sâmbătă, 21 mai 2011

Execuția lui Ben Lade, crima perfectă, autori anonimi, cadavru dispărut, descriere faptelor haotică și neverosimilă etc

Vă rog să citiți acest text selectat de mine, în speranța că vă poate interesa. Citez mai jos un articol din Le Monde. Cu prietenie, Dan Culcer

Christian Salmon, fondateur du Parlement international international des écrivains, membre du CNRS
LEMONDE  13.05.11 15h01  •  Mis à jour le 13.05.11 15h41
Depuis le raid américain sur la résidence de Ben Laden le 2 mai, la communication de la Maison Blanche s'est révélée incapable de proposer un scénario crédible de l'opération. Une communication "chaotique", "mal orchestrée", "incohérente" - les adjectifs ne manquent pas pour désigner ce qu'on n'hésite plus à qualifier de "fiasco" mais qui n'en reste pas moins surprenant pour une opération préparée d'aussi longue date.
Quand on connaît l'expertise du bureau d'information et de communication de la Maison Blanche, il est difficile de se satisfaire d'explications en termes d'erreur de communication ou de retard d'information sur l'événement. Les conditions d'un nouveau procès en crédibilité, comparable à celui qui mine, depuis dix ans, la version officielle de l'attentat contre le World Trade Center, sont réunies, et son instruction n'est pas près de s'éteindre, au vu des invraisemblances qui s'accumulent, des contradictions inexpliquées, des preuves qui font défaut.
L'exécution de Ben Laden revêt tous les signes du "crime parfait" dont parlait le philosophe et sociologue Jean Baudrillard (1929-2007), un crime dont les auteurs sont anonymes, le récit impossible, le cadavre introuvable, et dont toutes les pièces à conviction ont disparu dans la nuit pakistanaise, alors même qu'il était filmé par des caméras fixées sur les casques du commando et suivi en direct par l'exécutif américain. Cible invisible. Exécution invisible. Cadavre invisible. Un véritable trou noir dans la médiasphère, qui se manifeste par ses effets induits : la prolifération d'indices contradictoires, de scénarios successifs, d'hypothèses improbables...
L'exécution de Ben Laden instaure cette forme d'invisibilité au coeur même de la transparence médiatique, invisibilité de l'évidence, qu'évoquait Edgar Poe dans La Lettre volée, et dont témoigne également la cache de Ben Laden au coeur du dispositif de sécurité du Pakistan ; dans l'un des endroits les plus surveillés au monde, nous dit-on, le désormais fameux "complexe ultrasécurisé d'Abbottabad". Le raid américain sur la petite ville de garnison restera dans les mémoires, comme un cas exemplaire de ce blanchiment des apparences caractéristique des sociétés d'hypercommunication. On a blanchi la violence. On a blanchi l'histoire. On a blanchi le cadavre, croyant peut-être exorciser par là même les attentats du 11-Septembre et leur auteur réputé, enveloppés les uns et l'autre dans le même linceul blanc et expédiés dans une mer d'oubli. La traque du fugitif le plus recherché au monde peut céder la place à une forme de "hantise", celle que laissent les corps sans sépulture. Des grottes de Tora Bora aux profondeurs de la mer d'Oman, que des fondamentalistes seraient sur le point de baptiser "la mer du Martyr", transformant ainsi en un lieu de pèlerinage une simple étendue d'eau, son corps introuvable n'en voyagera que mieux au gré des imaginations.
Depuis le 11-Septembre, les experts de l'antiterrorisme n'ont pas manqué d'insister sur la nécessité d'opposer un récit cohérent à l'imaginaire dont se nourrit le terrorisme. "Deux experts du Center for Contemporary Conflict affirment que la guerre contre le terrorisme doit prendre en compte les histoires que les terroristes racontent. La naissance, la maturation et la transformation des organisations terroristes reposent sur des récits qu'il faut décoder si l'on veut définir une stratégie visant à ruiner leur efficacité." Déconstruire le mythe fondateur d'Al-Qaida suppose que l'on soit capable de proposer un "mythe alternatif, une meilleure histoire que celle que proposent les "mangeurs de mythes""...
Or c'est le contraire qui s'est passé. Loin de décoder le mythe fondateur d'Al-Qaida, les Américains l'ont nourri, à leur insu peut-être. Depuis le 11-Septembre, Ben Laden incarne ce héros solitaire, qui apparaît et disparaît à sa guise, narguant la plus grande puissance mondiale, un Clint Eastwood arabe, un Robin des bois musulman qui prétend venger les souffrances du peuple palestinien. C'est la figure du justicier qui puise aux stéréotypes du western hollywoodien, une légende ou un mythe que Ben Laden n'aurait jamais pu créer sans l'aide des Etats-Unis, qui ont participé à la production, à la mise en scène et à la diffusion de cette légende ; de George W. Bush, lançant la traque de Ben Laden par un avis de recherche "mort ou vif" comme dans les westerns, jusqu'au choix malheureux du nom de code de l'opération, "Geronimo", pour désigner la charge finale contre le fort Apache de Ben Laden, le compound d'Abbottabad.
C'est dire si les "complotistes" se trompent de combat lorsqu'ils s'acharnent à dénoncer les indices d'une collusion "opérationnelle" entre services secrets et Al-Qaida, au lieu de démasquer la coproduction d'un mythe partagé. Leur rivalité n'est pas opérationnelle, elle ne se joue pas sur les champs de bataille, elle a pour enjeu la captation des attentions, le pouvoir sur les coeurs et les esprits. Leur mode opératoire est identique. Ils agissent par surprise, coups de théâtre. Ils ménagent le suspense. Ce sont des guerriers de la tension narrative.
Deux images révèlent l'inconscient à l'oeuvre dans cette entreprise de captation mondiale des esprits. Dans la première, nous voyons Barack Obama et son équipe suivre le raid des forces spéciales depuis la pièce appelée "situation room". Dans la deuxième, Ben Laden, une télécommande en main, zappe de chaîne en chaîne, à la recherche de son image sur les chaînes de télévision. Dans ces images, on ne voit pas le raid des forces spéciales, pas plus qu'on n'entend une déclaration de Ben Laden. L'important n'est pas l'enchaînement des événements ou du discours, le suspense ou l'effet performatif du langage. L'important, c'est le dispositif de vision.
Nous sommes inclus dans un triangle perceptif qui n'affirme rien d'autre (puisque l'action n'est pas visible et que le son est coupé) que lui-même. Dans ce dispositif, nous sommes le troisième terme d'un triangle qui enferme l'action, l'auteur et l'audience dans la même prise. Objet invisible. Regard captif. Ces photos ne montrent rien d'autre qu'un dispositif où règne le pur "simulacre", qui n'est plus de l'ordre du spectaculaire au sens strict, puisque à proprement parler il n'y a rien à voir, mais spectral, en ce qu'il installe une relation triangulaire où chacun regarde l'autre en train de voir ce qui n'est pas visible. La médiasphère l'a reconnu d'emblée, qui a réservé à ces images un accueil triomphal : c'est la scène du crime parfait.

Les Chefs des tribus Touaregs et Arabes: "Le temps est venu pour le Djihad contre les agresseurs Croisés de l'OTAN".

Vă rog să citiți acest text selectat de mine, în speranța că vă poate interesa. Vă atrag atenția că articolul începe cu formula «Statele Unite ale Africii». De reflectat.
Cu prietenie, Dan Culcer

Les Chefs des tribus Touaregs et Arabes: "Le temps est venu pour le Djihad contre les agresseurs Croisés de l'OTAN".

Date: 20 mai 2011 à 15:18:28

Sujet: Islaam


Les Chefs des tribus Touaregs et Arabes: "Le temps est venu pour le
Djihad contre les agresseurs Croisés de l'OTAN."

