais


Le 8 octobre, l’Association France-Palestine Solidarité (AFPS), Amnesty International et la Coalition pour la justice et la paix en Palestine (CJPP) proposaient aux cinémas 3 Luxembourg à Paris, la projection du film « The Lab », du réalisateur israélien Yotam Feldman

Ce film a pour sujet l’industrie militaire israélienne et son fonctionnement.
Il comporte une série d’interviews des protagonistes majeurs du marché israélien de la sécurité et présente le rôle de l’industrie de l’armement au sein de la société et de l’économie israéliennes. Il met notamment en exergue le fait que l’occupation des territoires palestiniens est profitable à l’Etat d’Israël, contrairement à l’idée reçue qu’elle lui coûterait de l’argent. Il montre comment la population palestinienne est utilisée pour tester les armes israéliennes et comment cette expérience in vivo est utilisée pour vendre ces armes. Il dénonce l’hypocrisie des autres États qui s’insurgent, protestent et viennent ensuite acheter des armes et se former, particulièrement à la guérilla urbaine, en demandant comment on fait « pour transformer du sang en argent »…

Un documentaire remarquable... et effroyable

A l’issue de la projection,Yotam Feldman a pris la parole, insistant sur le fait que tout est lié en Israël, que l’économie est basée sur l’industrie de l’armement qui fait vivre 150 000 foyers, rapporte 7 milliards de dollars par an, et est liée à tous les autres secteurs de la société israélienne. Seule la résistance populaire lui paraît pourvoir combattre une telle puissance militaire.
Bernard Ravenel est intervenu en évoquant les trois volets de la coopération de la France avec Israël en ce domaine : nucléaire (depuis longtemps !), militaire (depuis longtemps aussi…) et sécuritaire (depuis l’ère Sarkozy). Sur ce sujet, un ouvrage sortira bientôt, écrit en collaboration avec Patrice Bouveret.
Martine Brizemur, d’Amnesty International, a rappelé que son organisation a fait appel à l’ONU pour demander un embargo sur les armes à l’égard de toutes les parties, des enquêtes sur les crimes commis et la saisine de la Cour Pénale Internationale. Démarche qu’elle avait déjà entreprise à la suite des précédents massacres à Gaza et au moment de la répression des manifestations pacifiques en Cisjordanie.
Le représentant du CJPP s’est dit frappé par la perversion des esprits (de l’État ? du peuple ?) et par le lien mis en évidence entre la structure même du système politique israélien et l’industrie de l’armement.
Quant à Jean- Guy Greilsamer, militant de l’Union juive française pour la paix (UJFP), il a insisté sur la sacralisation de l’armée israélienne par toute la population juive, y compris en France : galas au bénéfice de l’armée, recrutements à la synagogue de Paris, engagement de jeunes Français pour aller « combattre » à Gaza... Il a fait état de l’appel de personnalités du monde entier, dont des lauréats de Prix Nobel, en faveur d’un embargo sur les armes, lequel s’inscrit exactement dans la campagne BDS.

Une nouvelle projection de « The Lab » est prévue le mardi 14 octobre à 20h30, toujours aux cinémas 3 Luxembourg, en présence et avec la participation de Patrice Bouveret, de l’Observatoire des armements.

Geneviève Coudrais

« The Lab » version sous-titrée en anglais

Vidéo bloquée !

Vidéo de secours

The Lab par shivashan

Traduction — Transcription de la vidéo ci dessus (Par René Moreau)

Minutes : Sous Titres Traduits
00:20 — Fait le encore, là doucement, comme un chat !
00:25 — allonge vers le bas !
00:34 — Pshtt pshtt, allez zou !
00:35 — reprends le, c’est pas facile à effrayer....
00:39 — c’est une vraie peluche que Rami a trouvé en faisant des courses pour ses enfants.
00:45 — nous l’avons placer au bout du « Cornershot » (du « tire en coin » littéralement)
00:50 — et il nous donne la seconde de plus, celle dont nous avons besoin
00:54 — c’est la seconde dont vous avez besoin
00 :56 — Car ainsi la personne dans la rue ne sais pas trop ce qu’elle est en train de voir
00:59 — Marre ? ? Si vous voulez continuer ?....
01:02 — alors vous retirez cela !
01:04 — je vais le faire tout en douceur....
01:06 — ne pas la retirez trop brutalement....
01:07 — elle se détache [le démonstrateur joint le geste à la parole]
01:09 — et vous pouvez utiliser l’arme ...
01:11 — pas de problème !
01:12 — Voilà ce que nous avons trouvé pour la guerre urbaine
01:16 — Incliner le en descendant [le démonstrateur montre les détails du maniement]
01:24 — Bien,. Maintenant, armer ici ...
01:26 — maintenant vous êtes prêts à tirer
01:30 — donner un angle, bien !
01:34 — Maintenant : nouvel aspect pour l’ennemi !
01:41 — Voyez .... dès la première balle
01:53 — bien !

02:02 — Ce film est à propos d’Israël et de la guerre.
02:11 — Chaque fois que la guerre a éclaté en Israël, des vies se sont achevées
02:15 — les villes se vident et l’économie en souffre.
02:18 — même ceux qui souhaitaient une guerre ont senti qu’il y avait un prix à payer....
02:22 — et une fois qu’elle était commencée, son temps était limité.
02:35 — [écran d’une chaine TV ) « à nouveau le plus grand bombardement de l’IDF sur Gaza ! »
02:39 — Opération « Plomb Durci »
02:53 — dans la dernière semaine de 2008
02:56 — Israël a démarré la plus grande opération jamais entreprise en territoire Palestinien.
03:01 — l’opération « Plomb Durci » était une guerre de nature différente
03:04 — 11 Israéliens tués, contre 1200 tués Palestiniens.
03:10 — la vie à continué.....
03:12 — et presque personne n’a protesté en Israël.
03:21 — quelques semaines après le cessez le feu, la guerre était presque oubliée,
03:26 — elle n’était mentionnée que dans les conférences des officiers et des constructeurs d’armes.
03:30 — À une de celle ci j’entendis l’ancien chef du Commandement Nord de l’IDF,