Etats Unis d'Afrique (LVO) : Les Chefs des tribus Touaregs et Arabes du
nord du Mali ont confirmé que le moment est venu pour le djihad contre les
agresseurs Croisés de l'OTAN, qui ne visent pas seulement la Libye, mais
aussi la Oummah islamique.

Le conseil supérieur des tribus du nord du Mali a envoyé un message de
solidarité au frère leader de la Grande Jamahiriya Arabe de Libye et au
peuple libyen déclarant s'opposer de toutes ses force et sa totale
détermination à l'agression de l'OTAN croisés sur le peuple libyen.

Les dirigeants de toutes les tribus du nord ont invité tous les
dirigeants de toutes les tribus et organisations sociales des peuples
africains et arabes à rejoindre le commandant arabe fondateur des Nations
Unies d'Afrique, en soulignant que le temps est venu pour le Djihad contre
cette agression, qui ne vise pas seulement la Libye, mais cible aussi la
nation islamique et l'existence des pays arabes et africains subsaharienne,
ont-il déclaré

Les tribus du nord du Mali ont considéré dans un communiqué publié
mercredi dans la capitale, Bamako, que "la résolution du Conseil de sécurité
(1973) viole de manière flagrante toutes les normes, règles et droit
humanitaire, international et mondial, et confirme que ce Conseil de
sécurité sert les intérêts de la croisade sioniste et impérialiste.

Les tribus du nord du Mali ont exigé que les puissances liées à la
résolution comme la Chine, l'Inde, la Russie et l'Allemagne, fassent cesser
immédiate l'agression qui vise les civils, les infrastructures et les
fondements économiques de la Libye et qui constituent des crimes contre
l'humanité, et considèrent que cette résolution n'est qu'un moyen pour
atteindre les ambitions sous-jacentes de l'Ouest de s'emparer du pétrole
libyen et de piller les avoirs libyens.

Seif-Allah Al-Mesloul pour LVO


Cet article provient de La Voix des Opprimes
http://news.stcom.net

vineri, 20 mai 2011

Dan Culcer. Disoluția entropică a identității nu este singura soluție

Puțină istorie. Citesc un articol din 1883, scris I. G. Barițiu, fiul lui George Barițiu, semnat Camil, în «Observatoriul» din Sibiu :

 «Precum în numele libertății și al civilizațiunii s-au comis multe crime, precum în numele dreptății s-au comis și se mai comit multe ilegașități, asemenea s-au comis și se mai comit până în momentul de față multe păcate și nenumărate nedreptăți pe contul natționalităților nemaghaire, în numele ideii de stat maghiar și a unității politice a națiunii maghiare. Aceste două noțiuni sînt invențiuni proaspete ale guvernului și ale politicilor maghiari.»
« Cu toate că baza [...] istorică a vechiului stat austriac este federalismul, cu toate că regatul Sf. Ștefan este un stat federal, cu toate că dualismul însuși nu este decât o federațiune bilaterală între două state poliglote (s.n. d.c.), totuși vedem și simțim destul de amar că teoria modernă a dreptului de stat ungar nu voește să recunoască natura de stat poliglot al aceluia și susține și voește a decreta unitatea statului maghiar și a națiunii maghiare politice.»
«Pactul dualistic încheiat între Austria și Ungaria, după catastrofa de la Sadova, nu a desființat unitatea statului vechi austriac, pentru că atunci ar fi trebuit să desființeze și unitatea dinastiei și a armatei, și, prin urmare, cei ce au încheiat acel pact nefericit, adică baronul Beust și Francis Deak [...], nu l-au încheiat în numele națiunii politice austriace sau maghiare, ci în numele Austriei șu Ungariei ca state poliglote.»

Conceptul de stat poliglot mi se par interesant și nu l-am întâlnit până acum în acest context.
Stat poliglot nu înseamnă stat multinațional. Asta mi se pare clar. Putem accepta, ca soluție de detensionare, stabilă, pentru a evita, de pildă, efectele crizei de identitate a maghiarilor, speriați de absorbție, aplicarea concretă a unei definiții organizatorice pentru România, pe baza noțiunii de stat poliglot, ca o deziderata a unor minorități, din vecinătățile interioare.
Dar nu poate fi acceptată trecerea forțată, cu efecte destabilizatoare grave, de la stat poliglot la stat multinațional, cu perspectiva modificării granițelor și deci a statalității, fie pe calea constructivă integratoare dar inegalitară-Uniunea Europeană, fie pe cale distructivă, de dezmembrare în stătulețe provinciale, care a distrus Iugoslavia, e pe cale să distrugă Belgia. Tendința aceasta a produs depresiuni de forță și deci viduri geopolitice pe care marile puteri se grăbesc să le umple, să le cucerească economic și strategic.

Am să le explic unor parteneri de discuție că dezmembrarea e aducătoare de nenorociri, că o soluție poate veni  prin ridicare la alt nivel a discuției proiective, prin abandonarea modelelor retrograde și imaginarea negociată a unor soluții proiective superioare. Dar proiecția este valabilă și pentru România în raport cu Transilvania, Bucovina și Basarabia. Chiar cu Moldova întregită sau cu Bucovina, România nu va devenit un stat care să poată rezista presiunilor imperiale singur, știind că presiuni imperiale au suferit și suferă toate fostele state din lagărul socialist.

Egotismul naiv, al căutării unor soluții pe cont propriu, trebuie depășit, contextul nu mai este același ca în 1920. Ducerea până la capăt a construcției naționale nu mai este posibilă cu aceleași mijloace. Construcția identitară, pentru toate statele pomenite, nu se poate realiza decât dacă conflictualitatea inerțială, remanentă va fi eliminată. Dacă nu suntem în stare să negociem ca între parteneri egali, fiecare în parte și toți laoaltă vom fi fagocitați de purtătorii politicilor imperiale, ajutați de «cominterniștii capitaliști», despre care știm cu toții că nu ne vor binele, că ne cer doar supunerea, execuția oarbă, disoluția de consumatori acefali integrați, prin entropie globalizantă, în marea piață de desfacere a produselor fără identitate. Disoluția entropică a identății nu este singura soluție. Ne putem împotrivi prin unire.

Dan Culcer

Povestea Ultimilor Români din Harghita. Anno Domini

Vă rog să citiți acest text selectat de mine, în speranța că vă poate interesa.
De ce nu se aplică românilor minoritari din județele Covasna și Harghita statutul privilegiat acordat altor monoritari? Doar fiindcă în alte părți românii sunt majoritari?
E o întrebare adresată intelectualilor maghiari democrați din România. Nu lui Csibi Barna, desigur. Am extras două episoade dintr-un  documentar de Claudiu Grozea.
Pro memoria.
Cu prietenie, Dan Culcer

Episodul 4



Episodul 5

Diaspora finanțează o carte care tratează foametea provocată de sovietici în Basarabia

Vă rog să citiți acest text selectat de mine, în speranța că vă poate interesa. Cu prietenie, Dan Culcer

Diaspora finanțează o carte care tratează foametea provocată de sovietici în Basarabia


Trei organizatii ale diaspori romanesti de pe ambele maluri ale Prutului vor finanta cartea regretatului literat basarabean Alexei Vakulovski, un volum de marturii ale supravietuitorilor foametei din 1946, realizat pe baza interviurilor luate concetatenilor sai din satul Antonesti, intitulat "In gura foametei", cu un studiu introductiv de Flori Balanescu, si care este in curs de aparitie la Institutul National pentru Studiul Totalitarismului din Bucuresti, transmite Romanian Global News.

Cartea apare cu sprijinul COMITETULui ROMANO-AMERICAN PENTRU BASARABIA, FUNDATIA GRIGORE VIERU, CONSILIUL ROMAN AMERICAN, organizatii romanesti din SUA, organizatii din care fac parte si fosti detinuti politici sau urmasi ai unor oameni care au avut de suferit de pe urma represiunii comuniste, constienti de insemnatatea istorica si culturala a acestor marturii.

Este un volum-document, datorita caracterului sau de recuperare a memoriei istorice recente. Cartea are si importante valente antropologice, sociale si culturale, cu atit mai mult cu cit fenomenul foametei organizate de regimul sovietic pentru a anihila orice urma de rezistenta nationala si umana in teritoriile luate in stapinire este, din nefericire, prea putin cercetat si cunoscut in spatiul romanesc si in strainatate.

"Prin editarea acestor fragmente de durere omenească, realizatorul lor a dorit atât recuperarea memoriei trauma­tizate a comunităţii din care a făcut parte, cât şi o împărtăşire tardivă din partea fraţilor.


Românii basarabeni au avut parte nu doar de rusificare, deznaţionalizare, deportări în Siberia, o parte considerabilă a lor, refugiaţi din calea războiului în România din dreapta Prutului în perioada 1940-1944, au fost victimele în Uniunea Sovietică, ale deportărilor în Câmpia Bărăganului, mulţi au ajuns în închisorile politice româneşti. Comunismul a traumatizat oamenii atât la Vest, cât şi la Răsărit de Prut, iar în timpul marii foamete din anii 1946-1947, fiinţa umană a fost zdrobită până la ultima fibră a rezistenţei biologice şi morale. O foamete gândită strategic la Moscova pentru a înfrâna orice urmă de rezistenţa"


Cartea se vrea si un argument in plus pentru adoptarea de catre Camera Deputatilor a propunerii legislative a deputatului Tudor Pantaru de instituire a unei Zile nationale menite să cinstească memoria românilor ce au căzut victime masacrelor, deportărilor şi foametei din cauza regimului totalitar sovietic, în nordul Bucovinei şi întreaga Basarabie.

la 27 februarie 2011

Alexei VAKULOVSKI. În gura foametei


Vă rog să citiți acest text selectat de mine, în speranța că vă poate interesa. Cu prietenie, Dan Culcer



Alexei VAKULOVSKI
În gura foametei
editată de
Institutul Național pentru Studiul Totalitarismului



Cuvânt introductiv asupra ediției
de Flori BĂLĂNESCU


„Copiii războiului şi ai foametei”