03:38 — le GENERAL (Retraité) AMIRAN LEVIN ex chef du Commandement Nord. (1994-98)
03:45 — Je souhaite aborder un point 03:47 — parlant de Gaza, parlant du Liban.
03:53 — et d’autres places que nous allons occuper dans le futur
03:56 — depuis que nous cherchons à maintenir notre équilibre comme un pays développé
04:01 — la punition comme une stratégie, 04:03 — devrait être le principal élément....
04:06 — en punissant vous vous faites de la place pour manœuvrer
04:09 — vous décidez si vous les giflez une fois ou deux.... 04:12 — de face ou de derrière
04:14 — si vous frappez les propriétés ou les les leaders
04:17 — mais le principal objectif des unités sur le terrain est de tuer l’ennemi
04:23 — avant qu’il entre en contact, pendant qu’il entre en contact, 04:27 — et lors de sa retraite
04:29 — c’est la chose la plus importante, 04:31 — la quantité est plus importante que la qualité !
04:35 — une erreur que fait l’armée, 04:36 — est de juger chaque cas individuellement.
04:39 — de savoir si la personne mérite de mourir ou pas.
04:41 — La plupart de ces personnes sont nées pour mourir
04:44 — vous avez juste à les aider... [intéressant travelling sur les visages dans l’assistance ]
04:55 — la plupart des participants comme l’orateur lui même....
04:58 — Passèrent ces récentes années, de l’armée [à employés] dans les manufactures d’armes
05:04 — Peut-être ces armes, je pense, 05:06 — peuvent expliquer pourquoi la guerre a changé.

05:16 — L’IDF EN CISJORDANIE — AUTORITÉ DE RADIODIFFUSION
05:22 — Dans les années 80 lorsque commença la 1re Intifada
05:24 — les Israéliens commencèrent à sentir qu’ils payaient un prix
05:27 — pour leur pouvoir militaire sur les Palestiniens
05:32 — Amos Golan avait alors atteint l’apogée de sa carrière militaire
05:34 — en tant que commandant d’une unité d’élite en Cisjordanie
05:38 — mais un changement survint ces récentes années
05:40 — Golan fut déchargé de ses fonctions.
05:42 — et les cités Palestiniennes prirent un nouveau rôle dans sa vie

05:45 — VIDÉO PROMOTIONNELLE DE " CORNERSHOT LTD
06:08 — le Lieutenant Colonel Amos Golan (retraité)
06:11 — a inventé le « Cornershot » après des années à combattre les forces ennemies en Israël
06:38 — Lorsque vous avez réalisé... 06:40 que cela pourrait devenir une affaire....
06:41 — quelques années avant d’être démobilisé.

06:43 — LT COL (RET) AMOS GOLAN WEAPON INVENTOR [inventeur d’arme]
06:47 — Je pense que, je voulais.... 06:51 faire cette chose... appelée ….
07:00 — « Vendeur d’armes », non ? Mais voyez., Vous pouvez appeler ça « marchand d’armes... »
07:07 — mais vous pouvez l’appeler« Exportation de Défense » 07:09 — ou l’appeler « créativité... »
07:12 — Vous pouvez dire « il est mal de vendre des armes » 07:16 — mais [pourtant] vouloir le faire
07:19 — Êtes vous riche ? 07:23 — qu’est-ce que vous appelez riche ? -Je remercie Dieu pour tout
07:26 — je sais avec quoi j’ai démarré.... 07:28 — de rien ! 07:30 — j’ai démarré de zéro !
07:31 — avec un rêve.... 07 :35 — et ce que j’ai atteint est un énorme succès
07:39 — Salut ! Hello, nous sommes avec le camion. 07:42 Quoi ?? Nous sommes avec le camion.
07:54 — Le fusil que Golan a inventé... 07:56 — a été testé à plusieurs reprises....
07:57 — avant de devenir un commerce international
08:00 — Mais au début des années 2000...
08:02 — l’IDF a effectué beaucoup plus de tests en d’autres endroits
08:34 — Jusqu’à ce que je rencontre le Lieutenant colonel retraité Simon Naveh....
08:36 — je ne savais pas que l’armée employait des........ philosophes !

08:42 — LT COL RET. SIMON NAVEH PHILOSOPHE MILITAIRE
08:46 — Comme vous pouvez voir, ce n’est pas un village Arabe
08:50 — c’est un endroits mortel (rire) 08:53 — peut être dans nos rêves les plus roses (re-rire)....
08:59 — c’est ce à quoi ressemblerait un village Palestinien (rire)...
09:03 — mais ce n’en est pas un ! (nouveau rire)
09:06 — après avoir servi comme Commandant de Division
09:07 — Naveh a passé des années à l’université de Tel Aviv...
09:10 — étudiant la philosophie post-moderne, l’anthropologie et la théorie architecturale...
09:15 — réfléchissant à de nouvelles manières d’appliquer la force militaire...
09 :17— en conditions inhabituelles comme dans les zones civiles Palestiniennes
09:23 — regardez cela, ils ont fait des labyrinthes...09:27 des ruelles comme dans la Casbah Nablus
09:33 — Combattre en milieu urbain est un énorme défi
09:39 — Quand vous y arrivez là votre unité se disloque
09:44 — une force avançant en formations arborescentes... 09:49 avec rangs et branches se rompant...
09:53 — selon les rues...09:56 — ou la structure urbaine...
09:59 — vous entrez dans les rues, et elle se désagrège...10:02 — non seulement elle se décompose
10:05 — et perd sa structure idéale.... 10:10 mais elle tombe en morceaux...
10:12 — vous perdez 2 brigades... 10:13 — vous les enterrez avant d’avoir pu faire ouf !