Alexei Vakulovski s-a născut într-o familie de români la 3 octombrie 1949, în satul Antoneşti, URSS, şi a murit la 19 mai 2006, în satul Antoneşti, raionul Ştefan Vodă, Republica Moldova. A absolvit Universitatea de Stat din Chişinău, în 1972, fiind considerat de colegi un vârf de lance al generaţiei lor. Nu a vrut să debuteze în timpul comunismului, atâta vreme cât aceasta însemna să scrie textul „de serviciu”, adică să-şi dea obolul ideologic. Ca urmare, cartea sa de debut, afla­tă în editură, deşi avea „bunul de tipar”, nu a mai fost publicată. Alexei a ales să se întoarcă acasă, în ciuda faptului că i se propusese un post de lector la Universitatea din Chişinău. Acasă, Alexei şi Sofia, soţia sa, au fost profesori de limba şi literatura română. Cei doi fii ai lor, Mihail şi Alexandru, le-au călcat pe urme, întrecându-i: au devenit scriitori de limba română. După 1990, au făcut studii în România (Mihail – doctoratul la Universitatea Bucureşti, Alexandru – facultatea la Universitatea „Babeş-Bolyai” din Cluj-Napoca).
Între aceleaşi coordonate istorice, de sute de ani o realitate nedreaptă urmăreşte soarta românilor dintre Prut şi Nistru. Situaţia este surprinsă de Mihail Vakulovski în împrejurările expulzării fratelui său din România, în martie 2009: „de astăzi frate-meu nu mai e în România – a fost amendat, expulzat şi interzis – ca om, nu neapărat ca scriitor. Existenţialism românesc (pe modelul «postmodernismului românesc»), un exemplu crud şi concret de frăţie româno-română”.
Strada din satul Antoneşti, pe care locuieşte familia Vakulovski, poartă numele „Alexei Vakulovski” – profesorul de limba şi literatura română care a refuzat să devină scriitor sovietic, întorcându-se acasă pentru a-i învăţa pe micii români sovietici limba maternă. Este unul dintre cei căruia i se datorează „sabotarea” proiectului rusificării totale în spaţiul fostei Republici Sovietice Socialiste Moldoveneşti, prin conservarea identităţii de la individ la individ. Astăzi un atare mod de trai ar putea părea derizoriu.
„O să mor şi n-o să văd cartea asta publicată”, a zis Alexei Vakulovski. Aşa s-a întâmplat. În gura foametei are o istorie dramatică, precum istoria pe care o evocă. De foarte multă vreme, cartea caută un editor. A fost ani în şir amânată, plimbată, deşi după ce a fost gata, cu coperte cu tot, a fost cerută de cele mai mari edituri din România, înaintată de instituţii cu statut bine delimitat cultural, dar de fiecare dată se întâmpla ceva şi nu mai era publicată. Eu însămi am încercat de mai multe ori.
Volumul cuprinde interviuri cu supravieţuitori ai foametei de după cel de-al Doilea Război Mondial, toţi din satul de baştină al lui Alexei Vakulovski – Antoneşti, în Basarabia.
Tema este puţin abordată în istoriografia română, şi chiar în literatură, deşi tumultul mediatic poate crea uneori false impresii. Fragmentele din cartea de faţă sunt interviuri, deci mărturii, iar în istoriografie textele cu caracter de document nu sunt niciodată prea multe. Este unul din motivele pentru care traseul acestei cărţi este de neînţeles şi inacceptabil. Un demers consecvent al recuperării memoriei traumatizate a românilor de la răsărit de Prut – parte importantă a poporului român şi, totodată, a conştiinţei sale vinovate – ar fi impus apariţia imediată a mărturisirilor de faţă, despre unul dintre cele mai criminale proiecte ale totalitarismului sovietic: foametea din anii 1946-1947.
Basarabia era locuită la vremea luării în stăpânire de către regimul de la Kremlin, în virtutea cedării de către statul român, în iunie 1940, de o populaţie majoritar românească. În prezent, harta demografică a Republicii Moldova reflectă urmările politicilor de deznaţionalizare aplicate de sovietici în regiunile alipite cu forţa.
Mărturisitorii-martiri ai foametei s-au stins unul câte unul. Au rămas aceste voci ale unora dintre ei.
Autorul avea să povestească mai târziu cum a realizat înregistrările: seara se înţelegea cu vreun „moşneguţ de-al meu” să facă a doua zi interviul, dar omul nu mai venea. „Moşneguţul meu” murise.
„Au trecut ani de la foamete, dar consătenilor nu li s-a potolit durerea. Ei nu se sfiesc când li se împăinjenesc ochii sau când le tremură vocea. Uneori eram ispitit să cred că le iau o parte din povară, din durere, că îi ajut într-un fel.
Ei sunt copiii războiului şi ai foametei, sunt cei care au avut tăria, curajul şi norocul să înfrunte acel coşmar şi să rămână oameni. De la ei am avea încă multe de învăţat, dacă timpul nu le-ar fi duşman. Ei nu acuză, ci povestesc”, spune Alexei Vakulovski.
Supravieţuitorii mărturisesc, ei nu judecă. Sunt oameni simpli, gospodari, care, deşi umiliţi, chinuiţi, distruşi sufleteşte, au rezistat. „Foametea poate n-ar fi ucis atâta lume dacă nu ne luau toată pâinea din casă. Munceam zi şi noapte cu Colea, adunam pâinea, iar ei veneau şi ne-o luau. Nu dovedeai bine să hărmăneşti pâinea că veneau şi ţi-o luau toată, dacă nu dovedeai s-o ascunzi. Mama avea câteva deseatine (1,20 ha) cu grâu, l-am strâns, l-am adus acasă, dar n-am dovedit să-l suim în pod căci au venit cei cu luatul şi ne-au poruncit să-l punem în căruţa lor. Mama a zis că grâul nu e al ei, ci al lui Colea. S-a gândit biata femeie că nouă au să ne lase, că le-a fi jele de tinereţea noastră. Ai găsit cui să le fie jele. Au luat tot grâul acela. Noi ascunsesem nişte pâine într-un poloboc. Au dat şi de ea, au luat-o, dar l-au târât cu ei şi pe Colea; l-au ţinut închis la Olăneşti trei luni de zile...”, îşi aminteşte Istina Coreţchi.
Prin editarea acestor fragmente de durere omenească, realizatorul lor a dorit atât recuperarea memoriei trauma­tizate a comunităţii din care a făcut parte, cât şi o împărtăşire tardivă din partea „fraţilor”.
Românii basarabeni au avut parte nu doar de rusificare, deznaţionalizare, deportări în Siberia, o parte considerabilă a lor, refugiaţi din calea războiului în România din dreapta Prutului în perioada 1940-1944, au fost victimele „repatrierii” în Uniunea Sovietică, ale deportărilor în Câmpia Bărăganului, mulţi au ajuns în închisorile politice româneşti. Comunismul a traumatizat oamenii atât la Vest, cât şi la Răsărit de Prut, iar în timpul marii foamete din anii 1946-1947, fiinţa umană a fost zdrobită până la ultima fibră a rezistenţei biologice şi morale. O foamete gândită strategic la Moscova pentru a frânge orice urmă de rezistenţă. Aşa cum fusese gândită Marea Foamete din anii ’30, care a ucis milioane de ucraineni. „...Oamenii noştri sunt deprinşi cu secetele şi ştiu a le învinge. Dar ne-au luat toată pâinea din casă. Ne-au măturat podurile”. Grigore Moraru oferă astfel, involuntar, explicaţia pentru o foamete organizată şi nu una naturală.
Spaima a fost împinsă dincolo de limitele ei prin înfometare. Numai aşa pot fi înţelese gesturi ce nu fac parte din uzul nostru cultural, precum hrănirea cu ierburi, rădăcini, coajă de copac sau, mai ales, cu animale şi păsări ca pisici, câini, ciori etc., cu opincile din picioare – fierte. Dar şi antropofagia, nivelul ultim al trecerii în condiţia de limitare a fiinţei umane la conservarea biologică – într-o epocă în care regimul sovietic făcea propagandă despre cea mai umanistă şi înaintată ideologie: comunismul.
Cazul Eudochiei Oprea, care a trecut prin război, prin foamete, apoi prin Siberia, de unde familia a revenit acasă în 1956, este exemplar. Soţii Oprea au supravieţuit tuturor acestor greutăţi, în ciuda faptului că statul sovietic le-a luat tot, „am crescut şi am educat zece copii”. S-au ajutat crezând în „Dumnezeu, căci numai El a avut grijă de mine şi de familia mea. El ne-a scos din toate greutăţile, El ne-a condus peste toate punţile pline de primejdii ale vieţii”. „Dar atunci, în iarna lui 1946-1947, mureau cu nemiluita. Nimeni nu le ducea contul. Iaca şi în partea asta de râpă i-au găsit atunci morţi în casă şi pe bărbat, şi pe femeie. De ajutor ziceţi? Dar cu ce te puteau ajuta? Dacă nu avea nimeni nimic? Nu avea nimeni o fărâmitură de pâine în plus. Prin alte părţi nu am ştiinţă cum a fost, dar la noi acesta e adevărul. Şi ce dacă aduceau mâncare de prin streini? Avea cineva saţ? Dar cât poate aduce un om? Dar cât pot mânca cinci? Opt? Zece?... Nu doresc nimănui să guste din amarul, chinul, nevoile, nedreptăţile pe care le-am îndurat noi. Să aibă oamenii parte de linişte, să nu li se bage nimeni în suflet, nici în casă. Să le fie la toţi casa ocrotită, să aibă pe masă o hrincă de pâine, pe care nimeni nu vrea să i-o fure, să le fie la toţi copiii veseli şi sănătoşi, să nu audă neam din neamul nostru de Siberii şi de ani de foamete…”.
Vasile Vaculovschi (tatăl lui Alexei) face o sinteză a peri­oa­dei de foamete pe care au trăit-o cu toţii. Cuvintele sale pot constitui un testament moral:
„Dacă ar fi fost atunci lichidate rechiziţiile, lumea n-ar fi murit de foame, ar fi rezistat, s-ar fi salvat. Greul foametei a fost dus şi-n 1946-1947 tot de bietul sătean. El nu e numai talpa ţării, ci şi ţapul ei ispăşitor.
O mare tristeţe mă copleşeşte când mă gândesc că urgia foametei a trecut parcă neobservată de ştiinţa noastră istorică. Rămân uimit când văd câte pete albe sunt în istoria noastră. Oamenii care o scriu nu par a fi cercetători serioşi, ci nişte pseudosportivi care trec prin slalomuri, prin timpuri. Dar lumea nu uită foametea. Ştiu despre foamete chiar şi copiii cei mai mici. Doar în zilele celea negre le-au murit rudele, buneii. Mulţi poate au fost duşi în mormânt numai leşinaţi, căci ar fi o naivitate să vorbim la modul serios de o asistenţă medicală în acele timpuri. Omul crescut numai cu mirosul florilor nu poate rezista greutăţilor vieţii, să nu uităm aceasta. Să le deschidem ochii urmaşilor noştri, să le spunem tot adevărul, chiar dacă acest adevăr muşcă. Chiar dacă acest adevăr doare
”.
Aceeaşi idee este centrală şi în mărturia lui Efrem Vaculovschi (vărul lui Alexei): „Astăzi înţeleg altfel lucrurile. Ştiu că au fost oameni care şi-au mâncat propriii lor copii. Ştiu că foamea îi înnebunea, îi făcea neoameni, dar atunci… Şi când o fac pe filozoful şi încerc să-i iert pe toţi, în faţă iarăşi îmi apare trupul pe jumătate jupuit al câinelui nostru care avea nişte ochi nemaipomenit de deştepţi. Oamenii care l-au mâncat n-au mai ieşit din foamete. S-au pierdut. Toate problemele acelea din timpul foametei şi-au făcut culcuş în mine şi mă chinuie. Eu îs copilul, eu îs înfometatul, eu îs ucigaşul, eu îs tata. ...Am convingerea că zile de acelea nu se vor repeta. Nu avem nici un drept ca să-i lăsăm pe nepoţii noştri să treacă printr-o foamete ca cea din anii 1946 – 1947. Ne ajunge nouă experienţa asta barbară. Oameni suntem”.
Neamul Vaculovschi a fost mare. Toţi au avut de suferit. Ion Vaculovschi (văr cu Alexei, fratele lui Efrem) nu poate uita că „Au măturat podurile. Parcă special au făcut asta ca să murim cu toţii. Să nu rămână nici un basarabean. Erai obligat să dai, să dai, să dai!! Umblau stribocii de la casă la casă”.
Pâinea (grâul) şi vaca erau principalele surse de supravieţuire. Şi tatăl – stâlpul care asigura mamei şi copiilor iluzia că nu se vor pierde. Atunci când „stribocii” le luau ultimul bob de grâu şi vaca, mai rămânea tatăl, care avea să umble pentru a aduce mâncare. Când el nu se mai întorcea de prin Ucraina sau era ucis pe loc ori dus în Siberia... copiii rămâneau ai nimănui. Unul dintre aceşti copii este Vasile Gaidău:
„Când tata a murit, s-a lăsat noaptea peste noi... Cum se vede, s-a gândit cineva că războiul i-a ucis pe puţini dintr-ai noştri şi s-au gândit animalele să născocească alt război, cel al foametei. Şi l-au născocit de nădejde. Căci foametea a furat mai mulţi oameni din satul nostru decât războiul... Ţin minte cum l-au dus pe tata la cimitir. Eu stam pe cuptor lipit de sobă. Hămesit de foame eram... M-am pus în genunchi lângă tata, am sărutat icoana, l-am sărutat pe tata şi i-am şoptit:
– Tată, mi-i a mânca.
Cu vorbele estea a fost dus la cimitir tata. ... Totdeauna când îmi era foame gemeam:
– Tată, mi-i a mânca.
Ştiu că majoritatea oamenilor la nevoie îşi amintesc de mamă. Eu nu. Eu nu-mi pot aminti de mama. Eu la o adică… Eu atâta pot zice şi acum:
– Tată, mi-i a mânca”.
Imaginea copiilor distrofici, cu faţa zbârcită de înfometare, a urmărit-o pe învăţătoarea Maria Vaculovschi (mama lui Alexei) toată viaţa: „ [Activiştii] umblau pe la casele oamenilor şi luau ultima bucăţică de pâine de la gura copiilor. Nişte brute. Nici la casa de copii nu era rai. Ne aduceau acolo copii orfani, distrofici, abia-abia răsuflau. Le eram şi mamă, şi educatoare… Mulţi dintre ei păreau nişte bătrâni pitici. Sunt convinsă că lucrul cel mai greu în lumea asta e la casa de copii în timpul unei eventuale foamete”.
Basarabenii plecaţi după arăneală în „părţile Poloniei”, în rea­litate în Ucraina, au găsit aici bunăvoinţă, milă, empatie de la ucraineni. Nu întâmplător, deoarece ucrainenii purtau cica­tri­cele dureroase ale Marii Foamete la care au fost siliţi în anii 1932-1933. Nicolas Werth o consideră una dintre „ma­rile operaţii teroriste secrete”, organizată de Stalin în Ucraina. În aceeaşi notă se păstrează şi alţi cercetători, precum Joël Kotek şi Maxime Steinberg[1], care consideră că prin foametea organizată regimul sovietic a urmărit distrugerea coloanei ver­te­brale a ţărănimii. Interpretarea este susţinută din plin de mărturiile din volumul de faţă. Ca şi în cazul reeducării de tip Piteşti (experiment ce a vizat transformarea morală a indivi­du­lui, prin distrugerea moştenirii sale culturale, istorice şi sufle­teşti), nici experimentul vast al reeducării prin înfometare nu a fost unul total. El nu a fost ireversibil. Atât ucrainenii, cât şi basarabenii au reuşit să se salveze ca entitate individuală şi comunitară.
Cuvântul final al lui Alexei Vakulovki, intitulat Punct sau Recviem, este în notă poetică, despre cunoaşterea de sine, recunoaşterea binelui şi răului, despre datoria fiului satului Antoneşti – unde au murit atâţia copii, tineri, bătrâni, femei şi bărbaţi, în timpul Foametei – de a nu lăsa vocea martorilor-martiri pe pustie, să se piardă: „Luceafărul se prefăcu într-un ochi. Un ochi încărcat de lacrimi. Un ochi de copil înghiţit de foamete. Pe cer răsăriră sute de stele. Stele – ochi de copil. Îmi porunceau ceva în limba lor dumnezeiască”.
„Celălalt” nu poate acorda credit unui popor care contribuie prin părăsire la uciderea fizică şi simbolică a propriilor copii, un popor care nu are capacitatea lăuntrică de a se întoarce empatic spre sine. Nimic nu se îndreaptă în istorie fără înţelegere, asumare, căinţă şi responsabilitate faţă de tre­cut. Istoria pe care dăm vina, fără să ne-o asumăm, a făcut ca Alexei Vakulovski şi toţi oamenii năpăstuiţi din satul lui să îşi găsească odihna abia acum. Este rândul cercetătorilor să îşi asu­me faptele celor de dinainte, care i-au lăsat pe basarabeni (şi pe bucovineni) pradă unei disperări fără speranţă.


[1] Pe larg, în Stéphane Courtois (coord.), O noapte atât de lungă. Apogeul regimurilor totalitare în Europa, 1935-1953, trad. din limba franceză de Doina Jela Despois, Ed. Vremea, Bucureşti, 2008.

miercuri, 18 mai 2011

Eric Scavennec. Roumanie : La conquête de l’Est

Vă rog să citiți acest text selectat de mine, în speranța că vă poate interesa. Cu prietenie, Dan Culcer


Roumanie : La conquête de l’Est
Eric Scavennec

15 septembre 2010


A travers le cas de la Roumanie, Eric Scavennec, du blog « les dessous de Bruxelles » revient sur l'ouverture de la Roumanie aux investisseurs ouest-européens après la chute du régime communiste, et sur ses conséquences sociales et économiques pour la population roumaine.

Roumanie : La conquête de l'Est

« C’est comme si nous avions découvert une nouvelle Asie du Sud-Est à notre porte [1] », explique Keith Richardson, ancien secrétaire de la Table Ronde des Industriels (European Round Table - ERT) [2]. Au début des années 90, les lobbyistes des grands groupes européens ont de solides raisons de se réjouir de la chute des régimes communistes d’Europe de l’Est. Avec la réserve énorme d’une main-d’œuvre hautement qualifiée mais à bas salaire, l’addition de 150 millions de consommateurs au marché représentent des perspectives qui excitent au plus haut point l’intérêt des industriels européens.

L’intérêt de l’ERT pour les pays de l’Est part d’une intention parfaitement philanthropique : en proposant un ticket d’entrée pour le grand marché européen, n’offre-t-on pas aux anciens pays communistes la chance d’entrer de plain-pied dans la modernité ? Pour preuve, le lobby des grands groupes européens publie un rapport en 1999, au titre évocateur : « L’infaillible succès du commerce Est-Ouest ». Sa lecture nous enseigne en détail sur les bienfaits de l’investissement des compagnies occidentales à l’Est, tant pour l’Union Européenne que pour les pays d’accueil.

Depuis sa création dans les années 80 (sous le patronage de l’inévitable Vicomte Davignon), l’ERT a toujours offert un soutien sans faille à la politique d’intégration des anciens pays communistes d’Europe de l’Est. Le mot d’ordre : y faciliter les investissements en faisant « tomber les barrières réglementaires ». L’intégration européenne, n’est-elle pas un vaste processus « gagnant-gagnant » ? Pour en avoir le cœur net, les Dessous de Bruxelles enquêtent en Roumanie, dans les plaines du Far Est du libéralisme européen.

Inégalités

Sur une route accidentée, dans les hauteurs des Carpates, un luxueux 4x4 Porsche Cayenne dépasse à toute allure la charrette d’un bûcheron. Celui-ci regarde passer le bolide d’un air indifférent. Une scène a priori anodine, mais néanmoins symbolique de la société roumaine, à plusieurs égards.

La société roumaine demeure assez largement rurale. Ainsi, le bûcheron pourrait représenter les 45,7% de Roumains qui vivent en milieu rural et pratiquent une activité agricole. Soit 38% des actifs, qui produisent moins de 12% des richesses. Ici, les terres cultivées permettent avant tout à de nombreuses familles d’assurer leur autosuffisance [3]. Et pour cause : malgré un sol très riche, ces petites exploitations aux méthodes artisanales ne peuvent rivaliser sur le marché avec les grandes exploitations mécanisées des plus importants exportateurs agricoles. A la campagne, on vit d’échange, voire d’entraide, en dehors des circuits économiques classiques.

La « modernisation » du pays et l’ouverture à l’Ouest ont par ailleurs vu l’émergence d’une nouvelle bourgeoisie urbaine, dont la richesse n’a d’égal que l’arrogance, à l’image de ses Porsche Cayenne et autres 4x4 de luxe qui peuplent les routes roumaines. Pratiques vu l’état parfois désastreux du réseau, ces grosses cylindrées sont à elles seules les symboles d’une inégalité profonde au sein de la société roumaine. Un rapide calcul permettra d’en donner une idée ; En divisant le prix d’un modèle Porsche Cayenne, V6, injection 3,6 L, acheté en Roumanie : 62 438€ [4] ; par le salaire moyen : 350€ [5] ; on trouve que l’Equivalent-Porsche-Cayenne (EPC) correspond à environ 15 ans de travail pour un salarié roumain.