10:20 — ATTAQUE SUR ’PARK HÔTEL’ À NETANYA MARS 2002
10:30 — Dans les années 2000 la seconde Intifada éclata...
10:33 — et 2 ans plus tard, à la suite des attaques terroristes dans les villes Israéliennes....
10:36 — l’armée commença de planifier la reprise de cités en Cisjordanie

10:40 — GAL RET. BENJAMIN BEN ELIEZER MINISTRE DE LA DÉFENSE (2001-2002)
10:46 — Les forces de défenses ont décidées... 10:49 — de prendre des mesures généralisées
10:52 — le but est de combattre... 10:55 — une bataille à mort contre le terrorisme
11:07 — Dans l’Opération Bouclier Défensif l’IDF à prévu la conquête de la Casbah Nablus
11:10 — les théories de Naveh entrèrent alors dans la réalité
11:18 — Une cité de plus de 300.000 personnes11:19 — en son cœur, une place nommée « la Casbah »
11 ;23 — un vieux et terrible quartier 11:25 — avec maisons denses et ruelles vraiment très étroites
11:32 — le ministère de la défense était effrayé d’un [possible] bain de sang
11:27 — en suivant la structure des rues... 11:42 — Je leur donne mon unité sur un plateau d’argent
11:47 — arrivé à ce point [du récit] vous dites « mais retenez le donc ! »
11:48 — Ils contemplent « ma compagnie »
11:50 — je dois leur apprendre une leçon qu’ils n’oublieront pas
11:55 — nous avons besoin d’une théorie alternative, qui dit...
11:57 — nous n’attaquons pas avec une géométrie de lignes et de points...
12:02 — mais nous attaquons avec une Géométrie Fractale.
12:04 — de toutes les directions en même temps !
12:07 — En plus, nous ne faisons pas mouvement d’une manière qui dévoile notre formation
12:12 — au lieu de cela nous dissimulons ainsi notre formation.
12:16 — et alors nous allons voir qui s’embrouille ? 12:18 — nous laissons les rues vides...
12:23 — et nous entrons dans les maisons en perçant des trous dans les murs...
12:30 — comme vous pouvez le voir ici 12:34 — Nous reprenons les maisons....
13:36 — et les transformons en poste... 12:38 — et comme base pour entrer dans celle voisine.
12:52 — très vite... 12:55 — les terroristes deviennent mal à l’aise
12:58 — se déplacent dans les rues... 13:01 — et rencontre alors les Sionistes.
13:03 — et cela crée... 13:06 — de formidables confrontations...
13:08 — où les unités voient les terroristes... 13:13 — ce qui transforme la partie tout autour.

13:17 — NABLUS AVRIL 2002
13:44 — lors de la prise de la Casbah de Nablus un Israélien fut tué...
13:46 — et 70 Palestiniens, dont 8 civils
13:53 — bon nombre des officiers impliqués allèrent plus tard dans le secteur privé
13:58 — l’un d’eux devint le directeur d’une Société de Sécurité...
14:02 — valant des millions de dollars.
14:04 — Un autre à fondé une Cie de Conseil militaire pour les armées du monde entier.
14:09 — Cette année Israël a battu le record de ventes d’armes
14:14 — 2 Milliards de dollars !
14:16 — ( le Gal Ret. Naveh à l’opérateur vidéo ) « Où avez vous servi ? » - Dans l’Intelligence.
14:18 — [rire] Ah ah, « un type de l’Intelligence... » 14:21 — « un Yuppie » [rire]
14:22 — Vous n’avez tué personne ? - Non !
14:26 — vous n’avez pas vu mourir des gens ? - L’Intelligence tue beaucoup de gens !
14:30 — Oui, mais à distance !

15:15 — FALUJA , IRAK NOVEMBRE 2004
15:30 — Après le 11/9 et l’invasion américaine de l’Irak et de l’Afghanistan...
15:35 — des officiers du monde entier commencèrent d’aller en Israël...
15:38 — pour apprendre comment l’IDF occupait les zones Palestiniennes...
15:42 — et triomphait de la résistance de leurs habitants
15:56 — Naveh devint alors, et il est encore...
15:58 — un formateur et consultant convoité pour les cadres de l’armée U.S
16:01 — et Israël un exportateur de premier plan pour les armes
16:06 — Les ventes d’armes d’Israël commencèrent à doubler tous les 3 ans.
16:12 — Si vous avez le temps... 16:14 — rejoignez nous pour 10 minutes...
16:17 — jusqu’ à 17:02 (conversation non sous titrée et non traduite)
17:02 — Les armes qui furent testées à Nablus et Jenin...
17:04 — sont maintenant exposées dans les salons industriels à Tel Aviv
17:14 — Le ministre de la défense qui avait ordonné l’opération...
17:15 — est devenu ministre de l’industrie 17:16 — qui promeut les exportations d’Israël


17:27 — GAL RET BENJAMIN BEN ELIEZER MINISTRE DU COMMERCE ET INDUSTRIE 2009-11
17:31 — Pourquoi une telle demande pour les armements Israëliens ?
17:34 — Quoi ? Pourquoi une telle demande pour Israël ?
17:36 — [ambiance bruyante]Beaucoup de pays fabriquent... - Je ne peux pas vous entendre !
17:38 — Pourquoi cette demande pour les armes Israéliennes ?
17:41 — C’est très simple ! 17:43 — c’est parce que... 17:45 — Israël a...
17:47 — quelques unes des meilleures technologies au monde.
17:51 — pour cela les peuples aiment acheter ces choses... 17:54 — qui ont été testées
17:56 — Si Israël vends des armes...18:00 — c’est qu’elles ont été testées... 18:03 — expérimentées..
18:06 — Nous pouvons dire : « Nous les avons utilisées durant 10 ans, 15 ans !... »
18:09 — Ainsi la demande est énorme. 8:10 — Cette expertise, entraine-t-elle la croissance économique ?
18:12 — Pouvez vous voir cela ?... 18:14 Cela apporte à Israël des milliards de dollars.

18:27 — VIDÉO PROMOTIONNELLE RAFAEL INDUSTRIES.
18:56 — L’industrie des armes n’appartient pas qu’à une poignée de concessionnaires...
18:59 — c’est la propriété de tout un pays. 19:12 — Chaque année, des milliers arrivent à Paris...
19:14 — pour la plus grande exhibition du monde pour l’Industrie de la Défense.
19:17 — Israël y expose les armes qu’il vient juste de tester sur le territoire Palestinien.
19:24 — un an après l’opération « Plomb Durci », c’est là qu’ils allèrent aussi !
19:26 — Bien que personne ne m’ait invité, 20:24 — Voyez ce que nous avons là ?
20:26 — Il n’y a rien comme cela, nulle part ! 20:30 — Pouvez vous dire combien vaut cette affaire ?
20:33 — combien... 20:35 — en termes d’argent ? - disons...20:37 — Si vous demander en argent...
20:39 — le potentiel d’activité est énorme... 20:43 Si énorme que vous ne pouvez pas l’estimer.
20:47 — chaque missile ici coute autant qu’un appartement à Tel Aviv.
20:51 — Il pourrait en détruire un aussi ! - Exact ! 20:53 — Nous avons des centaines de missiles ici
20:56 — c’est drôle mais c’est vrai, c’est relativement pas cher !
21:00 — les affaires augmentent chaque année. 21:04 chaque fois que je viens ici je dis wooow !...
21:07 — Voir comment tant de gens dépensent pour se tuer les uns les autres...
21:09 — s’ils voulaient investir un peu de cela … 21:13 — pour améliorer nos vies...
21:15 — Pouvez vous imaginer ce que nous pourrions accomplir ?
21:20 — Parmi les fabricants d’armes Israéliens, et clients étrangers...
21:23 — il y a les fonctionnaires de la Défense Israélienne...21:26 — qui recommandent le produit.
21:30 — Mais je cherchais en fait des fonctionnaires étrangers...
21:33 — Pour leur demander si ils savaient, où les armes qu’ils achetaient étaient testées
21:43 — Excusez moi ? Monsieur ? 21:45 Mon nom est....... - Non, non, Non.
21:49 — S’il vous plait, Stop ! Vous êtes en train de nous dérangez...
21:50 — Nous sommes ici pour travailler... 21:52 — à la vente des produits Israéliens...
21:54 — et vous interférez 21:56 — Benjy... j’ai besoin de vous. Benjy !
22:04 — Je veux savoir... 22:05 — quel est le script ?... 22:08 quel est le résultat final ?
22:11 — Comment cela est « modifié » ? 22:13 — Parce que quand tout est fini...
22:15 — ce que je vois sur l’écran... 22:17 — en matière d’Industrie aérospatiale Israéliennes...
22:20 — que je représente ici, cela pourraient être une ca - ta - strophe
22:23 — et je ne veux pas que cela arrive ! 22:26 — ni pour la Compagnie, et ni pour moi !
22:29 — [une voix en français] : « Israël ne désire pas de micro sur son stand. Vous êtes expulsé »
22:32 — [et Le sous titre ] : Vous devez quitter les lieux

Messages



1. « The Lab », ou comment l’industrie de l’armement est intimement liée à l’économie israélienne , 21 octobre 2014, 15:12, par René MOREAU


Bonjour à tous, adhérents amis de 4acg et visiteurs du site

Cet article de Geneviève a particulièrement retenu mon attention. Après sa lecture et aussitôt après avoir vu la vidéo j’ai pensé qu’il était peut-être intéressant de faire une traduction française des sous titres. Je viens de l’envoyer, elle devrait être prochainement insérée sous cette vidéo.
Je me suis permis, alors que dans l’ensemble je me suis efforcé d’être fidèle aux sous-titres anglais, d’introduire une mise en emphase de certains passages par l’utilisation du style Gras ou du Souligné. ces accentuations de certains passages reflètent quelque peu mes ressentis, mes émotions, soit de la nature « plutôt effrayante et cynique » de la pensée de certains interviewés, ou au contraire la petite lueur d’espoir, par exemple à la minute 21:00’’ là où ce Commercial au visage sympathique exprime ses doutes quand à ce genre de commerce d’armes.

À la 4acg c’est le passé qui d’une certaine manière nous à rassemblé. Mais pour moi ce qui me semble le plus important c’est l’avenir, ce que nous en faisons à l’éclairage du passé. Le plus important pour moi dans le nom de notre association c’est les 2 lettres de la fin : CG — Contre la Guerre car si on est contre....cela concerne les guerres futures, celles qui couvent ou se déchaînent déjà, c’est sur celles là que l’on peut agir, une guerre du passé nous a rassemblé ici, mais on ne peut faire qu’elle n’ait pas existé.
Par contre « dire leurs quatre vérités » aux guerres d’aujourd’hui, à celles qui viennent, mais surtout à leur supporters, ça on peut le faire !
Alors comme dit le commercial s’ils voulaient investir un peu de cela … pour améliorer nos vies... Pouvez vous imaginer ce que nous pourrions accomplir ?
René MoreauLe film The Lab : la Palestine, labo vivant de l'armement
Mercredi 14 Mai 2014

Dans son documentaire, « HaMaabada » (« The lab » en anglais ou « Le laboratoire »), vu dans quelques salles en décembre 2013, le jeune réalisateur israélien, Yotam Feldman explore la manière dont les industries de l’armement israéliennes s’immiscent dans la politique, dans l’économie ainsi que dans les décisions militaires du pays.

Au fur et à mesure des interventions en Palestine, les armes, la technologie militaire et le savoir-faire ont pris de la valeur. Les territoires occupés en Cisjordanie sont devenus des laboratoires vivants pour tester les armes et s'exercer à la guerre urbaine.

Durant les dernières années les exportations militaires israéliennes ont atteint le niveau sans précédent : 7 milliards de dollars par an. 20% des exportations israéliennes sont militaires ou d’ordre militaire. Près de 150 000 familles en Israël dépendent de cette industrie.

Pendant quatre ans, Yotam Feldman a interrogé généraux, marchands, instructeurs. Un seul argument publicitaire en ressort : si le pays est devenu le quatrième exportateur de gros matériel militaire, il le doit à ses tests grandeur réelle dans les territoires occupés.

Dans une interview accordée à Orfi Ilani, Yotam Feldman est clair : « Les États dont les citoyens dénoncent majoritairement les actions israéliennes à Gaza, permettent en fait ces actions en achetant les armes qui y sont testées. Cette acquisition d’armement est essentielle pour l’industrie sécuritaire israélienne, seule industrie de ce type qui exporte plus qu’elle ne vend sur le marché national... Peut-être que si les citoyens de ces pays savaient cela, ils manifesteraient et feraient exploser leur colère, mais ça aussi c’est problématique. Je ne sais pas s’il est souhaitable que les Suédois disent à leur gouvernement « cessez d’acheter des missiles israéliens » plutôt que « cessez d’acheter des missiles. »

Israel Shamir. Que s’est-il réellement passé lors de la “Guerre de Kippour”? Une guerre truquée

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Que s’est-il réellement passé lors de la “Guerre de Kippour”?