D’autres chiffres sont évocateurs. Selon une étude réalisée par la société de conseil en management Hay Group en octobre 2007, les managers roumains disposent d’un pouvoir d’achat qui est l’équivalent d’un salaire moyen de 115.280 dollars, plus important qu’aux Etats-Unis, au Japon, au Canada, ainsi que dans une majorité de pays du centre de l’Europe. Ils restent cependant dans ce classement encore loin derrière les managers saoudiens et émiratis [6].

En 2007, en Roumanie, « 300 personnes se partagent plus de 33 milliards de dollars, c’est-à-dire 27 % du produit intérieur brut de la Roumanie » nous apprend une dépêche de l’agence Rompres. « Les personnes qui ont des affaires dans le domaine immobilier ont enregistré des hausses spectaculaires de leurs fortunes. La plupart de ces avoirs sont concentrés à Bucarest [7]. »

Gabegies immobilières

Mais les fortunes « spectaculaires » des nouveaux magnats de l’immobilier ne font pas le bonheur de tous. Adina, étudiante à Iasi (seconde ville du pays), nous fait part de ses inquiétudes : « Les prix ne cessent d’augmenter. Comment faire quand, une fois le loyer payé, il ne reste plus d’argent ? » Et d’ajouter « Je ne sais pas combien de temps les gens pourront supporter ça. »

L’entrée dans l’Union européenne, accueillie avec un certain enthousiasme par les roumains, s’est accompagnée d’une importante vague de spéculation immobilière. En janvier 2007, (mois d’entrée de la Roumanie dans l’Union européenne) les prix de l’immobilier en Roumanie ont augmenté de 20% [8]. Une tendance qui se poursuit au point que la Roumanie enregistre en janvier 2008 la hausse la plus importante, en rythme annuel, dans le secteur de la construction (33,7%) dans l’Europe des 27 [9].

Les investisseurs, eux, viennent d’Europe de l’Ouest ou des Etats-Unis, et ils viennent pour faire fructifier leur argent. « La Roumanie présente actuellement le potentiel européen le plus important pour les affaires avec un profit élevé et rapide, si bien que l’immobilier représente l’un des domaines les plus attirants. [10] » Au plus fort de l’euphorie, le journal Evenimentul Zilei titre « On construit la nouvelle Roumanie [11] ».

Malheureusement, les plus belles histoires ont une fin. Il semble que les architectes de cette « nouvelle Roumanie » aient vraisemblablement oublié un détail : en Roumanie il existe des gens qui vivent, travaillent... et payent un loyer. « L’affaiblissement du pouvoir d’achat, doublé d’une appréciation du leu (NDR : monnaie nationale roumaine) pourrait provoquer une crise du marché immobilier en Roumanie, similaire à celui de l’Occident » s’effraie le quotidien bucarestois Adevarul. De fait, dès mai 2008, le marché immobilier commence à montrer des signes de faiblesses. Dans les mois qui suivent, c’est la décrue. En septembre 2008, les prix reviennent à ceux de 2006 [12], et laissent la place à une forte récession économique dans le domaine de la construction et de l’immobilier, qui se perpétue jusqu’à aujourd’hui [13].

L’éclatement de la bulle immobilière roumaine laisse le parc immobilier dans un piètre état. « Les logements de Bucarest sont 10 fois plus chers qu’en 90 et à la moitié du confort de l’UE », titre en septembre 2008 le magazine Business Standard. « Le prix d’un appartement de deux pièces, situé dans une zone semi-centrale de la capitale, a augmenté 10 fois depuis 1990 jusqu’à présent et le confort offert par ce type d’habitation est resté inchangé voire il s’est dégradé. »

Investissements, chômage et pollution

Avec la crise et le chômage, la vie devient de plus en plus chère, l’inflation étant renforcée par l’augmentation des cours du pétrole et des céréales… « Alors que le salaire minimum est ici de dix fois inférieur au salaire minimum interprofessionnel de croissance (smic), les produits alimentaires affichent souvent les mêmes prix qu’en France [14] » rapporte le Monde Diplomatique. En dehors des campagnes, où les familles vivent encore dans une relative autarcie et autosuffisance, joindre les deux bouts devient de plus en plus difficile. Au point que « dix ans après la chute du communisme, certains citoyens semblent regretter les conditions de vie du temps de la dictature » rapportent les auteurs du Guide du Routard.

Et pourtant, les investissements sont bel et bien là. En Roumanie, les groupes français tirent même tout particulièrement leur épingle du jeu, à l’image de la Société générale qui a racheté la première banque de Roumanie (BRD), Orange, premier opérateur mobile, et Carrefour dont les grandes surfaces fleurissent aux abords des villes roumaines. Ou encore Renault qui a racheté en 1999 le constructeur automobile Dacia.

Alors, quid des retombées délicieuses de l’« infaillible succès du commerce Est-Ouest » ? En fait, déjà bien avant la crise, les investissements ne tenaient pas toujours les promesses annoncées en grande pompe par l’ERT... loin s’en faut.

A ce titre, le Corporate Europe Observatory (CEO) [15] pointe le cas de la Hongrie, où les entreprises transnationales participent jusqu’à 30 % du PNB : « Dans toute cette région, les entreprises locales se débattent – souvent en vain – pour concurrencer les grandes firmes, qui bénéficient d’énormes avantages d’échelle, d’un accès moins onéreux aux capitaux, d’une technologie supérieure et de très gros budgets publicitaires. » Et de conclure : « Rien d’étonnant donc à ce que sur le sillage des multinationales on trouve un lourd contingent de chômeurs. [16] »

Le bonheur et la prospérité attendront la « fin de l’histoire » ; car dans l’immédiat, l’investissement des grands groupes européens apporte surtout son lot de dommages collatéraux, sociaux et environnementaux : « Unilever et Procter & Gamble sont deux exemples de compagnies ayant profité de ce combat inégal. Ces firmes se sont tout simplement partagé le marché des cosmétiques de l’Europe centrale et de l’Est, provoquant la fermeture des compagnies locales » rapporte le CEO. « En outre, alors que ces industries utilisent plutôt des technologies non polluantes en Europe de l’Ouest, elles profitent des normes de production moins sévères de ces régions pour abandonner de telles exigences. »

Pour les multinationales qui investissent en Roumanie, désignée comme « l’atelier de l’Europe » rapport au coût faible de la main d’œuvre, le succès est certes « infaillible » - qu’il s’agisse de profiter des « avantages comparatifs » du pays, ou de spéculer sur la bulle immobilière roumaine. L’espoir d’adhérer à l’Union européenne et de bénéficier des fameux « bienfaits » de l’afflux d’argent européen a en effet poussé la Roumanie à dérouler le tapis rouge devant les investisseurs.