Une guerre truquée

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Cet article a été publié en anglais le 22 février 2012.
J’ai récemment reçu à Moscou une chemise bleu-marine datée de 1975, qui contenait l’un des secrets les mieux gardés de la diplomatie  du Moyen Orient et  des USA. Le mémoire rédigé par l’ambassadeur  au Caire Vladimir M. Vinogradov,  apparemment le brouillon d’un rapport adressé au Politbureau  décrit la guerre d’octobre 1973 comme un complot entre les dirigeants israéliens, américains et égyptiens, orchestré par Henry Kissinger. Cette révélation va vous choquer, si vous êtes un lecteur égyptien. Moi qui suis un Israélien et qui ai combattu les Égyptiens dans la guerre de 1973, j’ai été choqué aussi, je me suis senti poignardé, et je reste terriblement excité par l’incroyable découverte. Pour un Américain cela pourra être un  choc.

A en croire le dit mémoire (à paraître in extenso dans le magazine prestigieux Expert de Moscou), Anouar al Sadate, qui cumulait les titres de président, premier ministre, président de l’ASU, commandant en chef des armées, avait conspiré de concert avec les Israéliens, avait  trahi la  son alliée, condamné l’armée syrienne à sa perte, et Damas à se retrouver bombardée, avait permis aux tanks de Sharon de s’engager sans danger sur la rive occidentale du Canal de Suez, et en fait, avait tout simplement planifié la défaite des troupes égyptiennes dans la guerre d’octobre 1973.  Les soldats égyptiens et officiers se battirent bravement et avec succès contre l’armée israélienne -trop bien, même, au goût de Sadate, puisqu’il avait déclenché la guerre pour permettre aux USA de faire leur retour au Moyen Orient. Tout ce qu’il réussit à faire à Camp Davis, il aurait pu l’obtenir sans guerre quelques années plus tôt.
Il n’était pas le seul à conspirer: selon Vinogradov, la brave grand’mère Golda Meir avait sacrifié deux mille des meilleurs combattants juifs ( elle ne pensait pas qu’il en tomberait autant, probablement) afin d’offrir à Sadate son heure de gloire et de laisser les USA s’assurer de positions solides au Moyen Orient. Le mémoire nous ouvre la voie pour une réinterprétation complètement inédite du traité de Camp David, comme un pur produit de la félonie et de la fourberie.
Vladimir Vinogradov était un diplomate éminent et brillant; il a été ambassadeur à Tokyo dans les années 1960, puis au Caire de 1970 à 1974, co-président de la Conférence de Paix de Genève, ambassadeur à Téhéran pendant la révolution islamique, représentant au Ministère des Affaires étrangères de l’URSS et ministre des Affaires étrangères de la Fédération de . C’était un peintre de talent, et un écrivain prolifique; ses archives comportent des centaines de pages d’observations uniques et de notes qui couvrent les affaires internationales, mais son journal du Caire tient la place d’honneur, et parmi d’autres, on y trouve la description de ses centaines de rencontres avec Sadate, et la séquence complète de la guerre, puisqu’il l’observait depuis le quartier général de Sadate  au moment précis où les décisions étaient prises. Lorsqu’elles seront publiées, ces notes permettront de réévaluer la période post-nassérienne de l’histoire égyptienne.
Vinogradov était arrivé au Caire pour les funérailles de Nasser, et il y resta comme ambassadeur. Il a  rendu compte du coup d’État rampant de Sadate, le moins brillant des hommes de Nasser, qui allait devenir le président par un simple hasard, parce qu’il était le vice-président à la mort de Nasser. Il avait aussitôt démis de leurs fonctions, exclu et mis en prison pratiquement tous les hommes politiques importants de l’Égypte, les compagnons d’armes de Gamal Abd el Nasser, et démantela l’édifice du socialisme nassérien..
Vinogradov était un fin observateur, mais nullement un comploteur; loin d’être un doctrinaire têtu, c’était un ami des Arabes et il soutenait fermement l’idée d’une paix juste entre Arabes et Israël, une paix qui satisferaient les besoins des Palestiniens et assurerait la prospérité juive.
La perle de ses archives, c’est le dossier intitulé « La partie en jeu au Moyen Orient ». Il contient quelques 20 pages dactylographiées, annotées à la main, à l’encre bleue, et il s’agit apparemment d’un brouillon pour le Politbureau et pour le gouvernement, daté de janvier 1975, juste après son retour du Caire. La chemise contient le secret mortel de la collusion dont il avait été témoin. C’est écrit dans un vivant et tout à fait agréable à lire, pas dans la langue de bois bureaucratique à laquelle on pourrait s’attendre. Deux pages ont été ajoutées au dossier en mai 1975; elles décrivent la visite de Vinogradov à Amman et ses conversations informelles avec Abou Zeid Rifai, le premier ministre, ainsi que son échange de vues avec l’ambassadeur soviétique à Damas.
Vinogradov n’a pas fait connaître ses opinions jusqu’en 1998, et même à ce moment, il n’a pas pu parler aussi ouvertement que dans ce brouillon. En fait, quand l’idée de collusion lui eût été présentée par le premier ministre jordanien, il avait refusé d’en discuter avec lui, en diplomate avisé.
La version officielle de la guerre d’octobre 1973 dit que le 6 octobre 1973, conjointement avec Hafez al-Assad de Syrie, Anouar al Sadat déclencha la guerre, avec une  surprise contre les forces israéliennes. Ils traversèrent le canal de Suez et s’avancèrent dans le Sinaï occupé, juste quelques kilomètres. La guerre se poursuivant, les tanks du général Sharon avaient traversé à leur tour le canal, et encerclé la troisième armée égyptienne. Les négociations pour le cessez-le feu avaient débouché sur la poignée de main à la Maison Blanche.
En ce qui me concerne, la guerre de Yom Kipour, comme nous l’avions appelée constitue un chapitre important de ma biographie. En tant que jeune parachutiste, j’ai combattu, pendant cette guerre, j’ai traversé le canal, j’ai pris les hauteurs de Gabal Ataka, j’ai survécu aux bombardements et aux corps-à-corps, j’ai enseveli mes camarades, tiré sur les chacals du désert mangeurs d’hommes et sur les tanks ennemis. Mon unité avait été amenée par  dans le désert, où nous avons  coupé la ligne principale de communication entre les armées égyptiennes et leur base, la route Suez-le Caire. Notre position, à 101 km du Caire, a servi de cadre aux premières conversations pour le cessez-le-feu; de sorte que je sais que la guerre n’est pas un vain mot, et cela me fait mal de découvrir que moi et mes camarades en armes n’étions que des pions jetables dans le jeu féroce où nous, les gens ordinaires, étions les perdants. Bien entendu, je n’en savais rien à ce moment, pour moi, la guerre était la surprise, mais je n’étais pas général à l’époque.
Pour Vinogradov, aucune surprise: de son point de vue, tant la traversée du canal par les Égyptiens que les incursions de Sharon étaient planifiées, agréées à l’avance par Kissinger, Sadate et Golda Meir. Le plan comportait d’ailleurs la destruction de l’armée syrienne au passage.
Pour commencer, il pose certaines questions: comment la traversée pourrait-elle avoir été une surprise alors que les Russes avaient évacué leurs familles quelques jours avant la guerre? La concentration des forces était facile à observer, et ne pouvait pas échapper à l’attention des Israéliens. Pourquoi les forces égyptiennes n’ont-elles pas avancé après avoir traversé, et sont-elles restées plantées là? Pourquoi n’y avait-il aucun plan pour aller plus loin? Pourquoi y avait-il un large espace vide de 40 km, non gardé, entre la deuxième et la troisième armée, une brèche qui était une invitation pour le raid de Sharon? Comment les tanks israéliens ont-ils pu ramper jusqu’à la rive occidentale? Pourquoi Sadate avait-il refusé de les arrêter? Pourquoi n’y avait il pas de forces de réserve sur la rive occidentale?
Vinogradov emprunte une règle chère à Ssherlock Holmes qui disait: quand vous avez éliminé l’impossible, ce qui reste, aussi improbable cela soit-il, doit être la vérité. Il écrit : on ne saurait répondre à ces questions si l’on tient Sadate pour un véritable patriote égyptien. Mais on peut y répondre pleinement, si l’on considère la possibilité d’une collusion entre Sadate, les USA et la direction israélienne. Une conspiration  dans laquelle chaque participant poursuivait ses propres objectifs. Une conspiration dans laquelle aucun participant ne connaissait tous les détails du jeu des autres. Une conspiration dans laquelle chacun essayait de rafler la mise, en dépit de l’accord commun.
Le plan de Sadate
Sadate était au point le plus bas de son pouvoir avant la guerre: il perdait son prestige dans son pays et dans le monde. Le moins diplômé et le moins charismatique des disciples de Nasser se retrouvait isolé. Il avait besoin d’une guerre, d’une guerre limitée avec Israël, qui ne se terminerait pas par une défaite. Une telle guerre l’aurait soulagé de la pression de l’armée, et il aurait retrouvé son autorité. Les USA étaient d’accord pour lui donner le feu vert pour la guerre, chose que les Russes n’avaient jamais fait. Les Russes protégeaient le ciel égyptien, mais ils étaient contre les guerres. Sadate devait s’appuyer sur les USA  et  se dégager de l’URSS. Il était prêt à le faire parce qu’il détestait le socialisme. Il n’avait pas besoin de la , juste d’une non-défaite; il avait l’intention d’expliquer son échec par la déficience des équipements soviétiques. Voilà pourquoi il avait imparti à l’armée une tâche minimale: traverser le canal et tenir la tête de pont jusqu’à ce que les Américains entrent dans la danse.
Le plan des USA
Les USA avaient perdu leur emprise sur le Moyen Orient, avec son , son canal, sa vaste population, au cours de la décolonisation. Ils étaient obligés de soutenir l’allié israélien, mais les Arabes n’arrêtaient pas de se renforcer. Il aurait fallu obliger Israël à plus de souplesse, parce que sa politique brutale interférait avec les intérêts américains. Si bien que les USA devaient conserver Israël en tant qu’allié, mais au même moment il leur fallait briser l’arrogance d’Israël. Les USA avaient besoin d’une occasion de « sauver » Israël après avoir autorisé les Arabes à frapper les Israéliens pendant un moment. Voilà comment les USA permirent à Sadate d’entamer une guerre limitée.
Israël

Les dirigeants israéliens se devaient d’aider  les USA, leur principal fournisseur et soutien. Les USA devaient consolider leurs positions au Moyen Orient, parce qu’en 1973 ils n’avaient qu’un seul ami et allié, le roi Fayçal. (Kissinger avait dit à Vinogradov que Fayçal essayait de l’endoctriner sur la malignité des juifs et des communistes). Si les USA devaient retrouver leurs positions au Moyen Orient, les positions israéliennes s’en trouveraient fortifiées d’autant. L’Égypte était un maillon faible, parce que Sadate n’aimait pas l’URSS ni les forces progressistes locales, on pouvait le retourner. Pour la Syrie, il fallait agir au plan militaire, et la briser.
Les Israéliens et les Américains décidèrent donc de laisser Sadate s’emparer du canal tout en contrôlant les cols de Mittla et de Giddi, la meilleure ligne de  de toute façon. C’était le plan de Rogers en 1971, et c’était acceptable pour Israël. Mais  cela devait être le résultat d’une bataille, et non pas une cession gracieuse.
Pour ce qui est de la Syrie, il fallait la battre à plate couture, au plan militaire. Voilà pourquoi l’État-major israélien envoya bien toutes ses troupes disponibles sur la frontière syrienne, tout en dégarnissant le Canal, malgré le fait que l’armée égyptienne était bien plus considérable que celle des Syriens. Les troupes israéliennes sur le canal allaient se voir sacrifiées dans la partie, elles devaient périr pour permettre aux USA de revenir au Moyen Orient.
Cependant, les plans des trois partenaires allaient se voir quelque peu contrariés par la réalité du terrain; c’est ce qui se produit généralement avec les conspirations, rien ne se passe comme prévu, dit Vinogradov, dans son mémoire…