Intégration et restructuration

Le processus d’adhésion suppose que les nouveaux entrants reprennent à leur compte les bonnes recettes du marché commun, et s’y soumettent. Au menu, « restructuration des économies et des infrastructures nationales, adoption en bloc de la législation de l’UE, réduction du rôle de l’État et augmentation de la dépendance vis-à-vis des investissements directs étrangers. »

A ce titre, les lobbyistes des grandes multinationales européennes peuvent se frotter les mains : l’adhésion des anciens pays communistes à l’UE permet d’ouvrir en grand les portes des marchés de l’Est, sans que leurs investissements ne soit entravé de trop de contreparties ou d’obligations. C’est une véritable leçon de démocratie qui est administrée à ces pays, au sortir de leur longue expérience communiste. « Bien que les critères [d’adhésion] et l’inévitable domination économique des multinationales occidentales soient débattus par les pays concernés, les négociations ne laissent de place à aucune alternative » rapporte le CEO, « ce qui est, sans nul doute, une expérience dégrisante pour ceux qui, dans cette zone, imaginaient une démocratisation progressive de l’économie après la chute du rideau de fer. »

Dans le processus d’intégration, les groupes industriels membres de l’ERT n’hésitent pas à mettre eux-mêmes la main à la pâte, en conseillant directement les gouvernements et des entreprises des pays de l’Est : « l’ERT a créé des Conseils en expansion commerciale [BEC] en Hongrie, en Roumanie et en Bulgarie, respectivement sous la direction de Shell, de la Lyonnaise des Eaux et de Solvay. » Il ne s’agit de rien d’autre que de s’assurer que le travail soit bien fait : « La participation du milieu des affaires constitue une garantie que les fonds servent bien les intérêts prioritaires », explique Eberhard von Kœrber. [17] »

Aux officiels, ainsi qu’aux cadres dirigeants des grandes entreprises nationales ou d’ores et déjà privatisées, les Conseils en expansion commerciale délivrent de véritables leçons de libéralisme à la sauce bruxelloise : « La recette préférée de l’ERT offre en particulier comme ingrédients la libéralisation du marché dans les secteurs de l’énergie, des transports et des télécommunications et l’augmentation de l’investissement public dans les infrastructures de transports. »

Une stratégie gagnante qui permet notamment aux compagnies membres de l’ERT d’inonder progressivement les marchés d’Europe centrale et de l’est. Celles-ci jouent en effet un rôle particulièrement actif dans le chiffre des exportations de l’Union vers l’Europe centrale et de l’Est qui a triplé pendant la décennie 90, comme le rapporte le CEO.

Décidemment, la réussite du commerce Est-Ouest est véritablement « infaillible ». En effet, pour prescrire les recettes qui permettront une ouverture des économies des pays de l’Europe de l’Est sur mesure pour les grands investisseurs, l’ERT pourra largement s’appuyer sur les programmes de subvention destinés à financer l’intégration des PECO. « Cette approche reflète aussi bien le schéma prescrit par l’Union pour les pays en attente d’intégration que la façon dont les subventions européennes ont été canalisées dans le très controversé programme « Phare » [18] – qu’on a reproché de tourner plus à l’avantage des grandes firmes et des consultants d’Europe occidentale qu’à celui des pays postulants. »

Hormis l’ERT, de nombreux cabinets de conseil spécialisés dans les pays de l’Est font leurs affaires du processus d’adhésion, en offrant leurs services - conseil à l’investissement dans les pays de l’Est, à l’obtention de subventions européennes... On compte notamment la SISIE, filiale Schneider Electrics dirigée un temps par Edith Cresson qui rejoindra en 1995 la Commission européenne (et dont l’ancien chef de service deviendra directeur des programmes PHARE et TACIS à la Commission) [19]. Ou encore Euractiv, plateforme en-ligne d’information sur l’Union européenne, qui propose notamment des services de conseil pour l’obtention de fonds européens, via ses franchises implantées localement.

Grèves et mouvements sociaux - Dacia

Et pourtant, cette « conquête de l’Est » par les investisseurs européens ne va pas sans heurts. L’ERT reconnait que la restructuration brutale des économies des pays de l’Est engendrera des problèmes, mais relègue ces maux au rang de petites choses du quotidien dans un monde en voie de mondialisation, comme le note le CEO en citant le rapport de la Table Ronde sur le commerce Est-Ouest, : « Des changements structurels signifient inévitablement des changements dans les schémas d’emploi ; des emplois sont détruits dans certains secteurs et protégés ou créés dans d’autres. [20]. » Pour l’ERT, les destructions d’emploi sont un moindre mal ; « Notre travail consiste à dire que les gains probables ont beaucoup plus d’importance [21]… »

Il faut bien dire que la recomposition industrielle de l’Europe présente de substantiels avantages pour les industriels européens. « Non seulement les emplois détruits à l’Ouest se recréent à l’Est délestés de leurs conquêtes sociales, mais ils exercent une pression à la baisse sur les rémunérations de l’Ouest — divisant les travailleurs européens [22] », comme le fait remarquer le Monde Diplomatique. Il arrive cependant que la mécanique du dumping social se grippe ; à ce titre l’exemple de la grève qui s’est déroulée en 2008 dans les usines de Dacia est significatif.

En 2007, Dacia, racheté en 1999 par Renault, avait connu un record de ventes de la nouvelle Logan, une voiture « low-cost » conforme aux standards européens, avec une hausse 17,4% de 2007 à 2008. Avec un salaire brut moyen au sein du groupe ne dépassant pas 1 064 lei, soit environ 285 euros, les « gains probables » du commerce Est-Ouest semblaient décidément échapper aux ouvriers de Dacia. Estimant leur salaire inadapté, par rapport à l’augmentation du coût de la vie en Roumanie d’une part, et aux profits dégagés par Renault de l’autre, ceux-ci décidèrent au printemps 2008 d’entamer une grève illimitée avec pour principale exigence une augmentation des salaires de l’ordre de 40%.

Au terme d’un mois de mobilisation et malgré les pressions (menaces de délocalisation [23]), les ouvriers de Dacia ont finalement obtenu une augmentation substantielle de 34% de leur salaire. Une forme de victoire à la fois pour le mouvement syndical, en Roumanie (où les grévistes ont bénéficié du soutien assez large de la part des partis de gauche et des syndicats) mais aussi en France, comme le montre la solidarité exprimée par la CFDT et CGT Renault et les fonds récoltés en soutien des ouvriers roumains.

Les ouvriers français avaient de fait un intérêt objectif à ce que les conditions de vie de leurs homologues roumains s’améliorent, faisant ainsi retomber la « pression compétitive » que le bas coût des salaires à l’Est exerce sur les salaires à l’Ouest.

Intervention du FMI

Mais l’espoir provoqué par la grève des ouvriers de Dacia de voir se gripper la machine à compresser les salaires sera cependant de courte durée. Dans la tourmente de la crise qui frappe de plein fouet la Roumanie en 2009 suite à l’éclatement de la bulle immobilière, le rouleau compresseur de la « rigueur » s’apprête à sévir.

La hausse brutale des prix de l’immobilier, du pétrole ou des denrées alimentaires est-elle dans une large mesure imputable à des phénomènes spéculatifs qui échappent complètement aux salariés ? Qu’importe, ce sont eux qui sont appelés à jouer le rôle de variable d’ajustement : « Pour freiner la hausse des prix, le patronat et le gouvernement roumains réclament en chœur une baisse de la pression salariale » rapporte le Monde Diplomatique, et de noter que « cette thèse fait écho à celle de la réunion de l’Ecofin — rencontre des ministres des finances des pays membres de l’Union —, le 5 avril 2008, à Ljubljana (Slovénie) [24] »

Au printemps 2009, un an avant la crise grecque, la Roumanie est au bord d’une grave crise de liquidités, et son système financier risque la faillite. Après dix ans de forte croissance, la Roumanie entre en récession en 2009, son produit intérieur brut (PIB) s’étant contracté de 7,1%. Le FMI, l’Union Européenne et la banque mondiale « viennent en aide » au gouvernement roumain en lui accordant un prêt de 20 milliards d’euros en contrepartie d’un plan de rigueur destiné à réduire son déficit public. En octobre 2009, en échange d’un prêt de 20 milliards d’euros du FMI, de l’UE et de la Banque mondiale, Bucarest s’engage à « dégraisser un appareil bureaucratique jugé obèse » pour faire passer son déficit public de 7,1% du PIB en 2009 à 5,9% en 2010.