Pour commencer, le jeu de Sadate se trouva faussé. Ses présupposés ne fonctionnèrent pas. Contrairement à ses espérances, l’URSS prit le parti des Arabes et commença à fournir par voie aérienne l’équipement militaire le plus moderne, aussitôt. L’URSS prit le risque d’une confrontation avec les USA; Sadate ne croyait pas qu’ils le feraient parce que les Soviétiques étaient réticents envers la guerre, avant qu’elle éclate. Son second problème, selon Vinogradov, était la qualité supérieure des armes russes aux mains des Égyptiens. Elles étaient meilleurs que l’armement occidental aux mains des Israéliens.
En tant que soldat israélien à l’époque, je ne puis que confirmer les paroles de l’ambassadeur. Les Égyptiens bénéficiaient de la légendaire Kalachnikov AK-47, le meilleur fusil d’assaut au monde,  alors que nous n’avions que des fusils FN qui détestaient le sable et l’eau. Nous avons lâché nos FN pour nous emparer de leurs AK à la première occasion. Ils utilisaient des  anti-chars Sagger légers, portables, précis, qu’un seul soldat pouvait charger. Les Saggers ont bousillé entre 800 et 1200 chars israéliens. Nous avions de vieilles tourelles de 105 mm  sans recul montées sur des jeeps, et il  fallait quatre hommes sur chacune ( en fait un petit canon) pour combattre les chars. Seules les nouvelles armes américaines redressaient quelque peu l’équilibre.
Sadate ne s’attendait pas à ce que les troupes égyptiennes entraînées par les spécialistes soviétiques surpassent leur ennemi israélien, mais c’est ce qui se passa. Elles franchirent le canal bien plus vite que ce qui était prévu, et avec beaucoup moins de pertes. Les Arabes battaient les Israéliens, et c’était une mauvaise nouvelle pour Sadate. Il était allé trop loin. Voilà pourquoi les troupes égyptiennes s’arrêtèrent, comme le soleil au-dessus de Gibéon, et ne bougèrent plus. Ils attendaient les Israéliens, mais à ce moment les Israéliens étaient en train de combattre les Syriens. Les Israéliens se sentaient relativement tranquilles du côté de Sadate, et ils avaient envoyé toute leur armée au nord. L’armée syrienne reçut de plein fouet l’assaut israélien et commença à battre en retraite, ils demandèrent à Sadate d’avancer, pour les soulager un peu, mais Sadate refusa. Son armée resta plantée là, sans bouger, malgré le fait qu’il n’y avait pas un Israélien en vue entre le canal et les cols de montagne. Le dirigeant syrien Assad était convaincu à l’époque que Sadate l’avait trahi, et il le déclara franchement à l’ambassadeur soviétique à Damas, Muhitdinov, qui en fit part à Vinogradov. Vinogradov voyait Sadate tous les jours et il lui demanda en temps réel pourquoi ses troupes n’avançaient pas. Il ne reçut aucune réponse sensée: Sadate bredouilla qu’il ne voulait pas parcourir tout le Sinaï pouraller à la rencontre des Israéliens, qu’ils arriveraient bien jusqu’à lui tôt ou tard.
Le commandement israélien était bien ennuyé, parce que la guerre ne sa passait pas comme ils s’y attendaient. Ils avaient de lourdes pertes sur le front syrien, les Syriens se retiraient, mais il fallait se battre pour chaque mètre; seule la passivité de Sadate sauvait les Israéliens d’un revers. Le plan pour en finir avec la Syrie avait raté, mais les Syriens ne pouvaient pas contre-attaquer efficacement.
Il était temps de punir Sadate: son armée était trop efficace, son avance trop rapide, et pire encore; il dépendait encore plus des Soviétiques, grâce au pont aérien. Les Israéliens mirent fin à leur avancée sur Damas et envoyèrent les troupes au sud, dans le Sinaï. Les Jordaniens pouvaient à ce moment-là couper la route nord-sud, et le roi Hussein offrit de le faire à Sadate et à Assad. Assad accepta immédiatement, mais Sadate refusa d’accepter l’offre. Il expliqua à Vinogradov qu’il ne croyait pas aux capacités de combat des Jordaniens. S’ils rentrent dans la guerre, c’est l’Égypte qui va devoir les tirer d’affaire. A un autre moment, il dit qu’il valait mieux perdre tout le Sinaï que de perdre un mètre carré en Jordanie: remarque qui manquait de sincérité et de sérieux, du point de vue de Vinogradov. Et voilà comment les troupes israéliennes marchèrent vers le sud sans encombre.
Pendant la guerre, nous les Israéliens savions aussi que si Sadate avançait, il s’emparerait du Sinaï en moins de deux; nous examinions plusieurs hypothèses pour comprendre pourquoi il ne bougeait pas, mais aucune n’était satisfaisante. C’est Vinogradov qui nous donne la clé à présent; Sadate ne jouait plus sa partition, il attendait que les USA interviennent. Et il se retrouva avec le raid de Sharon fonçant.
La percée des troupes israéliennes jusqu’à la rive occidentale du canal est la partie la plus sombre de la guerre, dit Vinogradov. Il demanda à l’État-major de Sadate au début de la guerre pourquoi il y avait une large brèche de 40 km entre les deuxième et troisième corps d’armées, et on lui répondit que c’était une directive de Sadate. La brèche n’était même pas gardée, c’était un porte grande ouverte, comme un Cheval de Troie tapi au fond d’un programme d’ordinateur.
Sadate n’accorda pas d’attention au raid de Sharon, il était indifférent à ces coups de théâtre. Vinogradov lui demanda de faire quelque chose, dès que les cinq premiers chars israéliens eurent traversé le canal, mais Sadate refusa, disant que ça n’avait pas d’importance militairement, que ce n’était qu’une « manœuvre politique », expression fort brumeuse. Il le redit plus tard à Vinogradov, lorsque l’assise israélienne sur la rive occidentale fut devenue une tête de pont incontournable. Sadate n’écouta pas les avertissements de Moscou, il ouvrit la porte de l’ aux Israéliens.