Mais les experts du FMI estiment que le gouvernement roumain tarde à « dégraisser » la fonction publique, et menace de geler les prochains versements du prêt international. Les experts sont scandalisés : « En faisant le bilan aujourd’hui, nous constatons que la majeure partie des fonds est allée au paiement des salaires et des allocations sociales [25] » déclare à l’AFP l’économiste Doru Lionachescu de Capital Partners. Le secteur privé, lui, n’aura pas manqué de faire les « ajustements » nécessaires : le chômage était de 4% en décembre 2008, il atteint 15% courant 2010.

Devant les menaces du FMI, Bucarest a annoncé en mai 2010 un train de mesures d’austérité draconiennes, incluant une baisse de 25% des salaires de la fonction publique et de 15% des retraites et allocations chômage, ainsi qu’une hausse de la TVA, de 19% à 24%. En réponse à ces annonces, les syndicats roumains ont déclenché, lundi 31 mai, une grève générale illimitée dans la fonction publique, pour protester contre le plan de rigueur que Bucarest vient d’adopter pour contenir le déficit. Une grève très largement suivie, et qui a mobilisé une partie des salariés du secteur privé.

Pourtant, malgré leur mobilisation, il semble que les salariés roumains ne soient pas au bout de leurs peines. En aout 2010, M. Franks, chef de la mission du FMI, a appelé Bucarest à poursuivre le plan d’austérité « particulièrement drastique » adopté en juin, qui prévoit notamment des coupes de 25% des salaires du secteur public. Parmi les mesures encore attendues par le FMI, il a mentionné la réforme des « retraites spéciales », une baisse des arriérés du secteur public et un assouplissement du marché du travail. Avant de conclure qu’après avoir supprimé environ 30.000 emplois dans la fonction publique, le gouvernement devrait réduire le nombre d’enseignants à partir de septembre, dans le cadre d’une restructuration de ce secteur [26].

(NB : Un enseignant gagne moins de 180€ par mois à ses débuts [27]. On laisse au lecteur le soin de calculer l’EPC – l’Equivalent-Porsche-Cayenne)

La mission de la Commission européenne a pour sa part constaté que « les conditions pour le versement d’une tranche d’aide de 1,2 milliard d’euros ont été remplies ». La Commission a effectivement de quoi être satisfaite : le gouvernement roumain a promis, compétitivité oblige, de ne pas toucher à l’impôt sur les sociétés, qui se trouve être parmi les plus bas en Europe, ayant été réduit récemment à 16%. Ni par ailleurs à l’impôt sur le revenu, fixé au même taux de 16% (sans aucune progressivité) [28].

L’essentiel est donc sauf : les intérêts des investisseurs européens en Roumanie ne seront pas menacés. Ce seront bel et bien les salariés qui paieront l’addition. « "Modèle social européen"… Je ne comprends pas bien le sens de cette expression » s’interrogeait Frits Bolkestein [29], grand promoteur du dumping social dans l’Union européenne. On gage que le cas du « modèle roumain » pourrait lui mettre la puce à l’oreille.

Quant aux procédés « gagnant-gagnant », force est de constater qu’ils figurent d’éternels « perdants-perdants ».

[1] Rapporté par le Corporate Europe Observatory (CEO), dans Europe Inc - Entretien téléphonique avec Keith Richardson, 11 mars 1997.

[2] Lobby rassemblant les grandes multinationales européennes à Bruxelles

[3] Pour combien de temps ? « De vastes terres sont rachetées, parfois par des entreprises étrangères, pour produire des denrées propres à la consommation locale et à l’exportation. Et cette nouvelle réforme de l’agriculture est un des grands défis à venir. » (Petit futé Roumanie).

[4] Voir le site de Porsche Roumanie, http://www.porsche.ro/html/page.php...

[5] Octobre 2008, d’après le journal Financiarul : http://www.financiarul.com/articol_...

[6] Pouvoir d’achat des managers dans le monde : la Roumanie bien classée , Roumanie.com, octobre 2007, http://www.roumanie.com/Economie-en...

[7] Sept nouveaux milliardaires roumains, dans une seule année, Investir en Roumanie, 30 novembre 2007, http://www.investir-roumanie.com/Le...

[8] Roumanie : les prix de l’immobilier en augmentation à Bucarest ? , Roumanie.com, mai 2007, http://www.roumanie.com/Economie-im...

[9] Bâtiment : la Roumanie leader des constructions en Europe, Roumanie.com, mars 2008, http://www.roumanie.com/Economie-ba...

[10] Immobilier en Roumanie : la plupart des investisseurs viennent de l’Ouest, Roumanie.com, mars 2007, http://www.roumanie.com/Economie-in...

[11] Bâtiment : on construit une nouvelle Roumanie, Roumanie.com, juin 2007, http://www.roumanie.com/Economie-ba...

[12] A Bucarest l’immobilier revient aux prix de 2006, Roumanie.com, septembre 2008, http://www.roumanie.com/Economie-pr...

[13] Immobilier Roumanie : les promoteurs peinent à vendre , Roumanie.com, juin 2010, http://www.roumanie.com/Immobilier-...

[14] Les ouvriers roumains font reculer Renault, Monde Diplomatique, juin 2010, http://www.monde-diplomatique.fr/20...

[15] Le Corporate Europe Observatory (CEO - Observatoire de l’Europe industrielle) est une association basée à Amsterdam et Bruxelles qui fait de la recherche et mène des campagnes sur les menaces pour la démocratie, l’équité, la justice sociale et l’environnement que fait peser le pouvoir économique et politique des grandes entreprises et leurs lobbies.

[16] Les citations qui suivent sont issues de l’ouvrage « Europe Inc », publié par le CEO aux éditions Agone (2005).

[17] Eberhard von Kœrber, « The Voice of Experience », in Business Central Europe. 1997-1998, p. 18. Kœrber est le président actuel d’Asea Brown Boveri (ABB), compagnie qui fut pendant plusieurs années membre de l’ERT sous la présidence de Percy Barnevik, aujourd’hui président d’Investor AB et toujours membre de l’ERT.

[18] Principal canal de soutien financier et technique de l’Union aux pays d’Europe centrale et de l’Est, Phare a été créé en 1989 pour aider à la transition économique. Étendu à 13 pays partenaires en 1996, il reçut un budget initial de 4,2 milliards d’euros (période 1990-1994), augmenté à 6,693 milliards pour la période 1995-1999. Pour une vision critique de ce programme, voir Jo Brew, « EU Aid or Asset Stripping », in Europe Inc., Corporate Europe Observatory, Amsterdam 1997, p. 62-65.

[19] Lire L’Europe des Fraudes ", Jean Nicolas, éditions pna, 1999, extraits sur http://www.investigateur.info/affai...

[20] ERT, « The East-West Win-Win Situation », Bruxelles, février 1999, p.25.

[21] Entretien avec Keith Richardson, op. cit.

[22] Les ouvriers roumains font reculer Renault, Monde Diplomatique, juin 2010, http://www.monde-diplomatique.fr/20...

[23] Ainsi une lettre ouverte du directeur général de Dacia, M. François Fourmont, en date du 21 mars, avertissaient les ouvriers que les Logan pourraient, à terme, être produites au Maroc ou en Ukraine, rapporte le Monde Diplomatique (Les ouvriers roumains font reculer Renault, Monde Diplomatique, juin 2010)

[24] Les ouvriers roumains font reculer Renault, op.cit.

[25] Roumanie : FMI et UE promettent de nouvelles tranches d’aide sur fond d’austérité, La Croix, 04/08/2010, http://www.france24.com/fr/20100804...

[26] Ibid.

[27] Roumanie : Un quart de salaire en moins pour les fonctionnaires, La Croix, 25/05/2010, http://www.la-croix.com/Un-quart-de...

[28] Roumanie : réforme fiscale 2005, LPG, http://www.lpg-roumanie.ro/reforme2...

[29] cité dans « Et les lendemains n’ont pas chanté », Frédéric Lordon, le Monde diplomatique, mai 2005


Sources : Eric Scavennec, Les dessous de Bruxelles