Il y a place pour deux  explications, dit Vinogradov: impossible que l’ignorance militaire  des Égyptiens fût aussi grande, et improbable que Sadate eût des intentions cachées. Et c’est l’improbable qui clôt le débat, comme le faisait remarquer Sherlock Holmes.
Si les Américains n’ont pas stoppé l’avancée  aussitôt, dit Vinogradov, c’est parce qu’ils voulaient avoir un moyen de pression pour que Sadate ne change pas d’avis sur tout le scénario en cours de route. Apparemment la brèche avait été conçue dans le cadre de cette éventualité. Donc, quand Vinogradov parle de « conspiration », il se réfère plutôt  à une collusion dynamique, semblable à la collusion concernant la Jordanie, entre la Yeshuva juive et la Transjordanie, telle que l’a décrite Avi Shlaim: il y avait des lignes générales et des accords, mais qui pouvaient changer selon le rapport de force entre les parties.
Conclusion
Les USA ont « sauvé » l’Égypte  en mettant un point d’arrêt à l’avancée des troupes israéliennes. Avec le soutien passif de Sadate, les USA ont permis à Israël de frapper durement la Syrie.
Les accords négociés par les USA pour l’intervention des troupes de l’ONU ont protégé Israël pour les années à venir. (Dans son document important mais différent, ses annotations au livre de Heikal Road to Ramadan, Vinogradov rejette la thèse du caractère inévitable des guerres entre Israéliens et Arabes: d’après lui, tant que l’Égypte reste dans le sillage des USA, une telle guerre est à écarter. Effectivement, il n’y a pas eu de grande guerre depuis 1974, à moins de compter les   « opérations » israéliennes au Liban et à Gaza.)
Les US ont sauvé Israël grâce à leurs fournitures militaires.
Grâce à Sadate, les US sont revenus au Moyen Orient et se sont positionné comme les seules médiateurs et « courtiers honnêtes » dans la région.
Sadate entreprit une violente campagne anti-soviétique et antisocialiste, dit Vinogradov, dans un effort pour discréditer l’URSS. Dans ses Notes,
Vinogradov charge le trait, affirmant que Sadate avait répandu beaucoup de mensonges et de désinformation afin de discréditer l’URSS aux yeux des Arabes. Sa ligne principale était que l’URSS ne pouvait ni ne souhaitait libérer le territoire arabe alors que les US le pouvaient, le voulaient, et le faisaient..
Vinogradov explique ailleurs que l’Union soviétique était et reste opposée aux guerres d’agression, entre autres raisons parce que l’issue n’en est jamais certaine. Cependant, l’URSS était prête à aller loin pour défendre les États arabes. Et pour ce qui est de la libération, bien des années sont passées, et ont prouvé que les US ne voulaient ou ne pouvaient nullement en faire autant, alors que la dévolution du Sinaï à l’Égypte était toujours possible, en échange d’une paix séparée, et cela même sans guerre.
Après la guerre, les positions de Sadate s’améliorèrent nettement. Il fut salué comme un héros, l’Égypte eut la place d’honneur parmi les États arabes. Mais en moins d’un an, sa réputation se retrouva en lambeaux, et celle de l’Égypte n’a cessé de se ternir, dit Vinogradov.
Les Syriens avaient compris très tôt le jeu de Sadate: le 12 octobre 1973, lorsque les troupes égyptiennes s’arrêtèrent et cessèrent de combattre, le président Hafez al Assad dit à l’ambassadeur soviétique qu’il était certain que Sadate était en train de trahir volontairement la Syrie. Sadate avait permis la percée israélienne jusque sur la rive occidentale de Suez, de façon à offrier à Kissinger une occasion d’intervenir et de concrétiser son plan de désengagement, confia Assad au premier ministre jordanien Abu Zeid Rifai qui le dit à son tour à Vinogradov durant un petit-déjeuner privé qu’ils prirent chez lui à Amman. Les Jordaniens aussi soupçonnent Sadate de tricher, écrit Vinogradov. Mais le prudent Vinogradov refusa de rentrer dans ce débat, tout en ayant bien l’impression que les Jordaniens « lisaient dans ses pensées. »
Lorsque Vinogradov fut désigné comme co-président de la Conférence de paix de Genève, il fit face à une position commune à l’Égypte et aux USA visant à saboter la conférence, tandis qu’Assad refusait tout simplement d’y participer. Vinogradov lui remit un avant-projet pour la conférence et lui demanda si c’était acceptable pour la Syrie. Assad répondit; oui, sauf une ligne. Quelle ligne, demanda plein d’espoir Vinogradov, et Assad rétorqua; la ligne qui dit « la Syrie accepte de participer à la conférence. » Et la conférence fut un fiasco, comme toutes les autres conférences et conversations diverses.


Quoique les soupçons formulés par Vinogradov dans son document secret soient venus à l’esprit de différents experts militaires et historiens, jamais jusqu’alors ils n’avaient été formulés par un participant aux évènements, une personne aussi haut placée, aussi informée, présente aux moments clé, et en possession de tous les éléments. Les notes de Vinogradov permettent de déchiffrer et de retracer l’histoire de l’Égypte: désindustrialisation, pauvreté, conflits internes, gouvernement militaire, le tout  étroitement lié à la guerre bidon de 1973.
Quelques années après la guerre, Sadate était assassiné, et son successeur désigné Hosni Moubarak entama son long règne, suivi par un autre participant à la guerre d’octobre, Gen Tantawi. Obtenu par le mensonge et la trahison, le traité de paix de Camp David protège toujours les intérêts américains et israéliens. C’est seulement maintenant, alors que le régime de l’après Camp David commence à donner des signes d’effondrement, que l’on peut espérer quelque changement. Le nom de Sadate au panthéon des héros égyptiens était protégé jusqu’à maintenant, mais à la fin, comme on dit, tout ce qui est caché un temps s’avèrera transparent.
PS. en 1975, Vinogradov ne pouvait pas prédire que la guerre de 1973 et les traités qui en découlèrent allaient changer le monde. Ils scellèrent l’histoire de la présence soviétique et de sa prépondérance dans le monde arabe, même si les derniers vestiges en furent détruits par la volonté américaine bien plus tard: en Irak en 2003, et en Syrie c’est maintenant qu’ils se voient minés. Ils ont saboté la cause du socialisme dans le monde, ce qui a été le commencement de sa longue décadence. L’URSS, l’État triomphant en 1972, le quasi gagnant de la guerre froide, finit par la perdre. Grâce à la mainmise américaine en Égypte, le schéma des pétrodollars se mit en place, et le dollar qui avait entamé son déclin en 1971 en perdant la garantie or se reprit et devint à nouveau la monnaie de réserve unanimement acceptée. Le pétrole des Saoudiens et des émirs, vendu en dollars, devint la nouvelle ligne de sauvetage de l’empire américain. Avec le recul et armés du mémoire de Vinogradov, nous pouvons affirmer que c’est en 1973-74 que se situe la bifurcation de notre histoire.
Israel Shamir

Traduction: Maria Poumier
Images ajoutées par Réseau International